LA MUSIQUE Autorisée ou Interdite ?

LA MUSIQUE Autorisée ou Interdite ?

De part le NOM de DIEU le Bienfaiteur et Tout Plein de Miséricorde

بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

La Paix soit sur vous

ٱلسَّلَامُ عَلَيْكُمْ

Dans l’Obéissance de l’Obédience ٱلْإِسْلَـٰم  al- Islam

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La Musique  autorisée ou interdite ?

sourate 2 ٱلْبَقَرَة al Baqara la Vache verset 30

Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: "Je vais établir sur la terre un vicaire "Khalifa". Ils dirent: "Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier (nous  chantons  ) et à Te glorifier?" - Il dit: "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas!".

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَٰٓئِكَةِ إِنِّى جَاعِلٌ فِى ٱلْأَرْضِ خَلِيفَةً قَالُوٓا۟ أَتَجْعَلُ فِيهَا مَن يُفْسِدُ فِيهَا وَيَسْفِكُ ٱلدِّمَآءَ وَنَحْنُ نُسَبِّحُ بِحَمْدِكَ وَنُقَدِّسُ لَكَ قَالَ إِنِّىٓ أَعْلَمُ مَا لَا تَعْلَمُونَ

wa'îđ qala Rabouka lilMala'ikati îni jaƐiloun fi al'arĎi ķhaliyfatan qalou atajƐalou fiyha man youfçidou fiyha wayaçfikou aldima'a wanaĥnou nouçabiĥou *  biĤamdika wanouqadiçou laka qala îni aƐlamou ma la taƐlamouna 

*nouçabiĥou   نُسَبِّحُ   nager, flotter, prier, faire une prière, glorifier DIEU الله ALLAH, louer DIEU الله ALLAH, exalter DIEU الله ALLAH, rendre hommage à DIEU الله ALLAH

Radical : Verbe / Temps : Inaccompli / Forme 2 / première personne pluriel.

Abd Al-Razzaq, sous l'autorité de Mouammar, sous l'autorité de Qatada: Louange: louange et sanctification: prière.

Et Al-Sadi a dit, sur l'autorité d'Abou Malik et sur l'autorité d'Abou Saleh, sur l'autorité d'Ibn Abbas - et sur l'autorité de Marra, sur l'autorité d'Ibn Masoud - et sur l'autorité de certains des Compagnons: (Et nous vous louons avec votre louange et vous sanctifions) .
Mujahid a dit: (Et nous vous louons avec votre louange et vous sanctifions) Il a dit: Nous vous honorons et vous honorons .
Al-Dahhak a dit: Sanctification: purification.
Et Muhammad bin Ishaq a dit: (Et nous vous louons avec votre louange et vous sanctifions.) Il a dit: Nous ne désobéissons pas ou ne faisons pas quelque chose que vous détestez.
Ibn Jarir a dit: Sanctification: c'est la vénération et la purification, et parmi eux se trouve leur parole: Gloire à DIEU الله ALLAH, c'est-à-dire quand ils disent: Loué soit-lui, honore-le, et par leur disant: Saint, pureté et glorification de Lui. Par conséquent, il a été dit à la terre: Terre sainte, c'est-à-dire ce qui est purifié. La signification des anges disant alors: (Et nous vous louons avec votre louange)Nous vous dénonçons et vous absous de ce que les gens du polythéisme vous ajoutent (et vous sanctifions) nous vous attribuons à ce qui est l'une de vos caractéristiques, de la pureté de l'impureté et de ce que les gens de l'incrédulité vous ont ajouté.
[Dans Sahih Muslim sur l'autorité d'Abou Dharr que le Messager de DIEU الله ALLAH, que DDIEU الله ALLAH le bénisse et lui accorde la paix, a été demandé: Quels mots sont meilleurs? Il a dit: Ce que Dieu a choisi pour ses anges: Gloire à Dieu et à sa louange. Al-Bayhaqi a raconté sous l'autorité d'Abd al-Rahman bin Quart que le Messager de DIEU الله ALLAH, que les prières et la paix de DIEU الله ALLAH soient sur lui, la nuit de ma captivité, a entendu la louange dans les cieux. Gloire au Très-Haut, gloire à Lui .

version originale pour tafsir exégèse : http://quran.ksu.edu.sa/tafseer/katheer/sura2-aya30.html

La sourate 31 لقمان  Luqmān du verset 6 est interprété comme un interdit de la musique : Pas si sûr?

Cette sourate  semble Mecqoise (84 ordre chronologique)  alors que les verset 1 et 26 soient des addition d'un vocabulaire  Médinois.

note : Luqman (sur lui, la paix عَلَيْهِ وَسَلَّم `alayhi salâm ) est connu pour être un sage, qui aurait vécu au 11è siècle avant notre ère. et viendrait d'Abyssinie, d'Égypte ou de Palestine. Il aurait vécu auprès d'un puissant roi qui le respectait beaucoup, dont certains pensent qu'il s'agissait du roi David דָּוד, qui signifie "Bien-aimé"  داود Daoud. (Suivant la Bible ce jeune berger de la tribu de Juda, le plus jeune des fils de Jessé, est appelé aux côtés du roi Saül pour l'apaiser de ses chants. À la mort de Saül, David est intronisé roi de Juda puis roi d'Israël avant d'être proclamé messie מָשִׁיחַ  Mashia'h, المسيح  Masih « oint »)

Et, parmi les hommes, il est [quelqu'un/ou quelques-uns-certains des non croyants] qui, dénué de science,  achète de plaisants discours futiles (un récit "narration" sans fondement*  ) pour égarer hors du chemin de et pour le prendre en raillerie (dérision (la Récitation  القرآن alQur'an)). (Voilà) Ceux-là subiront un châtiment avilissant (ignominieux).

وَمِنَ ٱلنَّاسِ مَن يَشْتَرِى لَهْوَ ٱلْحَدِيثِ لِيُضِلَّ عَن سَبِيلِ ٱللَّهِ بِغَيْرِ عِلْمٍ وَيَتَّخِذَهَا هُزُوًا أُو۟لَٰٓئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ مُّهِينٌ

Wa Mina An-Nāsi Man Yashtarī* Lahwa Al-Ĥadīthi* Liyuđilla `An Sabīli Allāhi Bighayri `Ilmin Wa Yattakhidhahā Huzūan 'Ūla'ika Lahum `Adhābun Muhīnun

*لَهْوَ ٱلْحَدِيثِ  lahw alĥadiythi  propos futile ; narration  vaine et inutile 

voir sourate 39ٱلزُّمَر az-Zumar les Groupes verset 18

- qui prêtent l'oreille à la Parole, puis suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là que DIEU a guidés et ce sont eux les doués d'intelligence!

ٱلَّذِينَ يَسْتَمِعُونَ ٱلْقَوْلَ فَيَتَّبِعُونَ أَحْسَنَهُۥٓ أُو۟لَٰٓئِكَ ٱلَّذِينَ هَدَىٰهُمُ ٱللَّهُ وَأُو۟لَٰٓئِكَ هُمْ أُو۟لُوا۟ ٱلْأَلْبَٰبِ

Al-Ladhīna Yastami`ūna Al-Qawla Fayattabi`ūna 'Aĥsanahu 'Ūlā'ika Al-Ladhīna Hadāhumu Allāhu Wa 'Ūlā'ika Hum 'Ūlū Al-'Albābi

*    يَشْتَرِى Yashtarī du verbe ishtara شَرَى šharrā: troquer, échanger une chose en échange d'une autre / acheter, acquérir contre paiement:   أَشَرُّ 'asharru « plus méchant »

 qui achète la distraction /l'amusement / la frivolité يَشْتَرِى لَهْوَ ٱلْحَدِيثِ Yashtarī Lahwa Al-Ĥadīthi

 هُزُوًا   Huzūan : en dérision/ moquerie / plaisanterie / raillerie

Sourate 18 ٱلْكَهْف al-Kahf la Caverne verset 106

- C'est que leur rétribution sera l'Enfer, pour avoir mécru et pris en raillerie Mes signes (enseignements) et Mes messagers

ذَٰلِكَ جَزَآؤُهُمْ جَهَنَّمُ بِمَا كَفَرُوا۟ وَٱتَّخَذُوٓا۟ ءَايَٰتِى وَرُسُلِى هُزُوًا

Dhālika Jazā'uuhum Jahannamu Bimā Kafarū Wa Attakhadhū 'Āyātī Wa Rusulī Huzūan

Sourate 45 ٱلْجَاثِيَة al-Jāṯiya l'Agenouillée verset 9

- S'il a connaissance de quelques-uns de Nos versets (signes miraculeurs), il les tourne en dérision. Ceux-là auront un châtiment avilissant:

 وَإِذَا عَلِمَ مِنْ ءَايَٰتِنَا شَيْـًٔا ٱتَّخَذَهَا هُزُوًا أُو۟لَٰٓئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ مُّهِينٌ

Wa 'Idhā `Alima Min 'Āyātinā Shay'āan Attakhadhahā Huzūan 'Ūlā'ika Lahum `Adhābun Muhīnun

Il est rapporté d'une tradition  qui partant de ce verset , concluant l'interdiction de vebdre ou d'acheter  des esclaves chanteuses.

Le contexte du Récit Coranique  incite plutôt à donner à cette expression le sens de "discours profanes" - "discours non édifiant"(porte à la vertu, à la piété) "Ceux-là subiront un châtiment avilissant. أُو۟لَٰٓئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ مُّهِينٌ'Ūla'ika Lahum `Adhābun Muhīnun.

Mettant à dispisition leur temps, leur argent, leur énergie, leur moyens pour égarer autour d'eux, suivant leus passions. Ce au lieu  d'écouter le parler et suivre son meilleur 

le sens acheter ou vendre en lieu ou place de propager, repandre, seule option cohérente ici   "pour égarer hors du chemin de et pour le prendre en raillerie (dérision)" un raconteur d'histoire qui de la sorte se moquait de la Récitation القُرْآن  alQur'an, des histoires plaisantes, distrayantes ques des personnes se racontent qui serait mises en parallèle avec la signification de la Récitation القُرْآن  alQur'an  lesquelles sont représentées par le pronon hâ/ceci en "tournant ceci en dérisions"

*لَهْوَ ٱلْحَدِيثِ :lahw alĥadiythi  propos futile ; narration  vaine et inutile  

lahw: Radical : Nom / Masculin / Accusatif (désignant l'actant)  Se divertir, s'amuser de, passer le temps, jouir de, trouver du plaisir à, se distraire, se réjouir, distraire quelqu'un, se consoler

alĥadiythi  : Préfixe : "Al" article défini (Le, La, Les...)

+ Radical : Nom / Masculin / Génitif (complément du nom) événement nouveau / Apparaître, surgir, commencer, avoir lieu, advenir, arriver, être neuf, jeune, récent, nouveau

Il y eut des gensmal intentionnés qui recoururent à titre d'achat, d'échanges, à des propos, des discours de plaisanterie, d'ergoterie, des contes, des histoires, des fables, des légendes, des chants pour se duustraire et distraire les autres, les éloigner du chemin de DIEU, qu'ils raillent, qu'ils tournent en dérision. Ils le font par ignorance, par manque de savoir approprié.

Qu'ils s'attendent, en raison de leur conduite blâmable, à une sanction sévère, voire huliliante ! Quand ils entendent réciter la Récitation القُرْآن al Qur'an, ils adoptent une attitude défavorable, contraire, prouvant par-là leur hostilité, leur détermination de rejeter ce qu'ils entendent, faisant la soourde oreille, feignant d'être frappés par une surdité totale.

N'oublions pas qu'avant ne vienne en 610 de notre ère la Révélation la Récitation  القُرْآن alQu'ran à Muhammad ledernier des Prophètes et Messagers Annonciateur et Avertisseurs de DIEU Tout Puissant Exalté soit IL, les arabes  polythéistes utilisaient les ٱلْمُعَلَّقَات Mu'allaqāt les Suspendues ou les Pendentifs, cet ensemble de formes poétiques قصيدة qasidas préislamiques jugées exemplaires  ode non-strophique, monomètre et monorime, d'une longueur minimum de 7 vers mais variant généralement entre 50 et 100 vers par les poètes et les critiques arabes médiévaux.
Le terme قَصِيدَة qasida  au pluriel قَصَائِد qaṣā'id provenant  de la racine ق ص د q ṣ d , signifiant « viser », en lien avec la fonction première de celle-ci, c'est-à-dire faire l'éloge d'une tribu et dénigrer ses opposants. (Il paraissait normal d'avoir ce genre de comportement du temps de la Révélation)
 Rassemblées à la même époque que les Asma'iyyât et les Mufaddaliyyât, les Mu'allaqât, Dîwân al-Hamâsa, Kitâb al-Aghânî, La Jamhara des poèmes arabesconstituent la plus célèbre des anthologies de la poésie pré-islamique. Elles occupent une place centrale dans la littérature arabe, où elles représentent les pièces les plus excellentes d'une poésie qui fournit à l'époque classique ses genres majeurs, ses valeurs et ses thèmes paradigmatiques[
Plusieurs compilations sont connues :
ZAKHARIA Katia et TOELLE Heidi, A la découverte de la littérature arabe, du VIe siècle à nos jours, éd. Flammarion coll. Champs essais, Paris, 2009
Jamel Eddine Bencheikh, Poètique arabe, paris, gallimard, 1989,
Jacques Berque, Les dix grandes odes arabes de l'Anté-Islam - Une nouvelle traduction des Mu'allaqât, Arles, Éditions Sindbad, 1979
Pierre Larcher, Les Mu'allaqât. Les sept poèmes préislamiques, préfacés par André Miquel, coll. Les immémoriaux, Fata Morgana, 2000

Parlent on vraiment de musique?

Il semblerait que cela interprête le sens  musique,  bien que le terme  غناء ghina, alghina'  الغناء  «chant», est employé.

Il n'est pas mentionné dans la Récitation القُرْآن alQur'an, seules les paroles du Prophète Muhammad sur lui le salut et la paix de DIEU , les paroles; les propos أحاديث ʾaḥādīṯ feraient  allusion aux instruments, avec des phrases très courtes, qui ont ensuite été diversement interprétées selon les époques

Quels sont donc ces instruments proscrits et pourquoi?
Il s'agit de la lyre, dont le prophète demande la destruction. Sa fonction est alors thérapeutique. Utilisée pour repousser les esprits mauvais qui possèdent les individus, elle aurait un pouvoir sur le monde invisible, d'où l'idée de l'interdire.

Dans l'Obéissance dans l'Obédience assujettite al'Islam naissant, la crainte du démon est terrible, il est partout. LObéissance dans l'Obédience assujetitte al 'Islam essaye pour le leur bien,  d'éloigner la société du monde invisible en affirmant: il y a DIEU الله ALLAH, remettez-vous à lui. Le Prophète sur lui le salut et la paix de DIEU الله ALLAH  interdit tout ce qui peut toucher de loin ou de près au monde obscur. Il dit: «Lorsque vous reverrez les femmes musiciennes (les hommes ne jouaient pas de musique) jouant de la lyre, sachez que le moment approche de la fin du monde.» Mais quel mot le Prophète sur lui le salut et la paix de DIEU utilise-t-il pour désigner la lyre (un instrument de misique en général) المعازف Mi'zaf, un terme très rare, qu'il emploie toujours au pluriel, maazif, ce qui laisse penser qu'on en jouait collectivement.

Le verset 6 donne l'exemple tout théorique de celui qui suit une anti-téologie dite "narration futile/لَهْوَ ٱلْحَدِيثِ  , lahw Al-Ĥadīthi, bien que le terme  a divers sens comme détourner de la sagesse par des moyens que la sagesse n'exige pas et qui dans le langage commun a pour sens divertissement, distraction

Racine
ل ه و  l h w

liés au détournement
Termes dérivés
Forme I : لَهَا lahā, « se divertir »
Nom verbal : لَهْو lahw
Participe actif : لَاهٍ lāhin
Forme I : لَهَا lahā, « tourner le dos, abandonner, s'abstenir »
Nom verbal : لُهِيّ luhiyy, لِهْيَان lihyān
Participe actif : لَاهٍ lāhin
Forme I : لَهِيَ lahiya, « se retirer, abandonner, se tourner « Dos à ; être amoureux, être oblecté »

Nom verbal : لَهًى lahan

Participe actif : 

Forme II : لَهَّى lahhā, « détourner »
Nom verbal : تَلْهِيَة talhiya
Participe actif : مُلَهٍّ mulahhin
Participe passif : مُلَهًّى mulahhan
Forme III : لَاهَى lāhā, « s'approcher, être proche aussi ; distraire, détourner »
Nom verbal : مُلَاهَاة mulāhāh
Participe actif : مُلَاهٍ mulāhin
Participe passif : مُلَاهًى mulahan
Forme IV : أَلْهَى 'alhā, « détourner »
Nom verbal : إِلْهَاء 'ilhā'
Participe actif : مُلْهٍ mulhin
Participe passif : مُلْهًى mulhan

Forme V : تَلَهَّى talahhā, « s'amuser avec, se délecter »)
Nom verbal : تَلَهٍّ talahhin)
Participe actif : مُتَلَهٍّ mutalahhin
Participe passif : مُتَلَهًّى mutalahhan
Forme VIII : اِلْتَهَى iltahā, « jouer,  Se promener sans hâte, en s'abandonnant à l'impression et au spectacle du moment
Nom verbal : اِلْتِهَاء iltihā'
Participe actif : مُلْتَهٍ mulahin
مِلْهًى milhan, « jouet »
مَلْهًى malhan, « lieu de divertissement »
مَلْهَاة malhāh, « raison de plaisir »
لَهَاة lahāh, « luette Prolongement vertical du bord postérieur du voile du palais,»
لَهَايَّة lahāyya, « tétine »
أُلْهُوَّة 'ulhuwwa et أُلْهِيَّة 'ulhiyya, « chose qui ravit l'esprit »

Ce qui est donc qualifié de péjorativement de "narration futile" sont des paroles erronées d'ordre théologique rapportées à la légère, sans reflexion approfondie, sans sagesse théologique et sans théologie de la sagesse. En somme sans aucun savoir

Voir verset 20 de cette  sourate 31 لقمان  Luqmān 

 - Ne voyez-vous pas que DIEU vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos de DIEU, sans science, ni guidée, ni Livre éclairant.

 

أَلَمْ تَرَوْا۟ أَنَّ ٱللَّهَ سَخَّرَ لَكُم مَّا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَمَا فِى ٱلْأَرْضِ وَأَسْبَغَ عَلَيْكُمْ نِعَمَهُۥ ظَٰهِرَةً وَبَاطِنَةً وَمِنَ ٱلنَّاسِ مَن يُجَٰدِلُ فِى ٱللَّهِ بِغَيْرِ عِلْمٍ وَلَا هُدًى وَلَا كِتَٰبٍ مُّنِيرٍ

'Alam Taraw 'Anna Allāha Sakhkhara Lakum Mā Fī As-Samāwāti Wa Mā Fī Al-'Arđi Wa 'Asbagha `Alaykum Ni`amahu Žāhiratan Wa Bāţinatan Wa Mina An-Nāsi Man Yujādilu Fī Allāhi Bighayri `Ilmin Wa Lā Hudáan Wa Lā Kitābin Munīrin

 

 

Comment l'interdit s'est-il généralisé?
Par la suite, les lexicographes écrivent les dictionnaires, ils se penchent sur ce mot pour tenter de l'expliquer. Mais à ce moment-là, aux 9è et 10è siècles, donc deux siècles après la naissance de l'islam, plus personne ne sait ce que veut dire maazif; ce qui est normal puisque l'instrument pourchassé a plus ou moins disparu. Les théologiens et lexicographes décrètent qu'il s'agit des instruments à cordes. C'est cette interprétation qui les condamne. Ceci dit, au 7è siècle, quels autres instruments à cordes existaient chez les Arabes? Il n'y avait quasiment que la lyre alsamasmia السمسمية, l'oud عود est plus tardif, de même que la vielle, apparue au 11è siècle. Cela n'empêche que certains théologiens restent sur leur position, consistant à bannir tous les instruments à corde.

Et les instruments à vent?
Dans beaucoup de sociétés, quand on veut dire musique, on dit chant, puisque ce qui concerne la voix s'accompagne d'instruments. Comme  la Récitation al'Qur'an  ne prononce pas le mot ghina غناء chant. Les théologiens ont quand même essayé de trouver des passages qui y feraient allusion. Dans un verset de la Récitation القُرْآن al Qur'an,

sourate17 الإسراء Al Israa Le Voyage Nocturne-verset 64

DIEU الله ALLAH s'adresse à Satan:

«Subordonne de ta voix qui tu pourras. (Excite, par ta voix, ceux d'entre eux que tu pourras....).»

..............وَٱسْتَفْزِزْ مَنِ ٱسْتَطَعْتَ مِنْهُم بِصَوْتِكَ وَأَجْلِبْ عَلَيْهِم

wâçtafziz mani açtaŤaƐta minhoum biSawtika wa'ajlib Ɛalayhim.....................

Interprétation: la voix du Démon est la musique, donc la musique est interdite. D'autres, comme Tabari, un des grands noms de la pensée arabe, analysent la voix de Satan comme étant les instruments à vent, reprenant de la sorte une notion du christianisme . La musique arabe est vocale. Qui dit musique vocale, dit texte, or quand celui-ci est inintelligible, on tombe dans le monde obscur. L'idée d'une musique instrumentale qui, pour nous, va de soi, n'existe pas dans la mentalité arabe, il faut qu'elle soit accompagnée de paroles. L'instrument à vent n'a pas de parole, il gêne.

 C'est ainsi que selon Abdullah Ibn Abbas   عبد الله ابن عباس, né vers 619  décdé vers 687-688, le mot lahw se réfère à « la chanson » et selon Abu Bakr Ibn Mujâhid أبو بكر بن مجاهد   né 859 décédé 936  (célèbre pour avoir établi les sept lectures canoniques de القُرْآن al Qur'an  Récitation  القراءات Qira'at)), au « tambour. (Ibn Kathir بن كثير, Tafsir, 21/40)(né vers 1301 décé vers 1373)» Quant à Al-Hassan al-Basrî  الحسن البصري né en 642 décédé 728 , il affime que « ce verset a été révélé à propos de la musique et des flûtes.(Ibn Kathirبن كثير, Tafsir, 3/451) »

Mais d''autres exégètes voient dans ce passage une critique non pas de la musique, mais des religions polythéistes.

D'après Abou 'Othman An Nahdi : Je suis rentré dans la maison de Abou Moussa Al Ach'ari (que DIEU الله ALLAH l'agrée) et je n'ai jamais entendu le son d'une cymbale, d'un oud (1) ou d'une flûte qui soit plus beau que le son de sa voix (2) ».

(Rapporté par Ibn Abi Daoud et authentifié par l'imam Ibn Hajar dans Fath Al Bari 9/93)

(1) Il s'agit d'un instrument de musique à corde.
(2) C'est à dire lors de la récitation  de la Récitation القُرْآن alQur'an.


عن أبي عثمان النهدي قال : دخلتُ دارَ أبي موسى الأشعريَّ رضي الله عنه فما سمعتُ صوتَ صنْجٍ ولا بربْطٍ ولا نايٍ أحسنَ من صوتِه
(رواه ابن أبي داود وصححه الحافظ ابن حجر في فتح الباري ٩٣/٩)

Hadiths propos du dernier es Messagers et Prophètes de DIEU الله ALLAH le Très Haut.

D'après Abou Sahba, le compagnon 'Abdallah Ibn Mass'oud (que DIEU الله ALLAH l'agrée) a dit concernant ce verset: « Je jure par  DIEU الله ALLAH qu'il s'agit de la musique ».

(Rapporté par Al Hakim dans son Moustadrak n°3599 qui l'a authentifié et l'imam Dahabi l'a approuvé. Il a également été authentifié par Cheikh Albani dans la Silsila Sahiha vol 6 p 1017)

عن أبي الصهباء قال عبدالله بن مسعود رضي الله عنه في هذه الآية : هو و الله العناء

(رواه الحاكم في المستدرك ٣٥٩٩ و صححه و وافقه الذهبي و صححه الشيخ الألباني في السلسلة الصحيحة ج ٦ ص ١٠١٧)

Le compagnon 'Abdallah Ibn 'Abbas (que DIEU الله ALLAH les agrée lui et son père) a dit concernant ce verset: « La musique et ce qui lui ressemble ».

(Rapporté par Boukhari dans Al Adab Al Moufrad n°1265 et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Al Adab Al Moufrad n°955)

عن عبد الله بن عباس رضي الله عنهما قال في هذه الأية : الغناء و أشباهه

(رواه الإمام البخاري في الأدب المفرد رقم ١٢٦٥ و صححه الشيخ الألباني في صحيح الأدب المفرد رقم ٩٥٥)

D'après Habib, Moujahid (mort en 104 du calendrier hégirien) a dit concernant ce verset: « La musique ».

(Rapporté par Ibn Abi Dounia dans Dham Al Malahi n°32 et authentifié par le correcteur de cet ouvrage)

عن حبيب قال مجاهد في هذه الأية : الغناء

(رواه ابن أبي الدنيا في ذم الملاهي رقم ٣٢ و صححه محقق هذا الكتاب)

- DIEU الله ALLAH a également mentionné que l'écoute de la musique fait partie des caractéristiques des mécréants. Il a dit dans la sourate Najm n°53 versets 59 à 61 (traduction rapprochée du sens du verset): « Est-ce que c'est de ce discours que vous vous étonnez? Vous riez et ne pleurez pas alors que vous êtes 'samidoun' ».

قال الله تعالى : أفمن هذا الحديث تعجبون / و تضحكون و لا تبكون / و أنتم سامدون

(سورة النجم ٥٩ إلى ٦١)

D'après Ikrima, le compagnon 'Abdallah Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée lui et son père) a dit concernant le mot ' سَٰمِدُونَ  samidoun' : « Ceci signifie la musique dans la langue himyariya (*) ».

(Rapporté par Ibn Abi Dounia dans Dham Al Malahi n°33 et authentifié par le correcteur de cet ouvrage)

(*) Ceci est un dialecte arabe. langue sémitique qui était parlée dans l' ancien Yémen , par les Himyarites .  Il a continué à exister même après la disparition de la période Himyarite. C'était une langue sémitique , mais n'appartenait pas aux langues du vieux sud-arabe (Sayhadic). La position précise à l'intérieur du sémitique est inconnue en raison de la connaissance limitée de la langue. La caractéristique connue la plus importante de Himyaritic est l' article défini am- / an- . Il était cependant partagé avec certains dialectes arabes de l'ouest de la péninsule arabique . De plus, les suffixes du parfait (conjugaison des suffixes) à la première personne du singulier et à la deuxième personne commençaient par k- , tandis que l'arabe a t- . Cette caractéristique se trouve également dans le vieux sud-arabe, l' éthiosémite et le sud-arabe moderne . Les deux caractéristiques se retrouvent également dans certains dialectes arabes yéménites modernes au Yémen, probablement sous l'influence du substrat himyaritique. L'article am-se trouve également dans d'autres dialectes modernes de l'arabe dans la péninsule arabique et en Afrique centrale

Sourate 53 النجم  an-Najm  l’Etoile  verset 61

absorbés [que vous êtes]: par votre distraction

                    وَأَنتُمْ سَٰمِدُونَ

   wa'antoum  çamidouna         

Radical : Nom / Voie active / Participe présent / Masculin Pluriel / Nominatif

Rester interdit, s'amuser de, jouer avec, s'appliquer entièrement à, divertir quelqu'un, être sérieux, s'occuper sérieusement de quelque chose, être grand, haut, lever la tête

Sens traductions

absorbés [que vous êtes]: par votre distraction.

tes-vous en train de persister dans vos voies ?

absorbés que vous êtes à vous divertir ?

Et vous vous faites plaisir?

عن عكرمة قال ابن عباس رضي الله عنهما في الأية ' و أتم سامدون ' ، قال : هو الغناء في الحميرية

(رواه ابن أبي الدنيا في ذم الملاهي رقم ٣٣ و صححه محقق هذا الكتاب)

Dans la Sounnah tradition prophétique

D'après Abou Malik Al Ach'ari (que DIEU الله ALLAH l'agrée), le Prophète (que la prière de DIEU الله ALLAH et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y aura des gens dans ma communauté qui vont rendre licite l'adultère, la soie, le vin et les instruments de musique ».

(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°5590)

عن أبي مالك الأشعري رضي الله عنه قال النّبي صلّى الله عليه و سلّم : ليكوننّ من أمّتي أقوام يستحلّون الحر والحرير والخمر والمعازف

(رواه البخاري في صحيحه رقم ٥٥٩٠)

D'après Nafi': 'Abdallah Ibn 'Omar (que DIEU الله ALLAH les agrée lui et son père) a entendu un instrument de musique.

Alors il a mis les doigts dans ses oreilles et s'est éloigné du chemin.

Il m'a dit: Ô Nafi'! Est ce que tu entends quelque chose?

J'ai dit: Non.

Alors il a enlevé les doigts de ses oreilles et a dit: J'étais avec le Messager de DIEU الله ALLAH (que la prière de DIEU الله ALLAH et Son salut soient sur lui) lorsqu'il a entendu une chose comme celle-ci et il a fait comme je viens de faire.

(Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°4924 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)

عن نافع قال : سمع عبدالله بن عمر رضي الله عنهما مزمارًا فوضع أصبعيه على أذنيه ونأى عن الطريق وقال لي : يا نافع ! هل تسمع شيئًا ؟

فقلت : لا

فرفع أصبعيه من أذنيه وقال : كنت مع النّبي صلّى الله عليه وسلّم فسمع مثل هذا فصنع مثل هذا

(رواه أبو داود في سننه رقم ٤٩٢٤ و صححه الشيخ الألباني في تحقيق سنن أبي داود)

D'après Anas Ibn Malik (que DIEU الله ALLAH), le Prophète (que la prière de DIEU الله ALLAH et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y a deux voix qui sont maudites dans l'ici-bas et dans l'au-delà: la voix de l'instrument de musique dans les moments de joie et la voix de la plainte dans les moments de malheur ».

(Rapporté par Al Bazar et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Al Jami' n°3801)

عن أنس بن مالك ضي الله عنه قال رسول الله صلّى الله عليه و سلّم : صوتان ملعونان في الدنيا و الآخرة : مزمار عند نعمة ورنة عند مصيبة

(رواه البازار و حسنه الشيخ الألباني في صحيح الجامع رقم ٣٨٠١)

D'après 'Imran Ibn Husayn (que DIEU الله ALLAHles agrée lui et son père), le Prophète (que la prière de DIEU الله ALLAH et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y aura dans cette communauté des gens qui seront ensevelis dans la terre, des gens qui seront défigurés et des gens qui recevront des pierres du ciel ».

Un homme parmi les musulmans a dit: Ô Messager de DIEU الله ALLAH ! Quand est-ce que cela aura lieu ?

Le Prophète (que la prière de DIEU الله ALLAH et Son salut soient sur lui) a dit: « Lorsque les chanteuses et les instruments de musique seront apparents et que les vins seront bus ».

(Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°2212 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi)

عن عمران بن حصين رضي الله عنهما قال النّبي صلّى الله عليه و سلّم : في هذه الأمة خسف و مسخ و قذف

فقال رجل من المسلمين : يا رسول الله ! و متى ذاك ؟

قال النّبي صلّى الله عليه

 

DOSSIER PLUS COMPLET

La musique islamique est la musique religieuse musulmane, chantée ou jouée en public ou en privé.
Cette musique suscite le débat dans le sunnisme (majoritaire) quant à sa licéité tandis qu'elle est sans opposition acceptée par confréries soufies. Ainsi, les derviches et divers soufis estiment que des paroles religieuses ou mystiques rendent la musique licite
Pourtant, il existe aussi des formes de musiques sunnites, dans lesquelles la parole prime et qui perdent ainsi leur dimension musicale.
Géographie
La musique islamique est issue d'une vaste région géographique qui s'étend de l'Asie centrale à l'Atlantique, et ces régions constituent les branches d'une même famille musicale ayant pris naissance dans les foyers culturels du Proche-Orient et du Moyen-Orient
D'importantes communautés musulmanes vivent aussi en Afrique sub-saharienne et dans les Philippines méridionales mais ces zones ont moins d'influence sur la musique islamique.
Toutes ces régions étaient reliées par le commerce bien avant les conquêtes islamiques du 11è siècle et il est probable que les styles musicaux aient, tout comme les marchandises, traversé les frontières. Comme l'islam est une religion multiculturelle, l'expression musicale de ses fidèles est différente et variée. Les modèles musicaux indigènes de ces pays ont formé peu à peu une musique dévotionnelle appréciée par les musulmans contemporains
Musique et sunnisme
L'islam sunnite entretient une relation assez complexe avec la musique. Si la musique comme fait religieux est attestée dans la religion musulmane, certains auteurs soulèvent la difficulté de conceptualiser une « musique sacrée. » Dès ses origines et la vie de Muhammad  certaines contradictions semblent exister et plusieurs courants de pensée — qui vont de l'autorisation de la musique à son interdiction - s'opposent
Cet argumentaire s'est construit au fur et à mesure du développement de l'islam et la question fait toujours débat.
Mais on peut aussi inverser le point de vue, et dire avec Dominique et Janine Sourdel que si la musique est en principe interdite dans l'islam, la société musulmane ne se soumit jamais complètement à un tel interdit, et qu'on assiste au contraire au développement de plusieurs écoles de musique.
Statut de la musique dans l'islam

Pour certains musulmans, la musique est interdite par DIEU. Ceux qui défendent cette vision s’appuient aussi bien sur le texte de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān que sur les hadiths. Pourtant, le terme musique ne figure pas dans, et cette interprétation s'appuie donc sur ce qui est perçu comme une allusion
Pour la la Récitation القُرْآن al-Qurʾān, c'est essentiellement la sourate 31 le verset 6 qui est interprété comme un interdit de la musique : 
« Tel homme ignorant se procure des discours futiles (لهو  lahw) pour égarer les autres hors du chemin de DIEU et prendre celui-ci en dérision. Voilà ceux qui subiront un châtiment ignominieux

» C'est ainsi que selon Abdullah Ibn Abbas, le mot lahw se réfère à « la chanson » et selon IAbu Bakr Ibn Mujâhid, au « tambour
 Quant à Al-Hassan al-Basrî, il affirme que « ce verset a été révélé à propos de la musique et des flûtes »
Mais d'autres exégètes voient dans ce passage une critique non pas de la musique, mais des religions polythéistes
En outre, certains hadiths semblent aller dans le sens d'une prohibition ; selon un hadith rapporté par l'imam Al Boukhari, Muhammad a dit : 
« Il y aura parmi ma communauté des gens qui considéreront comme licites la soie, l’alcool et les instruments de musique»
Écoles juridiques sunnites
École hanafite
Abou Tayeb Al Tabari a dit : « Abû Hanîfa détestait la musique et comptait le fait d'écouter de la musique parmi les péchés 
École malikite
D'après Ishaq Ibn 'Issa, j'ai questionné l'imam Mâlik ibn Anas concernant ce que permettait les gens de Médine concernant la musique, il a répondu : « Pour nous ce sont les pervers qui font cela »
École shafi'ite
Ibn Jawzi a dit : « L'imam Ash-Shâfi'î a mentionné dans son livre Adab Al Qada que lorsqu'un homme persiste à écouter de la musique, alors son témoignage n'est plus accepté et il n'est alors plus une personne de droiture »
École hanbalite
Abdallah (828 - 903), le fils de l'imam Ahmad Ibn Hanbal, a dit : 
« j'ai interrogé mon père concernant la musique, il a dit : "La musique fait pousser l'hypocrisie dans le cœur, cela ne me plaît pas" 
Une idée courante chez les salafistes et dans les courants fondamentalistes

 

Comme on l'a vu ci-dessus, la musique est une forme artistique en principe interdite dans la société musulmane, même si cet interdit n'a jamais été totalement respecté Toutefois, des courants fondamentalistes comme le salafisme ou le wahhabisme insistent sur cette interdictioncar selon eux la musique peut manipuler l'esprit et empêcher la méditation de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān 
Ainsi, selon le penseur médiéval Ibn Taymiyya, une des références de ces courants, « la fabrication d’instruments de musique est interdite» 
En outre, pour Ibn Taymiyya, « les instruments de musique tels que les instruments à six cordes doivent être détruits selon la majorité des docteurs en droit islamique. C’est la position de Mâlik ibn Anas et la plus célèbre des deux opinions attribuées à Ahmad »
. Selon al-Albani, « les quatre écoles juridiques  du sunisme sont d’accord sur le caractère illicite de tous les instruments de musique ».
La musique dans le monde sunnite est donc frappée d'interdits musicaux qui touchent aussi bien la musique religieuse que la musique profane. Ces prescriptions interdisent tout particulièrement, la musique instrumentale qui pourrait être considérée par l'Islam comme un art antireligieux. Pour cette raison et à la différence du soufisme, les instruments ne sont pas utilisés dans le cadre de la musique religieuse sunnite
Ce débat touche l'ensemble de la musique dont certaines prennent aujourd'hui des dimensions de critère d'appartenance religieuse pour certains musulmans européensou être utilisée à des fins missionnaires
Musique autorisée dans certains cas
L'histoire prouve un consensus général sur l'autorisation ou la tolérance de la musique non religieuse. Ainsi, dès les débuts de l'histoire de l'islam, la dynastie des abbassides voit se développer un grand mécénat musical
De même, plusieurs auteurs musulmans ont écrit des traités traitant de musique, comme Al-Ghazali ou Avicenne.
Tout au long de l'histoire, on observe une lutte entre deux visions contradictoiresCette contradiction influencera l'usage musical religieux.

Présence d'exceptions dans les hadiths
Les hadiths montrent la présence d'exceptions à l'interdiction musicale. Ces exceptions peuvent être liés à certains jours] ou à certains instruments. Il est ainsi recommandé aux petites filles d'utiliser un tambourin et de chanter lors des mariages et lors des deux fêtes religieuses  celle de la fin du jeûne du  Mois de Ramadan عِيدُ ٱلْفِطْر ʿAïd ʾal-fiṭr appelée Petite Fête عِيدُ ٱلصَّغِير, ʿAïdu ʾaṣ-Saḡīr,  et celle de la fin du Pèlerinage à la Mecque avec le Rituel du Sacrifice souvenir de l’alliance de Abraham Fête du Sacrifice عيد الأضحى Aïd al-Adha - la  Grande Fête عيد الكبير Aïd el-Kabir  même si cela est entendu par les femmes et les hommes, à condition que les paroles ne contiennent aucun interdit religieux. 
Dans un hadith rapporté par Aïcha :
"Le Messager de DIEU entra chez moi, pendant que deux filles chantaient des chansons (sur la bataille de Bu'âth, qui se déroula avant l'arrivée de l'islam). Il s'étendit sur le lit en nous tournant le dos. Sur ces entre-faits, arriva Abû Bakr qui s'écria : "Des chants diaboliques dans la demeure du Messager de DIEU ." Se tournant vers lui, le Messager de DIEU lui dit : "Laisse-les !" Puis, pendant qu'Abû Bakr n'y prenait point garde, je fis un signe aux deux filles qui sortirent." Et dans une autre version, le Messager de DIEU a dit : "O ! Abû Bakr, chaque peuple a ses jours de fêtes, or c'est notre fête aujourd'hui".
Concernant ce hadith, l'érudit Ibn Hajar a dit : « Et de ce  propos hadith, nous pouvons tirer : La légitimité de gâter les enfants durant les jours de fête et ce, par tout ce qui pourrait les rendre heureux et joyeux, car montrer sa joie (les jours de fêtes) est un symbole religieux» Il semble donc que ce soit permis à des situations spécifiques, comme les jours des 2 grandes fêtes religieuses  عيد Aid.

Musiques religieuses sans statut musical
Dans le cadre du sunnisme, la majorité des musulmans exclut de cette interdiction certaines musiques religieuses en raison de la place première du texte dans celle-ci. Ainsi, selon l’imam égyptien Muhamed Hassan, « le chant est une parole tant qu’il n’est pas accompagné d’instruments de divertissement et de musique »
 un imam wahhabite  a dit : « À propos de la musique, il y a beaucoup de preuves qui montrent qu’elle est interdite illégal ; illicite ; حَرَام ḥarām.
 Mais aujourd’hui,  ٱلْحَمْدُ لِلَّٰهِ, Al-Hamdoulillah « DIEU soit loué », -louange à DIEU, nous n’avons plus besoin de musique, même dans les mariages, grâce aux أناشيد anachîd. au singulierنشيد  nachîd
Dans les أناشيد anachîd les voix ont remplacé les instruments, qui sont illicite ; حَرَام ḥarām, comme le piano ou la flûte. Vous n’avez plus besoin d’instruments de musique, puisqu’il y a aussi beaucoup de sons que vous pouvez faire grâce à votre ordinateur ».
Pour eux, ces musiques ne sont pas de la musique au sens occidental du terme mais un mode d'énonciation du mot. Ces formes autorisées sont le chant de l'appel à la prière, la cantillation de la Récitation  القُرْآن al-Qurʾān  et les louanges حَمْدُ hamd, (DIEU soit loué ٱلْحَمْدُ لِلَّٰهِ al-ḥamdu li-l-lāh ) les chant religieux musulman أناشيد anachîd et نعت  na't. « attribution, épithétiser, Ce qu'on adjoint à un nom, à un pronom pour le qualifier  (Louange en ce sens) .
ces poèmes dévotionnels de l’Islam officiel.
Le نات كواني na't kwani  est un chant a cappella accompagnant la cantillation de la Récitation  القُرْآن al-Qurʾān  et ; on y exprime l'amour de DIEU, notamment au sein du حَمْد و ثَنا  hamd wa thana prière de glorification حَمْد وسنا  hamd-o-sanna accompagné de percussions.
Cependant, certains savants sunnites, de branches fondamentalistes, sont formels sur l'interdiction des nasheeds. Parmi ceux-ci, se trouvent Al Albani et Ibn Baz 
L'organisation terroriste Daech utilise pourtant ces chants comme outils de propagande sur internet
Ces chants sont des pièces chantées polyphoniques sans accompagnement. Ils font l'objet de nos jours de remixages numériques
Les anasheeds utilisent une large gamme de possibilités mélodiques. Ainsi, le nasheed djihadiste « avance, avance » joue sur des opposition entre des couplets et des refrains caractérisés par des formes harmoniques différentes, homophonie et polyphonie. Cette dernière utilise « des procédés contrapuntiques variés (tuilages, superposition d’ostinati, bourdons, imitations) ». L'ensemble joue sur des oppositions quant à la stabilité harmonique

Les formes de la musique sunnite

Cantillation Coranique  La prononciation des prières rituelles de l'islam sur un mode chanté. Son prototype est l'appel à la prière du muezzin, مؤذّن muʾaḏḏin: l'Appel أَذَان  adhan, ainsi que  إِقَامَة  l'iqāma : le fait de se mettre debout et aussi le fait d'accomplir la prièrequi marque le début de chacune des cinq prières quotidiennes.
 تَرْتيل tartīl تَجْوِيد tajwīd'
 تَرْتيل tartīl, psalmodie est une récitation lente de la Récitation  القُرْآن al-Qurʾān  pour inciter à la réflexion. Cette récitation تِلاوة tilāwa, récitation, fait partie de l'art de la récitation de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān عِلمُ قِرَاءَةِ القُرآنِ `ilmou qirā'ati l-qur'āni, la science de de la Récitation  القُرْآن al-Qurʾān , appelé تَجْوِيد tajwīd', embellissement)
La Récitation القُرْآن al-Qurʾān se fait sous forme de cantillation. Pour Michel Brenet, la cantillation est une « forme de mélodie religieuse de construction primitive et plus proche de la déclamation que du chant proprement dit » Solange Corbin précise dans l'étude de la cantillation chrétienne qu'elle est « un style où la parole aura la prépondérance sur la musique, mais où cette dernière joue un rôle de régulateur et de revêtement solennel

Ces définitions peuvent correspondre à la vision orthodoxe de la cantillation de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān
Il existe deux formes principales :
•le tartîl (تَرْتيل [tartīl], psalmodie), récitation lente de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān pour inciter à la réflexion ;
•le tajwîd (تَجْوِيد [tajwīd], embellissement) est une lecture psalmodiée de la Récitation القُرْآن al-Qurʾān.
Si la différence entre les deux a pu être comprise comme différence entre public/privé, il est plus probable qu'elle est essentiellement musicale
Ce chant est effectué par un lecteur –Récitant (المقرئ muqri’ ou une المُقرئا muqri’a), professionnels formés à cet exercice et normalement agréés par l’université Al-Azhar en Égypte, . 

https://fr.muqri.com

Tout l'enjeu de ce chant est la « juste réalisation des phonèmes et l’observation de règles phoniques particulières qui ne s’appliquent qu’a la Récitation القُرْآن al-Qurʾān (emphatisation et désemphatisation, assimilations diverses, allongements « secondaires » des voyelles longues et de certaines voyelles brèves). ». Il s'agit à l'origine d'un chant improvisé, ce qui permet une élocution au rythme libre. À partir de l'époque abbasside, il sera parfois mesuré et accompagné d'instruments. Certaines cantillations reprenaient même des airs profanes et pouvaient être accompagnés de battement de mains ou de danse. Ce type de cantillation semble avoir disparu à l'époque contemporaine
Si l'histoire de cette forme musicale est mal connue, les enregistrements du 20è siècle permettent de mieux cerner ses formes, ses transformations et une certaine stabilité au cours de ce siècle. Cette cantillation se caractérise par des formes régionales particulières tendant de nos jours à être remplacée par les formes saoudiennes
Musique sacrée à l'origine, cette cantillation a dépassé son cadre pour influencer la musique profane, comme le montre la place importante de la voix monodique au détriment de l'instrument relégué à son rôle d'accompagnement ou dans le choix du système modal


أَذَان'Aˈdan, l'Appel à la prière  صَلاة sala(t), en particulier l'appel à la prière en commun

L'islam s'est diffusé et a dû marquer sa différence et « marquer son empreinte » face aux autres civilisations que ce soit de manière politique mais aussi esthétique. Cela se retrouve dans l'importance de la voix et de la parole dans le nouveau paysage sonore
L'appel à la prière est un chant délimité par des règles précises. Au Caire, selon certaines sources, chaque jour de la semaine était associé à un mode musical différents au début du 20e siècle tandis que depuis le développement des haut-parleurs a occasionné une lutte entre lieux de culte et une perte qualitative importante des « voix amplifiées de muezzins improvisés imposant leur approximatives tonalités lors de l’appel 
Traditionnellement, chaque phrase est suivie d'une pause et est répétée une ou plusieurs fois selon des règles fixes. Au cours de la première déclaration chaque phrase est limitée dans la gamme de tons et est moins mélismatique et plus courte. La répétition de la phrase est généralement plus longue et est ornée de mélismes. Elle peut posséder alors un ambitus musical supérieur à l'octave. La forme de l'adhan est caractérisée par des oppositions. Le tempo est souvent lente; il peut être plus rapide et avec moins de mélismes pour la prière du soir. Pendant les fêtes, elle peut être effectuée à deux voix.
أَذَان سني  Adhan sunnite سني sunnīy

Les sunnites سني sunnīy sont désignés en arabe comme les gens de la «سُنَّة Sunnah« Loi - Tradition »» et de la majorité religieuse السنة و الجماعة.alsunat wa aljamaeat,  Par opposition aux chiites et aux kharidjites, on les appelle parfois « musulmans orthodoxes

 

Arabe

Traduction

Translittération

2 fois dans le rite malikites مذهب مالكي madhhab maliki
4 fois autres

ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ

DIEU  est le plus grand

ʾAllâhu ʾakbar

2 fois

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ

J'atteste qu'il n'y a de dieu que DIEU

ʾašhadu ʾan lâ ʾilâha ʾillâ -llâh

2 fois

أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

J'atteste que Muhammed est le messager de DIEU

ʾašhadu ʾanna Muḥammadan rasūlu -llâh

2 fois

حَيَّ عَلَىٰ ٱلصَّلَاةِ

Venez à la prière

ḥayya ʿalâ ṣ-ṣalât

2 fois

حَيَّ عَلَىٰ ٱلْفَلَاحِ

Venez à la félicité,

ḥayya ʿalâ l-falâḥ

2 fois
L'aube seulement

prière de l'aube صلاة الصبح ṣalāt aṣ-Ṣobḥ ou صلاة الفجر ṣalāt al-fajr entre l'aube et le lever du soleil

ٱلصَّلَاةُ خَيْرٌ مِنَ ٱلنَّوْمِ

La prière est meilleure que le sommeil.

aṣ-ṣalâtu khayrun mina n-nawm

2 fois

ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ

DIEU est le plus grand.

ʾAllâhu ʾakbar

1 fois[

لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ

Il n'y a de vraie divinité hormis DIEU

lâ ʾilâha ʾillâ -llâh

أَذَان Adhan du chiisme duodécimain

courant officiel de l'Iran depuis la fondation de la dynastie séfévide par Ismaïl I en 1501.

Arabe

Traduction

Translittération

4 fois

ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ

DIEU est le plus grand

ʾAllâhu ʾakbar

2 fois

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ

J'atteste qu'il n'y a de vraie divinité hormis DIEU

ʾašhadu ʾan lâ ʾilâha ʾillâ -llâh

2 fois

أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

J'atteste que Muhammed est le messager de DIEU

ʾašhadu ʾanna Muḥammadan rasūlu -llâh

2 fois

أَشْهَدُ أَنَّ عَلِيًّا وَلِيُّ ٱللَّٰهِ

J'atteste que 'Alî est le  Régent (lieutenant)  de DIEU

ʾašhadu ʾanna ʿAlīyan walīyu -llâh

2 fois

حَيَّ عَلَىٰ ٱلصَّلَاةِ

Venez à la prière

ḥayya ʿalâ ṣ-ṣalât

2 fois

حَيَّ عَلَىٰ ٱلْفَلَاحِ

Venez à la félicité

ḥayya ʿalâ l-falâḥ

2 fois

حَيَّ عَلَىٰ خَيْرِ ٱلْعَمَلِ

Venez accomplir la meilleure action (après « Venez à la félicité »)

ḥayya ʿalâ khayri l-ʿamal

2 fois

ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ

DIEU est le plus grand.

ʾAllâhu ʾakbar

2 fois[

لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ

Il n'y a de vraie divinité hormis DIEU

lâ ʾilâha ʾillâ -llâh

طلع البدر علينا Talaa al-Badru ‘Alaynā  la pleine lune s'est levée sur nous

Chant traditionnel Musulman  connu comme un nashid  نشيد ; au pluriel أناشيد, anachîd,  chant religieux musulman que les أَنْصَار ʾAnṣār, « partisans, auxiliaires », pluriel. de نَصِيْر, naṣīr) sont les صَحابة sahaba (compagnons du Prophète  Muhammad) originaires de يَثْرِب Yathrib - Médine الْمَدِينَة Al-Madīna « la Ville », par opposition aux مهاجرون Muhâjirûn ( qui avaient accompli l’Exil هِجرَ hijra, ceux qui s'étaient exilés de La Mecque pour rejoindre le Prophète Muhammad dès 622.

Que les Ansâr (les habitants de يَثْرِب Yathrib la future Medine ont chanté à l'arrivée de Muhammad à يَثْرِب Yathrib la future Medine, pour lui souhaiter la bienvenue après la fin de la bataille de Tabouk غزوة تبوك, Ghazwat Tabūk en octobre 630, ou bien lorsqu'il est arrivé après avoir quitté La Mecque (l’Exil هِجرَ hijra). La chanson est, à ce jour, vieille de plus de 1 450 ans, et l'une des plus anciennes de la culture islamique (Musulmane).
 انيات الوداع Thaniyyat-al-wadā’  Al-Thaniya est à l’origine une entrave dans une montagne ou ce qui a été élevé du sol. Elle fût nommée Thaniyyat-al-wadā’ par les personnes qui accompagnaient les voyageurs jusqu’à la sortie de la ville pour leur dire au revoir. Il y a dans la ville de Médine deux Thaniyyat al-wadā‘ : une au sud et une autre au nord. Celle du sud est connue puisque c’est dans ce lieu que les médinois ont accueilli le Prophète ﷺ lors de son arrivée durant l’immigration

Paroles

طلع البدر علينا Talaa al-Badru ‘Alaynā  la pleine lune s'est levée sur nous

Arabe

Translittération

Français

طَلَعَ ٱلْبَدْرُ عَلَيْنَا

ṭala‘a 'l-badru ‘alaynā

La pleine lune s'est levée sur nous

مِنْ ثَنِيَاتِ ٱلْوَدَاع

min thaniyyāti 'l-wadā‘

Depuis la vallée de Wada‘ voir انيات الوداع Thaniyyat-al-wadā’

وَجَبَ الشُّكْرُ عَلَيْنَا

wajaba 'l-shukru ‘alaynā

Et il nous plait de montrer de la gratitude

مَا دَعَا لله دَاع

mā da‘ā li-l-lāhi dā‘

avec tout appelant à [DIEU]

أَيُّهَا ٱلْمَبْعُوثُ فِينَا

’ayyuha 'l-mab‘ūthu fīnā

Ô toi, Envoyé (Muhammad)  parmi nous

جِئْتَ بِٱلْأَمْرِ ٱلْمُطَاع

ji’ta bi-l-’amri 'l-muṭā‘

Qui est venu avec l’Ordre Sacré

L’ordonnance du bien et l’interdiction du mal

ٱلْأَمْرُ بِٱلْمَعْرُوفِ وَٱلنَّهْيُ عَنِ ٱلْمُنْكَرِ

al-amru bi-l-maʿrūfi wa-n-nahyu ʿani-l-munkari

جِئْتَ شَرَّفْتَ ٱلْمَدِينَة

ji’ta sharrafta 'l-madīnah

Tu as apporté la noblesse à cette ville(Medine)

مَرْحَبًا يَا خَيْرَ دَاع

marḥaban yā khayra dā‘

Bienvenue ô meilleur appelant à [DIEU]

 

Musique et Chiisme
 
Le chiisme, au contraire, favorise la musique, mais l'interdit dans les faits. Cette attitude contradictoire provient de l'influence exercée par les confréries soufies, souvent adeptes de rituels liés à la musique (ذِكْر dhikr et سماع samā' ‘)
Certains savants musulmans pensent que seul le chant est permis/licite حلال halal  et que les instruments sont interdits حَرَام ḥarām, illégal ; illicite ; interdit ; inviolable ; sacré ; saint Ainsi, il existe une forte tradition de chant a cappella empreint de Mélisme
De nombreuses confréries conservent au sein de leurs pratiques des éléments anté ou non islamiques. Les instruments jouent parfois un rôle majeurs comme au Kurdistan turc ou iranien. La musique kurde est aussi en partie dédiée à ces pratiques. Le djem de l'alévisme tourne autour du saz ou tambûr sacré. Le daf est aussi sacré chez les Kurdes. 

Chez les soufis, la transe a une grande place dans la recherche spirituelle. Celle-ci s'obtient souvent par la musique et les soufis ont créé des cérémonies associant la musique à leur quête de spiritualité. Une pratique que l'on retrouve dans tout le monde musulman avec des variantes nationales, régionales ou locales. [réf. nécessaire]
Le ذِكْرdhikr l’ évocation- souvenir) est une prière où le nom de DIEU est répété inlassablement jusqu'à prendre possession du corps et de l'esprit, amenant la plupart des présents à l'assemblée dans un état de transe totale sous la direction d'un maître spirituel auquel s'adjoignent les chanteurs. Dans les zaouïas du Sud-Ouest algérien, les mouridines de la طَرِيقة tarīqa (pluriel.طرق turuq:  : procédé, voie, méthode (voie) kerzazia,* s'adonnent jusqu'à ce jour à la pratique de ce rituel, destiné à l'origine à l'apprentissage par cœur du de la Récitation  القُرْآن al-Qurʾān et des propos du Prophète Muhammad حديث hadiths. Lors des séances de ذِكْر dhikr, les prières sont chantées et reprises en chœur par les participants, avant de se voir accompagnée très vite par un mouvement du buste d'avant en arrière. Ce mouvement introductif en balancier amène une scansion dans le chant jusqu'à susciter l'état de transe.
* La confrérie des Kerzazia ou Ahammedin, fondée au 16è siècle par Sidi-Ahmed Mousa, appartient aussi au groupe des ordres Chadelya. Son ذِكْر dhikr est peu compliqué, comme il convient à des hommes qui travaillent la terre, qui cultivent les palmiers, et il n’est obligatoire qu’en hiver ; il admet des tempéraments. Un anneau de fer passé dans le chapelet est le signe auquel se reconnaissent les adeptes. Ils affectent de se tenir en dehors des partis locaux ou  سًفس çofs  clan qui assemble les familles et leurs alliés, en dehors des querelles politiques. Ils interviennent pour empêcher l’effusion du sang, pour défendre les ksouriens contre les exactions des nomades. Bien que leur maison mère, la zaouïa de Kerzaz, ait donné asile à des groupes d’Ouled-Sidi-Cheikh révoltés contre nous, leur attitude a généralement été correcte à notre égard et nous avons autorisé le grand maître, pour services rendus pendant l’insurrection, à envoyer ses مقدم muqaddam (celui qui est devant, chef)  chercher les ziara sur notre territoire. Il a de nombreux fidèles dans le Sud-Marocain et le Sud-Oranais (Beni-Guil, Doui-Menia, Hamian ; en territoire algérien 62 moqaddem et 3 000 khouan au moins) ; il est toujours pris dans la famille du fondateur, ainsi que ses principaux vicaires. Lazaouïa de Kerzaz demeure pauvre, parce que les chefs ont toujours voulu garder les traditions de renoncement et que les مقدم muqaddam (celui qui est devant, chef) étant de la famille, gardent la plus grosse part des contributions.

Le قوٌالی qawwalî (ourdou :) est la musique dévotionnelle de la confrérie soufie des chishtis en Inde et au Pakistan. Remontant au 13è siècle, cette tradition se rencontre autour des sanctuaires du soufisme depuis sa réforme par Amir Khusrau. C'est une musique de transe (wajad) joyeuse en quête d'union divine, exécutée avec des percussions et des harmoniums. Il ne s'agit pas d'une simple musique à écouter, mais d'un évènement mystique auquel on participe en prenant part au mehfil-e-sama («concert spirituel », littéralement « rassemblement pour écouter »), qui est son nom complet reprenant la tradition soufie de Djalâl ad-Dîn Rûmî (samā‘).
Qâl
Le  قول qwâl ou qâul «dire - parole » qui a donné  قَوَّال qawwāl
قوٌالی qawwali) est un genre poétique mystique basé sur un तराना  tarânâ et servant souvent d'introduction. C'est Amir Khusrau qui l'a formulé. Il fait office de profession de foi au Pakistan.

Accompagnée au départ des seules flûtes ney et de tambours sur cadre دَف daf, également appelé def, duff, deff, defi, defli ou dap, est un grand tambour sur cadre de la tradition persane utilisé comme le  ضرب zarb (تنبک tombak en persan ) pour accompagner la musique iranienne. Il est également répandu (sans ses anneaux) au Moyen-Orient, notamment en Turquie, en Arménie et en Azerbaïdjan jusqu'à la Sibérie en passant par l'Asie centrale. Il est sans doute à l'origine du tar arabo-andalou répandu au Maghreb et qui a atteint l'Europe médiévale. D'autres instruments sont venus s'y adjoindre au 19è  siècle, tel la cithare قانون qanūn, le luth  تنبور tanbur, le violon, etc. Elle a aussi adopté la transcription occidentale pour préserver son patrimoine.

Qawwali

Derviches sam

Cithare qan n

Le  سماع samā‘ est un concert spirituel deSitar 1 l'ordre mevlevi turc. C'est une cérémonie de prière avec musique et des danses mystiques en présence d'un petit orchestre. Les adeptes accèdent à l'état d'extase grâce aux sons de la musique pratiquée au moyen d'une flûte oblique et d'un tambour. Durant le sama, la séance est dirigée par un maître spirituel qui est le cheikh شيخ šhayḫ Homme respecté, un maître, pour ses connaissancesdes adeptes. Les présents, qui écoutent la musique, les psalmodies et les chants, se laissent peu à peu envahir par la transe.
Cem  جَمْع, djam, et deyiş
Le cem جَمْع, djam, « rassemblement, réunion »  est un rituel lié à l'alévisme turc faisant usage notamment du luth saz lors des chants deyiş.

Au début du djem, le dede distribue les douze services mystiques qui ont eu lieu dans la cérémonie des kırklar.

مُرْشِد Murshid « guide », ou مُرَاد Murād désignant souvent les maîtres spirituels dans le soufisme  c'est le dede « grand-père » en turc qui dirige le cem et qui dicte la prière
Rehber : qui fournit de l'information aux nouveaux arrivants et les prépare à l'engagement sur la voie alévie ou Tariqat. c'est aussi un dede "grand père"dont la fonction est d'aider le guide  مُرْشِد Murshid .
Ozan ou Zakir : c'est le barde (le poète)  ou le chantre qui dit les nefes et les deyiş (mot turc signifiant « le dit » et se prononçant « déyiche »)
Süpürgeci : « le balayeur »
Delilci ou Tcheragdji : il s'occupe des chandelles
Gözcü : il s'occupe de l'ordre dans le cem
Kapıcı : chargé de garder la porte et de placer les gens venus en retard
Sofracı : il s'occupe du repas, on l'appelle aussi kurbandji ou lokmadji
Meydancı : il s'occupe de la propriété et montre leur place aux gens
Saka: il est chargé de distribuer l'eau en souvenir du martyre de Hussein ou Al-Hussein ibn Ali
Peyik : il appelle les gens aux cem et s'occupe de préparation du cem
Semahcı : il s'occupe du samā‘
Sûfyâna kâlam
Le sûfyâna kâlam ou arifâna kâlam est un genre de musique dévotionnelle soufie accompagné de cordophones. Arrivé d’Iran au 15e siècle, c'est un genre assez populaire désormais au Cachemire. Il use volontiers de tarânâ, un type de chant inspiré des syllabes mnémotechniques (bols) utilisées dans les percussions.
كافي Kâfi
Les kâfi sont des chants religieux chishtis basés sur des mélodies populaires et non des râgas. C'est une composante folklorique du Pakistan et de l'Inde.

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ci-dessus: Pakistan. Musique kâfî des Fakirs du Sind. Abidah Parveen, chants dévotionnels soufis. Wahid Zafer, psalmodie coranique.
Mappila Pattu
Les mappila pattu sont des chants dévotionnels de la communauté malabare du Kerala, en Inde du Sud.

Mappila pattu
Lila
Le lila (aussi appelé derdebba, hadra et sadaqa) est une cérémonie de transe des confréries soufies Aïssawa et Gnaouas du Maroc où la musique joue un rôle estimable. Ce rituel porte divers noms : stambali (Tunisie), zâr (Égypte, Yémen), diwane (Algérie).

Lila 2

Le rituel de transe des Aïssâwa est une cérémonie domestique nocturne appelé lîla, qui signifie littéralement « nuit ». Le terme de lîla est commun à différents groupes confrériques maghrébins (tels que les Gnawa, les Hamadcha ou les Jîlala) ; animée par les Aïssâwa, cette soirée est souvent appelée « nuit Aïssâwa » (lîla Aïssâwiyya) ou parfois même et depuis peu au Maroc, « nuit soufie » (lîla sûfiyya).
Origine
Selon les Aïssâwa intérrogés, cette cérémonie n’a pas été établie ni même pratiquée par le fondateur de la confrérie, le Chaykh al-Kâmil. Certains muqaddem-s pensent qu’elle est apparue au 17ème siècle sous l’impulsion d’un disciple (Sîdî ‘Abderrahmân Tarî Chentrî) ou au 18ème siècle sous l’influence d’autres chaykh-s marocains célèbres pour leurs pratiques extatiques (Sîdî ‘Ali ben Hamdûch ou Sîdî al-Darqâwî).
Situation actuelle
Aujourd’hui les cérémonies des Aïssâwa sont organisés principalement à la demande de sympathisants de la confrérie, qui sont surtout des femmes. Ce sont elles qui composent véritablement la clientèle principale des orchestres de la confrérie. Les Aïssâwa étant censé apporter la baraka, les motifs d’organiser une cérémonie sont divers : célébration d’une fête musulmane, mariage, naissance, circoncision, exorcisme, recherche de guérison ou contact avec le divin par l’extase.

Le rituel est proposé à l’identique par tous les groupes Aïssâwa et comprend des récitations de litanies mystiques (dhikr), des chants de poèmes spirituels (qasâ`id), un rituel d’exorcisme (mluk) et une séance de danse collective (hadra). Notons que certaines parties peuvent être allégées ou supprimées à l’initiative du muqaddem ou des clients en fonction du motif de la cérémonie.

La célébration d’une telle soirée est un événement en soi. Les hôtes des Aïssâwa mettent un point d’honneur à y inviter de nombreux convives et à servir un repas qui fasse honneur à l’événement. Les invités soignent particulièrement leur tenue vestimentaire. Le rituel permet de réunir des individus de différentes classes d’âges, de différents niveaux sociaux, des valides et des handicapés. La mixité des sexes est autorisée voire recherchée.
Les aspects ludiques de la cérémonie sont courants et revendiqués par les participants (rires, chants, danses) de même que les manifestations corporelles extatiques (danses de transe des membres du public, cris, pleurs). Ce fait place la cérémonie domestique à l’exact opposée des pratiques rituelles de la zâwiya-mère de Meknès où les aspects récréatifs sont usuellement interdits par les responsables du sancturaire.
De leur coté, les Aïssâwa accordent une grande importance à l’aspect technique et esthétique du rituel. Ils considèrent leur cérémonie comme un espace de sauvegarde de divers éléments artistiques, symboliques, religieux et historiques de la culture marocaine.

Lila3

Puisse DIEU الله ALLAH nous pardonner de nos erreurs et nos ommissions

Baudrier Gérard Ibrahim

 

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