Taqiya تقيّة

Taqiya تقيّة

 

TAQIYA  تقيّة

Taqiya

La taqîya, parfois orthographiée taqiyya et takia, appelée تقيّة  c' est une pratique, au sein de la branche chiite de l'islam, consistant à dissimuler ou à nier sa foi sous la contrainte afin d'éviter la persécution. Cette pratique est permise au sein du chiisme dans le cas où un fidèle fait face à une menace, mais elle est aussi permise au sein du sunnisme dans une moindre mesure ; dans les deux cas, elle relève de la charî'a الشَّرِيعَة . La pratique de la taqîya تقيّة  a un fondement coranique, notamment dans ces passages qui parlent du reniement de la foi en disant :

sourate 3آل عمران   āli ʿimrān La famille d'Imran verset 28

لاَّ يَتَّخِذِ الْمُؤْمِنُونَ الْكَافِرِينَ أَوْلِيَاء مِن دُوْنِ الْمُؤْمِنِينَ وَمَن يَفْعَلْ ذَلِكَ فَلَيْسَ مِنَ اللّهِ فِي شَيْءٍ إِلاَّ أَن تَتَّقُواْ مِنْهُمْ تُقَاةً وَيُحَذِّرُكُمُ اللّهُ نَفْسَهُ وَإِلَى اللّهِ الْمَصِيرُ
Que les croyants ne prennent pas, à la place des fidèles, les négateurs pour alliés ! Quiconque le fera aura rompu toute alliance avec Dieu, à moins d'y être contraint par un péril à redouter. Dieu vous met en garde contre Sa colère, car c'est vers Lui que tout fera retour.
La yattakhithi almouminouna al kafirina awliyaa min dooni almu/mineena waman yafAAal thalika falaysa mina Allahi fee shay-in illa an tattaqoo minhoum touqatan wa youhaththirukumu Allahou nafsahou wa-ila Allahi al masirou

 

tandis qu'un autre passage mentionne

sourate 16 النحل an-naḥlles abeilles  .verset 106

مَن كَفَرَ بِاللّهِ مِن بَعْدِ إيمَانِهِ إِلاَّ مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيمَانِ وَلَـكِن مَّن شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْراً فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ
Quiconque renie Dieu après avoir cru  à moins d'y être contraint tout en demeurant fidèle intérieurement à sa foi , ainsi que ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à l'impiété, ceux-là, la colère de Dieu s'abattra sur eux et ils seront voués à un terrible châtiment,
 
 Man kafara biAllahi min baAAdi eemanihi illa man okriha waqalbuhu mutma-innun bial-eemani walakin man sharaha bialkufri sadran faAAalayhim ghadabun mina Allahi walahum AAathabun AAatheemun

On trouve aussi la taqîya dans l'ésotérisme musulman, "Le soufisme  تصوف  le cœur spirituel de la tradition islamique*)"en particulier dans le monde chiite, où elle est liée à la non-divulgation de données ésotériques relatives à l'imamat.

*voie d'élévation spirituelle par le biais d'une initiation dit tassawuf ou tariqat  طَرِيقة."procédé; voie; méthode" Le mot taçawwuf ou tassawuf peut se traduire par « initiation ». Le Taçawwuf comprend non seulement la haqîqah mais aussi l'ensemble des moyens destinés à y parvenir, appelé tarîqah - "voie" ou "sentier" - conduisant de la shariyah vers la haqîqah, c'est-à-dire de l'« écorce » (el-qishr اقشر) vers le « noyau » (el-lobb اللوب) par l'intermédiaire du « rayon » allant de la circonférence vers le centre

Les différents traités soufis symbolisent la tariqa par le rayon d’un disque dont le contour externe serait la loi religieuse exotérique (charia الشَّرِيعَة ) et dont le centre serait la réalité divine (haqîqa حقيقة, « réalité ; vérité ; authenticité »). La "voie" exprimerait donc l'idée de prolonger et d'approfondir la tradition musulmane, en tant que vecteur d'une transformation de soi.rapprocher du mot Haqqحقّ, « vérité ; exactitude ; orthodoxie »

la question du terme de la voie spirituelle est malaisé puisqu'elle n'a par définition ni commencement, ni fin. Néanmoins, les soufis parlent de dépouillement progressif, de dénuement pour arriver, dans leur expressions ultimes, à parler d'extinction du moi (fana :فَناء  littéralement anéantissement ; évanouissement). Cet état est généralement suivi par celui du baqa’ بقا (« existence », « subsistance ») qui permet au disciple d’intégrer son état d'éveil tout en l’harmonisant avec les contingences spatio-temporelles, les affaires du « bas-monde »

Les premières écoles soufis s'élaborent au 9e siècle à Bassorah et à Bagdad autour de maîtres réputés comme Abû l’Qasim al-Junayd ibn Muhammad al-Khazaz al-Baghdadi  أبو القاسم الجنيد بن محمد الخزاز القواريري), plus connu sous le nom de Junayd  الجنيد) (né en 830 à Hamadan à l'époque dans le Califat abbasside الخلافة العباسية al-Khilāfah al-‘Abbāsīyah et aujourd'hui en Iran, et mort en 910 à Bagdad) et son disciple Mansur al-Hallaj منصور الحلاج . né vers 858 mort le 26 mars 922. À partir du 12 e siècle se répandent des confréries (tariqa طَرِيقة  pl.: turuq: طرق, procédé; voie; méthode) où les adeptes murid مُرِيد «engagé» de la racine qui signifie «volonté» ou «estime de soi»,Aussi connu comme un salik : سالك  à la recherche de l'effacement en Dieu (el fana'ou fi-llah), Il se réfère à une personne qui est attachée à un murhid مرشد guide spirituel- professeur* dans une tariqa  guidés par un cheikh شيخ  maître, vieillard, sagou murchid مرشد dans la pratique du dhikr : ذِكْر , évocation ; mention, rappel, répétition rythmique (du nom de Dieu)), dans l'islam, désigne à la fois le souvenir de Dieu et la pratique qui avive ce souvenir. Il est au cœur de la pratique du soufisme., qui est l'élément central du rituel soufi. Ainsi naissent notamment la Qadiriyya القادريه à Bagdad au 12 e siècle, l'ordre des derviches mawlawi de jalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhi جلال‌الدین محمد بلخی dit Roumiرومی 1207-1273 à Konya au13 e siècle, la Naqshbandiyya l'une des 4 principales confréries soufies. Elle tire son nom de Muhammad Bahâ’uddin Shâh Naqshband الشيخ محمد بهاء الدين النقشبند.   Né en 1318mort en 1389 en Asie centrale au 14e siècle, la Sanusiyya السنوسية  au 19e siècle au Maghreb en  Libye et du Soudan, fondée en 1837 à Mazouna مازونة    ,en Algérie) par Muhammed ben Ali El-Senussi  :سيدي محمد بن علي السنوسي, dit «السنوسي الكبير le Grand El-Senussi » 1787-1859 qui a émigré à Koufra  الكفرة,en Libye. Le mouridisme et la tidianiya essentiellement présent en Afrique.

* Le terme est fréquemment utilisé dans les ordres soufis tels que Qadiriyya القادريه , Chishtiya چشتی, Shadhiliya الشاذلية et Suhrawardiyya سهروردية

Par ailleurs, s'il est avéré que le soufisme est apparu dès les premiers moments de l'islam (Voir Popovic & Veinstein, Les Voies d'Allah, 1995) il n'en reste pas moins que les Turuq et leur représentants ont toujours alimenté la controverse avec les casuistes musulmans (théologiens ou juristes) qui ont pu contester l'orthodoxie du soufisme (tassawuf تصوف) au regard de la loi (Chariaالشَّرِيعَة   « chemin pour respecter la loi [de Dieu] » et Fiqh فقه :  signifiant comprendre) à toutes époques et en tous lieux.

              Soufisme3     Soufisme2    Soufisme

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