liste des califes الخلافة الإسلامية

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Le calife calife, khalife, ou caliphe (prononcé ḫalīf  est une romanisation de l'arabe khalîfa (ḫalīfat, خَلِيفَة, ), littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), terme dérivé du verbe khalafa (ḫalafa, خَلَفَ) signifiant « succéder », titre porté par les successeurs de Muhammad après sa mort en 632

Liste des califes الخلافة الإسلامية  alkhilafat al'iislamia

 

À la mort du Prophète de l'islam Muhammad en 632 sallā-llāhu ʿalayhi wa sallam صلى الله عليه و سلم   que la paix et la prière bénédiction d'Allah soient sur lui  , le calife prend le commandement des musulmans.

nombre de califes assassinés 12

nombre de calife destitués 8

nombre de calife qui ont abdiqués 2

nombre possible assassiné 1

Les quatre premiers califes, également appelés  خلفاء راشدون, al-Khulafā’u r-Rāshidūn (632 - 661)

 

No  Nom Début du règne Fin du règne Commentaires
1

Abou Bakr As-Siddiq

 أبو بكر الصديق
Abdu Llâh (ou 'Atîq) Ibn Abî Quhâfah

 عبد الله بن أبي قُحافة

surnommé « al-Siddîq » الصديق, « le Véridique »

(vers 573 - 23 août 634)

8 juin
632
23 août
634
Il est élu calife à la mort de Muhammad Sa nomination est contestée et il doit faire face à plusieurs révoltes, notamment dans le Hedjaz et le Nejd. Il conquiert une grande partie de l'Arabie avec l'aide de son général Khalid ibn al-Walid. C'est sous son règne que les versets révélés par Muhammad, qui étaient jusque-là transmis oralement, sont compilés en un ouvrage unique : le Coran. Peu avant sa mort il suggère le nom d'Omar pour lui succéder. Il est le seul des quatre « califes bien guidés » à n'avoir pas été assassiné.
2

Omar ibn al-Khattâb

 عمر بن الخطاب
(584 - 7 novembre 644)

23 août
634
7 novembre
644
assassiné
Il est le premier calife à être appelé « commandeur des croyants ». Il instaure le calendrier musulman dont l'origine est fixée au , premier jour de l'année lunaire où l'Hégire eut lieu. L'expansion de l'Islam continue : les forces musulmanes dirigées par Khalid ibn al-Walid écrasent les Byzantins à la bataille du Yarmouk. Cependant Omar se méfie de Khalid et le destitue au profit d'Abu Ubayda ibn al-Djarrah (qui conserve Khalid à ses côtés). La Syrie et la Mésopotamie tombent aux mains des musulmans, suivis de la Perse, de la Palestine et de l'Égypte.
Omar est assassiné en 644 par un esclave perse zoroastrien.
3

Othman ibn Affan

  عثمان بن عفان
(579 - 17 juillet 656)

7 novembre
644
17 juillet
656
assassiné
La tradition présente Othmân comme le premier Mecquois converti à l'Islam. Au début de son règne, il décide d'unifier le texte coranique dont plusieurs versions circulent dans le Califat : des exemplaires de la version officielle sont envoyés aux nouvelles provinces. Il se rend impopulaire dans plusieurs régions, notamment l'Irak et l'Égypte.
En 656, à la suite d'une insurrection, il est assiégé dans sa maison médinoise et finit poignardé.
4

Abū al-H̩asan ʾAli ibn Abi T̩alib

  أبو الحسن علي بن أبي طالب,
(entre 598 et 600 - 28 janvier 661)

17 juillet
656
28 janvier
661
assassiné
Il est le cousin germain de Muhammad puis son gendre après son mariage avec Fatima Zahra, fille du Prophète. Malgré son charisme, son début de règne est difficile : il fait face aux revendications pour punir les assassins d'Othmân, dont celle d'Aïcha, veuve de Muhammad, qui se révolte et est vaincue la bataille du chameau. La révolte de Muʿawiya, gouverneur de Damas, est réglée par un arbitrage perdu par Ali, dont le pouvoir faiblit. Une partie de ses fidèles l'abandonne et forme les kharidjites, qui se révoltent à leur tour et sont battus en 658 à la bataille de Nahrawân. C'est un kharidjite qui assassine Ali en 661, alors qu'il est agenouillé pour la prière.

Califat omeyyade الخلافة الأمويَّة  (661 - 750)

No  Nom Début du règne Fin du règne Bannière
5

Muʿāwiyah 1er

معاوية

Abū ʿAbd Ar-Raḥmān Muʿāwiya ibn ʾAbī Sufyān

 أبو عبد الرحمن معاوية بن أبي سفيان
(602 - 6 mai 680)

661 6 mai
680
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6

Yazīd 1er

يزيد

ʾAbū Ḫālid Yazīd ibn Muʿāwiya 

أبو خالد يزيد بن معاوية
(645 - 11 novembre 683)

6 mai
680
11 novembre
683
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7

Muʿāwiyah 2è

معاوية

ʾAbū Laylā Muʿāwiya ibn Yazīd 

أبو ليلى معاوية بن يزيد
(28 mars 661 - février 684)

11 novembre
683
janvier
684
abdication
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8

Marwān1er

مروان

ʾAbū ʿAbd Al-Malik Marwān ibn Al-Ḥakam 

أبو عبد الملك مروان بن الحكم
(28 mars 623 - 7 mai 685)

684 7 mai
685
possiblement assassiné
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9

ʿAbd Al-Malik

عبد الملك

Abou Al-Walid Abd Al-Malik ibn Marwān

أبو الوليد عبد الملك بن مروان
(646 - 705)

685 705 Umayyad Flag.svg
10

Al-Walīd 1er

الوليد

ʾAbū Al-ʿAbbās Al-Walīd ibn ʿAbd Al-Malik 

أبو العباس الوليد بن عبد الملك
(668 - 23 février 715)

705 23 février
715
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11

Sulaymān

سليمان

ʾAbū ʾAyyūb Sulaymān ibn ʿAbd Al-Malik

أبو أيوب سليمان بن عبد الملك
(vers 674 - 22 septembre 717)

23 février
715
22 septembre
717
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12

ʿUmar 2è

عمر

 ʾAbū Ḥafṣ ʿUmar ibn ʿAbd Al-ʿAzīz

 أبو حفص عمر بن عبد العزيز
(2 novembre 682 - 31 janvier 720)

22 septembre
717
31 janvier
720
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13

Yazīd 2è

 يزيد

ʾAbū Ḫālid Yazīd ibn ʿAbd Al-Malik

أبو خالد يزيد بن عبد الملك


(687 - 26 janvier 724)

31 janvier
720
26 janvier
724
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14

Hišām

هشام

 ʾAbū Al-Walīd Hichām ibn ʿAbd Al-Malik

أبو الوليد هشام بن عبد الملك
(691 - 6 février 743)

26 janvier
724
6 février
743
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15

Al-Walīd 2è

الوليد

ʾAbū Al-Abbās-ibn Yazīd

أبو العباس الوليد بن يزيد
(707 - 16 avril 744)

6 février
743
16 avril
744
assassiné
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16

Yazīd 3è le Réducteur

يزيد

ʾAbū Ḫālid An-Nāqiṣ Yazīd ibn Al-Walīd

أبو خالد الناقص يزيد بن الوليد
(705 - 3 ou 4 octobre 744)

16 avril
744
3 ou 4 octobre
744

Yazīd est le fils du calife Al-Walīd 1er et d'une princesse sogdienne. À la mort de son père, il ne peut lui succéder, étant trop jeune. Pendant le règne de son cousin Al-Walīd II, Yazīd se prononce contre son attitude, jugée immorale, ainsi que sa politique qui favorise les Arabes, notamment les Banū Qays, aux dépens des Yéménites et des non Arabes. Yazīd reçoit le soutien de nombreuses factions, notamment les qadarites, et finit par renverser Al-Walīd 2è Les fils de ce dernier, qui avaient été choisis de son vivant pour lui succéder, sont emprisonnés.

Lorsqu'il devient calife, Yazīd III promet de bien gérer les finances du Califat, notamment en évitant de se lancer dans des travaux de construction, de dépenser de l'argent pour femmes et enfants et de transférer des fonds d'une province à l'autre, sans raison. Il promet également de ne pas maintenir les troupes sur le terrain trop longtemps, d'éviter les sur-taxations, de lutter contre les discriminations et de rendre ses paiements à temps. Aussi, il promet d'abdiquer s'il ne tient pas ses promesses, et tient au principe électif du califat. Yazīd 3è tient son surnom de Réducteur du fait de sa réduction des rentes militaires de 10 %

17

ʾIbrāhīm

إبراهيم

 ʾAbū ʾIsḥāq ʾIbrāhīm ibn Al-Walīd 

أبو إسحاق إبراهيم بن الوليد
(mort en 750)

3 octobre
744
12 décembre
744
destitué
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18

Marwān 2è

مروان

ʾAbū ʿAbd Al-Malik Marwān ibn Muḥammad

 أبو عبد الملك مروان بن محمد 
(688 - 6 août 750)

12 décembre
744
6 août
750
assassiné
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Califat abbasside d'Irak الخلافة العباسية في العراق  (750 - 1258)

No  Nom Début du règne Fin du règne Bannière
19

Al-Saffah (le sanguinaire)

سفاح 

Abu al-Abbas Abd Allah Ibn Muhammad Ibn Ali Ibn Abd Allah Ibn al-Abbas

 أبو العباس عبد الله بن محمد بن علي ابن عبد الله بن عباس
(722 - juin 754)

750 juin
754
Descendant d'Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib, l'oncle de Mahomet. Il est proclamé calife en 750 à Koufa après avoir renversé le dernier Omeyyade, Marwān II, et fonde ainsi la dynastie des Abbassides. Il est mort en juin 7543, son frère cadet Abu Jafar lui a succédé avec le surnom d'Al-Mansur
20

Al-Mansur " Vainqueur"

منصور

Abû Ja`far al-Mansûr `Abd Allah ben Muhammad al-Imâm

أبو جعفر "المنصور" عبد الله بن محمد الإمام
(714 - 7 octobre 775)

juin
754
7 octobre
775

Considéré comme le véritable fondateur du Califat abbasside, Al-Mansur est né à al-Humaymah

Bien qu'ayant été désigné par son frère Abû al-`Abbâs  dit As-Saffah comme son successeur, Abû Ja`far al-Mansûr fut contesté par certains de ceux qui avaient mis son frère au pouvoir. abū muḥammad `alīy ben al-ḥasan zayn al-`ābidīn, أبو محمد علي بن الحسين زين العابدين aida Al-Mansûr à se défaire de ses adversaires.

Pour arrêter les fils de `Alî Zayn al-Âbidîn, علي  زين العابدين le calife fera plusieurs campagnes au Khorasan et à Médine, toujours vainement

La tolérance des Abbassides envers les populations non arabes permit l'expression des arts. En Perse, un mouvement contre la prééminence arabe se développa, la « chu`ûbîya » proclamant la supériorité de la culture persane sur la culture arabe.

Beaucoup de non arabes se convertissaient à l'islam, bien que le califat ne l'encourageât pas car c'était une perte de recettes fiscales : les musulmans ne payaient pas l'impôt personnel جزية Jizya auquel étaient soumis les sujets non musulmans  ذمّي dhimmis, les gens du Livre  اهل الكتاب, Ahl al-kitâb, juifs et chrétiens,. Au cours du règne de Al-Mansûr la proportion de musulmans dans la population doubla presque, passant de 8 % à 15 %.

Il construisit Bagdad et en fit sa capitale. Il fut le premier souverain arabe à s'intéresser aux sciences.

21

Al-Mahdi

المهدي

Muhammad al-Mahdî ben `Abd Allah al-Mansûr 

 محمد المهدي بن عبد الله المنصور
(746 - 4 août 785)

7 octobre
775
4 août
785

Al-Mahdî poursuivit la mise en place de l'administration abbasside en créant de nouveaux ministères (dîwân) : celui de la guerre, la justice et les finances. Les juges (qâdi) furent rémunérés et certaines lois contre les non arabes furent abolies.

Al-Mahdî maintenait une politique religieuse assez rigoureuse, il poursuivit les dualistes (zindiq). Pouvaient être accusés de dualisme les convertis zoroastriens, surtout chez les persans, mais aussi les soufis. Al-Mahdî déclara que le calife n'était pas seulement un souverain, mais qu'il était de son devoir de définir l'orthodoxie religieuse afin de maintenir la cohésion de la communauté des croyants (umma). Ce nouveau pouvoir sera lourd de conséquences sous le règne de Al-Mâ'mûn, puisqu'il s'en inspire et instaure une inquisition contre les partisans du coran incréé (mihna).

Il fait assassiner en prison le septième imâm chiite Mûsâ al-Kâzim ben Ja`far

22

Al-Hadi

الهادي

Al-Hâdî Mûsâ ibn al-Mahdî

الهادي موسى بن المهدي
(766 - 786)

4 août
785
786

C’est sous le règne de Hâdî que des lettrés auraient essayé d’écrire un livre aussi parfait que le Coran. Ayant échoué dans leur tentative, la thèse de l'inimitabilité et de la perfection littéraire du Coran s’est trouvé confortée.

Dogme de l'inimitabilité du Coranإعجاز iʿǧāz

sourate 17  الإسراء الإسراء le Voyage Nocturne verset 88

قُل لَّئِنِ اجْتَمَعَتِ الإِنسُ وَالْجِنُّ عَلَى أَن يَأْتُواْ بِمِثْلِ هَـذَا الْقُرْآنِ لاَ يَأْتُونَ بِمِثْلِهِ وَلَوْ كَانَ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ ظَهِيراً

Dis-leur : «Si les hommes et les djinns se concertaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient y parvenir, même s'ils se prêtaient mutuellement assistance.»

Qoul la-ini ijtamaεati al-insou wa alJinnou εala an yatou bimithli hatha al Qu'rani la yatouna bimithlihi walaw kana baεdouhoum libaεdin thahiran

Sous son règne s'est aussi développée une contestation religieuse radicale professant le manichéisme (zindiq) Al-Mahdî en avait fait périr un certain nombre, al-Hâdî poursuivit les persécutions. Il abandonna également la modération de son père à l’endroit des ʿAlides. Une révolte ʿalide à Médine déboucha sur le massacre de Faḫḫ (Hégire169 soit 786). D’autres révoltes eurent lieu en Égypte et en Iraq au cours de son règne, mais la question principale resta celle de sa succession. Il tenta d’obtenir de Hārūn, conseillé par Yaḥyā al-Barmakī, qu’il renonçât à son droit sur le trône. Celui-ci ayant refusé, il fut jeté en prison, et menacé d’un sort bien pire quand, en 170-786, al-Hādī mourut soudainement, laissant une réputation de dirigeant énergique et brutal, jouisseur. Sa seule réalisation durable fut peut-être l’amélioration des services financiers de l’administration centrale.

23

Haroun ar-Rachid

هارون الرشيد

Hâroun ar-Rachîd ben Muhammad ben al-Mansûr

هارون الرشيد بن محمد بن المنصور

(763-809)

14 septembre
786
24 mars
809

Il se débarrassa des vizirs et des gouverneurs de Al-Hâdî pour les remplacer par des hommes de son choix. Son principal vizir fut Yahyâ ben Khâlid.

En 788 un petit-fils de Hassan ben AliYahyâ s'insurgea dans le Tabaristan, son frère Idrîs (survivant de la Bataille de Fakh) s'était enfui à Walili Meknès(Maroc) où il parvint à créer un royaume et une dynastie (Idrissides). Hârûn envoya une armée de 50 000 hommes. Il traita avec le rebelle qui fut accueilli avec les honneurs à Bagdad. Yahyâ s'étonna de cette

réception, mais cinq mois après Hârûn le fit mettre en prison et le tortura à mort.

Hârûn ar-Rachîd a eu deux épouses. On lui prête un harem ayant compté jusqu'à 2 000 femmes :

  • 1er épouse Zubayda زبيدة fut la femme la plus puissante de son temps. Elle était la petite-fille du khalife Al-Mansour, et une cousine d'Hârûn ar-Rachîd. Elle mourut en 831 pendant le règne d'Al-Ma'mûn.
  • 2è épouse 'Umm al-`Azîz أم العز

Il a treize fils, dont onze sont des fils de mères esclaves, et quatre filles

24

Al-Amîn (l'honnête le fidèle)

أميد

Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ben Hārūn ar-Rašīd 

أبو عبد الله محمد بن هارون الرشيد
(mort le 1er septembre 813)

24 mars
809
1er septembre
813
assassiné

Al-Amîn avait la réputation d'être dissipé, se complaisant dans la compagnie de poètes et de courtisans : « La cour comprenait sept mille eunuques noirs et quatre mille blancs ». En revanche de son côté Al-Mamûn savait se faire apprécier de ses sujets

 Le 1er septembre 813, le palais fut pris d'assaut par les troupes de Al-Ma'mûn. Al-Amîn fut décapité, sa tête, le sceptre et le manteau du Prophète ainsi que l'anneau du califat furent envoyés à Al-Ma'mûn. À titre posthume Al-Amîn fut surnommé Al-Makhlû` المخلوع, le déchu. Deux des fils de Al-Ma'mûn et leur mère qui étaient détenus par Al-Amîn partirent rejoindre leur père. Les fils de Al-Amîn furent faits captifs et envoyés à Al-Ma'mûn

25

Al-Ma’mūn « en qui on a confiance ; loyal »

مأمون

Abû al-`Abbâs al-Ma'mûn `Abd Allah ben Hârûn ar-Rachîd

أبو العباس المأمون عبد الله بن هارون الرشيد
(13 septembre 786 - 10 août 833)

1er septembre
813
10 août
833

Le règne d'Al-Ma'mûn fut une grande réussite sur le plan culturel. Le calife s'est particulièrement intéressé au travail des savants, surtout de ceux qui connaissaient le grec. Il avait réuni à Bagdad des savants de toutes les croyances, qu'il traitait magnifiquement et avec la plus complète tolérance. Il fit venir de Byzance des manuscrits ; il posa comme condition de paix avec l'empire byzantin la remise d'une copie de l'Almageste.

Féru d'astronomie, il créa en 829, dans le quartier le plus élevé de Bagdad, près de la porte Chammassiya, le premier observatoire permanent au monde, l'Observatoire de Bagdad, permettant à ses astronomes, qui avaient traduit le Traité d'astronomie du grec Hipparque, ainsi que son catalogue d'étoiles, de surveiller méthodiquement le mouvement des planètes. Il mena deux expériences astronomiques destinées à déterminer la distance d'un degré de latitude terrestre. En reconnaissance de ces travaux, un cratère lunaire porte son nom, Almanon.

De son séjour en Asie centrale, il avait ramené avec lui les trois fils de موسى بن شاكر Mûsâ ben Shâkir, ancien brigand, devenu astronome et compagnon du futur calife. À la mort de leur père, il fit donner aux trois frères dont il était devenu le tuteur, Muhammad, Ahmad et Hasan, une solide formation dans les sciences appliquées et leur octroya une somme considérable pour fonder en 832 et diriger à Bagdad la Maison de la sagesse.  بيت الحكمة bayt al-ḥikma.

Le grand mathématicien Muhammad Ibn Mūsā al-Khuwārizmī  محمد بن موسى الخوارزمي passa la plus grande partie de sa vie à Bagdad, sous le patronage du calife Al-Ma'mûn. Il traduisit en arabe, avec ses collègues, les manuscrits grecs de Byzance réunis dans la bibliothèque fondée par le calife au sein de la Maison de la Sagesse, et étudia à partir de ceux-ci la géométrie, l'algèbre et l'astronomie

26

al-Muʿtaṣim bi-Llāh, "

celui qui est sous la protection de Dieu"

 معتصم بالله

 abū ʾIsḥāq al-Muʿtaṣim bi-Llāh 'Abbas ibn Hārūn ar-Rašīd

أبو إسحاق “المعتصم بالله” عباس بن هارون الرشيد
(794 - 5 janvier 842)

10 août
833
5 janvier
842

Son règne est marqué par la fondation d'une nouvelle capitale abbasside : Samarra.

Al-Mu`tasim a résidé à Bagdad deux mois et s'est résolu à changer de résidence. Il aimait les Turcs et en avait pris de nombreux à son service. Ces soldats parcouraient la ville en galopant pour aller s'entrainer au tir en dehors des murs. Al-Mu`tasim eut l'occasion d'entendre les plaintes des habitants. Il décida de quitter Bagdad avec la cour et ses esclaves. Il laissa son fils comme gouverneur de Bagdad et résida sous une tente à Samarra jusqu'à la fin de la construction du palais

Al-Mu`tasim s'était fait faire une saignée le vendredi . Il contracta une fièvre et il est mort le jeudi  des suites de cette maladie

27

al-Wāṯiq bi-Llāh

 Celui qui fait confiance à Dieu

واثق بالله

Abū Jaʿfar Hārūn ben Muḥammad al-Muʿtaṣim

أبو جعفر هارون بن محمد المعتصم
(812 - 847)

5 janvier
842
847

Sous son règne le mutazilisme reste la doctrine officielle et le tribunal inquisitorial créé par Al-Ma’mūn et chargé du contrôle de l'orthodoxie religieuse : la محنة خلق القرآن‎ Miḥnat Ḵẖalaq al-Qurʾān «épreuve [concernant] la création du Coran » est restée en fonction

Il est mort après être resté trop longtemps dans une étuve trop chaude, alors qu'il avait déjà utilisé ce procédé pour soigner son hydropisie

28

Jafar al-Mutawakkil

المتوكل

qui fait confiance (à Dieu)

جعفر المتوكل

Ja`far al-Mutawakkil ben al-Mu`atasim bi-llâh ben Hârûn ar-Rachîd

جعفر المتوكل بن المعتصم بالله بن هارون الرشيد


(821 - 11 décembre 861)

847 11 décembre
861
assassiné

À l'inverse de son père et de son frère, Al-Mutawakkil n'est pas connu pour son intérêt pour les sciences et les arts, mais pour son désir de magnificence et son goût de bâtisseur. On lui doit la construction de la grande mosquée de Samarra qui fut en son temps la plus grande du monde. Al-Mutawakkil avait tendance à se mêler de controverses religieuses ce qui s'est traduit par son attitude à l'égard de certaines minorités. Son père s'était montré tolérant à l'égard des imams chiites qui prêchaient à Médine, Al-Mutawakkil a poursuivi cette politique pendant les premières années de son règne. La réputation d'`Alî al-Hadî allait grandissante, aussi le gouverneur de Médine, `Abd Allah ben Muħammad, se sentit obligé d'en avertir le calife suggérant qu'un coup d'État était en train de se préparer. Al-Mutawakkil invita l'imam à venir à Samarra, une invitation telle qu'on ne peut la refuser. À Samarra l'imam a été mis en résidence surveillée et espionné. Al-Mutawakkil n'a fait aucun autre acte de répression contre l'imam. C'est son successeur qui peu après sa mort a fait empoisonner l'imam et a mené une politique répressive contre les chiites.

Les actions contre les chiites ne se sont pas limitées à la résidence surveillée d'`Alî al-Hadî. Al-Mutawakkil a fait raser les tombeaux d'Hasan et d'Husayn, puis labourer le sol et y semer du blé. Il menaçait d'emprisonnement les pèlerins qui voulaient visiter les mausolées de Karbala. D'un autre côté il affichait un grand respect pour les premiers califes, y compris les omeyyades, ce qui lui valait le soutien des Syriens.

Al-Mutawakkil avait une dévotion personnelle pour l'étude de la sunna. Il s'est ensuivi qu'au cours de son règne le mutazilisme installé par Al-Ma’mūn a été renversé. La question du caractère divin et incréé ou non, du Coran a été résolue en adoptant la position traditionnelle sunnite.

29

Al-Muntasir

المنتصر

le Triomphant

Abû Ja`far “al-Muntasir bi-llah” Muhammad ben Ja`far

أبو جعفر "المنتصر بالله" محمد بن جعفر
(837 - 8 juin 862)

11 décembre
861
8 juin
862
Al-Muntasir a été loué parce que, contrairement à son père, il aimait les  , les Gens de la Maison du Prophète Muhammad  أهل البيت Ahl al-Bayt et a supprimé l’interdiction de visiter les tombes de Hassan et Hussein.
30

Al-Musta`in

المستعين

Abû al-`Abbâs "al-Musta`in bi-llah" Ahmad ibn Muhammad ibn `Abbâs al-Mu`tasim

أبو العباس "المستعين بالله" أحمد بن محمد بن عباس المعتصم


(836 - 866)

8 juin
862
866
destitué

Les arabes de Bagdad n'ont pas été d'accord avec le choix d'Al-Musta`in comme calife. Il y eut un mouvement de révolte que les troupes Turques et Berbères eurent tôt fait de réprimer. Les Arabes ont été ainsi informés que le pouvoir n'était plus en leurs mains mais dans celles des vizirs turcs.

Au début de 866, après des tractations et des manœuvres, Al-Musta`in a abdiqué en faveur de'Al-Mu`tazz, quant à lui–même il recevrait un revenu suffisant et irait à Médine. Al-Musta`in a dû se rendre à Samarra pour rendre hommage à Al-Mu`tazz où il ratifia les termes de leur accord.

À cette occasion Al-Mu`tazz et ses frères ont été maltraités par les Turcs. Le vizir qui s'est interposé en leur faveur a été remercié en étant spolié de tous ses biens et exilé en Crête.

Al-Musta`in fut destitué et contraint de se réfugier à Bagdad en 866. À son retour à Samarra, après avoir abdiqué, ses gardiens l'ont décapité alors qu'il se prosternait pour la prière. Il a été enterré à côté d'Al-Muntasir
31

Al-Mu`tazz

المعتز

Abû `Abd Allah “al-Mu`tazz bi-llah” Muhammad ibn Ja`far al-Mutawakkil

أبو عبد الله “المعتز بالله” محمد بن جعفر المتوكل


(847 - 869)

866 869
assassiné

À la mort de son frère parricide Al-Muntasir, les vizirs turcs devenus les véritables maîtres de l’empire abbasside, lui avaient préféré son cousin Al-Musta`in. C'est au cours d'une révolte à Bagdad que les Turcs sont allés rechercher Al-Mu`tazz pour le mettre sur le trône (866).

À Samarra chaque parti jalousait l'autre. Les Turcs, les plus nombreux s'opposaient à ceux de l'Ouest : Berbères et Maures tandis que les Arabes et les Persans les haïssaient tous en bloc. Al-Mu`tazz n'était ainsi entouré que de gens prêts à comploter les uns contre les autres et contre lui.

Al-Musta`in avait été déposé et était supposé trouver refuge à Médine. Au lieu de cela il a été retenu à Wâsit. Il fut emmené par Ahmad ibn Tulun chez un meurtrier qui se chargea de l’assassiner en compagnie de son épouse. Al-Mu`tazz a donné 500 pièces d’or comme récompense au meurtrier

La politique extérieure d’Al-Mu`tazz est aussi mauvaise que sa politique intérieure

Fin de Règne: Le salaire de l'armée n’était pas versé, les caisses de l’état étaient de nouveau vides. Salih, le fils de Wasif, a saisi les secrétaires personnels d'Al-Mu`tazz et les ministres. Il a exigé l'argent détourné ou caché par eux. Puisqu’il n'y avait pas de réponse et un trésor vide, ils ont été mis aux fers.  Salih et Musa fils de Bogha avec l’aide Baykibal sont conduits à organiser la déchéance d’Al-Mu`tazz. Entourés d’une foule tumultueuse, ils se sont assis devant les portes du Palais demandant au calife d’en sortir. Le calife les fit entrer sans se méfier. Ils sont entrés, ils ont battu le calife à coups de bâtons et à coups de pieds, le traînant à l'extérieur. Puis il a été emprisonné trois jours sans boire ni manger de sorte qu'il en est mort à l'âge de trente-quatre ans en 869

32

Al-Muhtadi

المهتدي

Abû Ishâq al-Muhtadî bi-llah Muhammad ben Hârûn al-Wâthiq

أبو إسحاق المهتدي بالله محمد بن هارون الواثق

(mort en juin 870)

869 juin
870
assassiné

Al-Muhtadî est l'otage des troupes turques qui l'ont mis sur le trône. Il a été choisi parce qu’il semblait peu assuré et que cela servait leur projet. S'il avait été calife plus tôt, étant moins inconsistant que ses prédécesseurs, il aurait sans doute pu remettre l'empire sur pied, mais les Turcs avait pris trop de pouvoir pour qu'il puisse le faire. Le peuple de Bagdad prit parti pour Abû Ahmed, fils d’Al-Mu`tazz. L’argent de Samarra apaisa le peuple.

Retour à la vertue

Sous son règne les chanteuses, les musiciens, les jeux et le vin ont été bannis de la cour. La justice est rendue rapidement et en public. Il avait pour modèle le calife omeyyade `Umar ben `Abd al-`Azîz.

Lors de la chute d’Al-Mu`tazz, Salih le fils de Wasif ne tarda pas à se débarrasser des courtisans qui s’étaient engraissés pendant le règne précédent. Les secrétaires ont été emprisonnés et fouettés, deux en sont morts.

Qabîha, قبيحة, "affreuse" la mère d’Al-Mu`tazz s’était enfuie de Samarra avec ses richesses. Elle a été reprise et elle a avoué posséder plus d’un million de pièces d’or.

33

Al-Mu`tamid

المعتمد

qui a confiance (en Dieu)

Abû al-`Abbâs “Al-Mu`tamid bi-llah” Ahmad ben Ja`far al-Mutawakkil

أبو العباس “المعتمد على الله” أحمد بن جعفر المتوكل
(844 - octobre 892)

juin
870
octobre
892

Son règne est marqué par une stabilisation de l'empire du point de vue interne avec la fin de la révolte des esclaves du Zanj  ثورة الزنج Thawrat al-Zanj ainsi que de l'anarchie qui régnait dans la capitale à Samarra.

fin de règne : 

En 889, al-Mutamid est tombé avec son fils, Abu'l-Abbas, pour des raisons qui ne sont pas claires, et le fit après emprisonnée  Al-Muwaffaq aurait ensuite les deux années suivantes en campagne au Jibal.

Al-Mu`tamid ne reprend pas le pouvoir que lui avait pris Al-Muwaffak et il a même été contraint de déposséder son fils du titre de successeur présomptif, pour l'attribuer à Al-Muʿtadid.

Al-Mu`tamid est mort en octobre 892 après une nuit de beuverie qui l'a laissé ivre-mort.

34

Al-Muʿtadhid

المعتضد

Abû al-`Abbâs “al-Muʿtadhid bi-llah” Ahmad ben Tâha al-Muwaffaq ben Jaʿfar al-Mutawakkil

أبو العباس "المعتضد بالله" أحمد بن طلحة الموفق بن جعفر المتوكل
(857 - 902)

octobre
892
902

Comme son père, le pouvoir d'Al-Mutadid dépend largement de ses relations avec l'armée. Il les a forgées dans un premier temps à l'occasion des campagnes contre les Zanj avant de les renforcer dans les campagnes ultérieures qu'il mène en personne. De tous les califes abbassides, Al-Mutadid est le plus actif militairement. Par son énergie et son habileté au pouvoir, il parvient à restaurer le pouvoir des Abbassides sur des provinces perdues lors des troubles des décennies précédentes.

En dépit de ses succès, le règne d'Al-Mutadid est trop court pour avoir un effet durable sur le destin du califat. Plus encore, le renouveau abbasside qu'il promeut dépend trop de sa personne et, plus largement, de la présence d'un calife compétent à la tête de l'Etat.

Al-Muta`did a été un prince courageux et énergique. Il a été tolérant envers les descendants d’`Alî. Il ne s’est pas opposé aux aides financières que l’émir du Tabaristan leur envoyait. Il aurait cependant préféré que ce soit fait ouvertement.

Il a été moins juste avec les descendants des Omeyyades. Il prononçait l’anathème contre eux au cours des prières publiques. Il avait un registre contenant le récit de tous leurs méfaits et interdisait que l’on fasse la moindre mention favorable à leur égard.

Al-Muta`did a été aussi cruel dans ses punitions. Certaines n’ont pas été dépassées en cruauté par ses successeurs. Un Zendj qui avait été pardonné a été repris pour des trafics avec l’armée. Il a été ligoté sur poteau et roussi au feu, puis descendu pour être décapité et son cadavre empalé sur le grand pont de Bagdad. Le chef des Kharidjites de Mossoul, qui était tombé aux mains du calife par trahison, fut exhibé dans Bagdad vêtu d’une robe de soie (Les kharidjites considèrent que porter des vêtements de soie est une faute) et il a été crucifié. Un autre a été dépecé vivant « comme un mouton ».

Après un règne de près de dix années Al-Muta`did est mort. C'est Al-Muktafi, le fils qu'il a eu d'une esclave turque, qui lui a succédé.

35

Al-Muktafi

المكتفي بالله, 

Satisfait par Dieu

Abû Ahmad “al-Muktafî bi-lah” ʿAlî ben Ahmad al-Muʿtamid


(878 - 908)

902 14 août
908

Le premier problème qu’il eut à affronter est l’insurrection des Qarmates القرامطة al-qarāmiṭa un courant dissident du التشيع الإسماعيلي chiisme ismaélien refusant de reconnaître le fatimide  عبيد اللّه المهدي بن الحسين  Ubayd Allah al-Mahdî ibn Huseincomme imam, qui avait débuté pendant le règne précédent.

Les armées impériales étaient engagées en Égypte. En 902, des qarmates, sous le commandement de Zikrawayh  ذكرويه ont conquis quelques villes du Nord de la Syrie (Alep, Homs, Hama). Le calife abbasside les a vaincus.

Un autre meneur appelé « l’homme à la chamelle الرجل مع الجمل al rajul maε al jamal » attaqua Damas, il fut tué pendant l’assaut. Un autre se prétendant Mahdî المهدي, « personne guidée (par Dieu) terrorisa une partie de la Syrie, il fut exécuté en 904.

Zikrawayh est entré dans Koufa le . Il a organisé le pillage des caravanes revenant du pèlerinage à La Mecque

fin de règne : Al-Muktafi était retenu dans son lit depuis plusieurs mois à cause d'une maladie. Il a alors pensé à sa succession. Il avait le choix entre son puiné et un des fils d'Al-Mu`tazz. Le Vizir dans l'espoir d'avoir plus d'influence sur un enfant, a appuyé le choix d'Al-Muqtadir alors qu'il n'avait que treize ans au moment de prendre la succession 908

36

Al-Muqtadir

المقتدر, 

puissant (par la grâce de Dieu)

Abû al-Fadhl "al-Muqtadir bi-llah" Ja`far ben Ahmad al-Mu`tamid

أبو الفضل "المقتدر بالله" جعفر بن أحمد المعتضد

(895 - 31 octobre 932)

14 août
908
31 octobre
932
assassiné

Son règne de vingt-cinq ans va compter le nombre record de treize vizirs successifs. L'un suivant la chute ou le meurtre du précédent, interdisant toute continuité politique.
Selon l'auteur musulman as-Rashid, celui-ci possédait plus quatre mille eunuques slaves et trois mille eunuques noirs

La guerre avec les Byzantins durait depuis plusieurs années en Anatolie. Cette guerre provoquait de lourdes pertes, plus encore du côté des musulmans dont un grand nombre étaient faits prisonniers. Mu'nis est chargé par Al-Muqtadir d'offrir 120 000 pièces d'or pour le rachat des prisonniers.

Cette abdication devant les infidèles et des pertes similaires en Perse a provoqué la colère du peuple. Les désordres dans la capitale ont augmenté d'autant qu'on disait que le calife n'en avait cure et préférait passer son temps au milieu des musiciens et des danseuses. On a même lancé des pierres pendant la prière du vendredi sur l'imam lorsqu'il prononçait le nom du calife.

En 929, Al-Muqtadir a été de nouveau la victime d'un coup d'État. Les courtisans les plus influents l'ont forcé à abdiquer en faveur de son frère cadet Al-Qahir. Après des émeutes est la perte de centaines de vies. L’Hamdanide حمدانيون ; Ḥamdāniyyūn Abu al-Hayjaابو الهيجاء a participé à cette tentative de coup d'État. Il est mort en défendant Al-Qahir. Mu'nis a remis Al-Muqtadir sur le trône pour la seconde fois.

En dépit de la rigueur des impôts, les caisses de l'empire étaient vides : on ne pouvait même pas payer la garde de la ville. Une bataille entre la cavalerie et l'infanterie se conclut par la destruction de l'infanterie. La majorité des fantassins ont été tués et les autres expulsés hors de la ville. La situation est devenue très mauvaise.

Mu'nis, en lutte contre les Vizirs, s'est retiré à Mossoul. Al-Muqtadir lui a demandé de revenir, ce qu'il a fait.

fin de règne : Le calife, manipulé par les courtisans, a été convaincu que son fidèle soutien ne revenait que pour le destituer, mais peut-être Mu'nis avait-il réellement changé de camp venant à Bagdad avec l'appui des Hamdanides حمدانيون ; Ḥamdāniyyūn  qui avaient déjà soutenu Al-Qahir القاهر, l'irrésitible.

Al-Muqtadir sortit de son palais revêtu du manteau de Muhammad, portant l’épée Dhû'l-fiqâr  ذو الفقار, celle qui a l'épineet son sceptre, pour arrêter Mu'nis. Le calife fut tué hors des murs de la ville (932).

37

Al-Qahir

القاهر,

 l'irrésitible

Abû al-Mansûr « al-Qâhir bi-llâh » Muhammad ibn Ahmad al-Mu`tadid

أبو المنصور "القاهر بالله" محمد بن أحمد المعتضد


(899 - 951)

31 octobre
932
934
destitué

Sous des apparences de piété il cachait une grande cruauté. Il fit torturer la mère, les enfants et les proches d'Al-Muqtadir, pour prendre leur fortune.

Plus faible encore que son frère, Al-Qâhir dépendait complètement de l'émir Mu'nis et des vizirs. Mu'nis organisa une conspiration pour le contraindre à l'abdication. La conspiration ayant été découverte, le grand émir fut assigné à résidence dans ses appartements (933). Le malheureux prétendant à sa succession fut emmuré vivant. Mu’nis et les membres de la conspiration furent décapités.

Al-Qâhir devint alors complètement tyrannique aussi bien envers les ennemis que les amis, rendant son règne insupportable. Lors d'une nouvelle conspiration, le calife fut pris la nuit dans son palais alors qu’il était enivré. Ayant refusé d'abdiquer, les insurgés lui crevèrent les yeux et l'emprisonnèrent (934).

38

Ar-Râdhî

الراضي, celui qui se soumet (à Dieu)

Abû al-`Abbâs "ar-Râdî bi-llâh" Muhammad ben Ja`far al-Muqtadir

أبو العباس "الراضي بالله" محمد بن جعفر المقتد
(907 - 940)

934 940

Apprécié pour sa piété, Ar-Râdî a été le jouet de ses vizirs. Dépourvu de ressources financières il est tombé aux mains d'un efficace mais cruel gouverneur, Muhammad ben Râ'iq3 pour lequel Ar-Râdî va inventer pour lui en 936 le titre d'« Émir des émirs ». Ibn Râ'iq va devenir le véritable maître de l'empire et son nom était cité avec celui du calife lors des prières publiques. Pour combattre les volontés d'indépendance des gouverneurs régionaux, Ibn Râ'iq s'est adjoint Bajkam (ou Bejkem) , un commandant originaire du Daylam  ديلام désigne les régions du sud et de l’ouest de la Mer Caspienne et sa horde turque. Après deux ans de machinations, ce groupe est devenu insupportable. Ibn Râ'iq a décidé à renverser Bajkam. Bajkam devance son adversaire en entrant dans la ville avec ses troupes. Ibn Râ'iq disparaît et Bajkam prend sa place (938).

Durant ce règne le fanatisme et l'intolérance ont pris le dessus. Les Hanbalites  المذهب الحنبلي‎,  al-maḏhab al-ḥanbalī soutenus par une grande partie de la population, ont imposé leurs règles. Les instruments de musique sont détruits, les navires transportant du vin sont vidés, instituant une sorte d'inquisition. Un éminent chiite, professant la métempsycose a été arrêté, empalé et brûlé. Un autre savant professant une autre lecture du Coran a dû se rétracter par écrit et s'est enfui de Bagdad pour ne pas être pris à partie par la foule déchaînée.

Ar-Râdî est mort à trente-trois ans en 940. On considère assez souvent qu'il est le dernier véritable calife abbasside et le dernier à remplir toutes les fonctions de sa charge comme :

  • Faire le sermon du vendredi.
  • Discuter avec les philosophes et les savants des affaires religieuses ;
  • Tenir conseil sur les affaires de l'État ;
  • Distribuer de l'aide pour les nécessiteux ;
  • S'interposer pour tempérer la sévérité excessive de certains officiers ;

Malgré cela il fut le plus dépendant de tous. Tous ces actes n'étaient que formels, car il était sans pouvoir.

39

Al-Muttaqi

المتقي لله

qui a la crainte de Dieu

Abû Ishâq “Al-Muttaqî llâh” Ibrâhîm ben Ja`far al-Muqtadir

أبو إسحاق "المتقي لله" إبراهيم بن جعفر المقتدر
(908 - 968)

940 944
destitué

  frère cadet d' Ar-Râdî. Al-Muttaqî par l'intermédiaire de Bajkam a accepté la charge, En signe de remerciement son premier geste a été d’envoyer une bannière et une robe d’honneur à Bajkam, qui fut tué par une bande de maraudeurs Kurdes . Après quelques semaines il a été contraint de s’enfuir, remplacé par un Daylamite appelé Kurtekin. La tyrannie de ce dernier a été telle que le calife a fait appel à Ibn Râ’iq gouverneur de Syrie pour chasser Kurtekin.

Réfugié à Raqqa depuis plusieurs mois sous la surveillance des Hamdanides, Al-Muttaqî a fait appel à son ancien vassal l’Ikhchidîde Muhammad ben Tughj. Celui-ci s’est empressé de répondre au calife, faisant une humble allégeance et offrant de somptueux cadeaux. Il a offert au calife la possibilité de se réfugier en Égypte et de se mettre ainsi à l’abri de Tuzun. Cette offre comme celle des Hamdanides avait surtout comme objectif de prendre le pouvoir sur le califat et annexer la Syrie.
Fin du règne
En refusant ces deux offres de tutelle, Al-Muttaqî s’est lui-même jeté dans les mains de Tuzun qui jurait de ses meilleures intentions à l’égard du calife. Tuzun déposa le calife et lui fit crever les yeux. Le jour même, Tuzun installa Al-Mustakfi cousin d’Al-Muttaqî pour lui succéder (944).
Tuzun est mort peu après. Al-Muttaqî a survécu jusqu’en 968

Les Hamdanides qui ont organisé une campagne visant remettre Al-Muttaqî sur le trône à Bagdad.

40

Al-Mustakfi

المستكفي

Abû al-Qâsim al-Mustakfî bi-llâh `Abd Allâh ben `Alî al-Muktafî

أبو القاسم "المستكفي بالله" عبد الله بن علي المكتفي


(905 - 950)

944 946
destitué

 

Fin de règne :en janvier 946, l’émir a organisé une réception en l’honneur d’une ambassade venant de l’Est dans le palais du calife. Al-Mustakfî s'est assis à côté de l’émir. Deux Daylamites se sont précipités au-devant du calife pour lui serrer la main. Le calife ne suspectant rien la leur a tendue. Les Daylamite l’ont saisi, ligoté avec leurs turbans et trainé jusqu’au palais de l’émir où on l’a rendu aveugle. L’émir a fait couper la langue de l'organisatrice de cette rencontre piège. Le palais du calife a été pillé jusqu’à ce qu’il ne reste que des murs nus.

La succession d’Al-Mustaqfî est allée à son cousin Al-Muti' المطيع Ce dernier attendait depuis longtemps l’occasion de parvenir au califat et haïssait son prédécesseur. Lorsque les Bouyides ont envahi Bagdad il s’était mis à leur disposition. Cette soumission ne lui a pas valu d’être mieux traité : il n’avait même pas la possibilité de choisir les vizirs.

41

Al-Muti

المطيع 

Abû al-Qâsim "al-Mutî` llâh" al-Fadhl ben Ja`far al-Muqtadir

أبو القاسم "المطيع لله" الفضل بن جعفر المقتدر 
(914 - 975)

946 974
abdication

En janvier 946, l’émir Bouyide Ahmad Mu`izz ad-Dawla معز الدولة, devenu le maître de Bagdad, organisa un guet-apens contre Al-Mustakfi au cours d'une réception. On s'empara de lui et on l'a rendu aveugle4. Abû al-Qâsim al-Fadhl ben Ja`far, qui haïssait son cousin et s'était mis à la disposition des Bouyides dès la prise de Bagdad, fut nommé calife à sa place sous le nom d'Al-Mutî`. Les Bouyides le traitèrent sans égard : On ne le consultait même pas pour nommer les vizirs.

Durant son règne, les Bouyides البويهيون, al-buwayhiyyūn, (dynastie chiite qui règne en Perse et dans l'Irak-Adjémi جبل Jibâl aux 9è et 11è siècles, de 945 à 1055.) tentèrent d’imposer les pratiques chiites. Par exemple, le jour de l’Achoura عَاشُورَاء, le 10è jour du mois de  mouharram محرم on devait célébrer le souvenir de la mort de Husayn. De même le 18 dhu-l-Hijja5, on devait célébrer la désignation d’`Alî comme successeur du prophète. Un jour, on fit afficher sur les murs de toutes les mosquées de la ville un placard maudissant les trois premiers califes ainsi qu'ʿĀʾisha bint Abī Bakr`عائشة بنت أبي بكر troisième épouse  du Prophète. La population de Bagdad se révolta et ces affiches furent déchirées au cours d’une émeute..

Après treize ans de règne, le calife a souffert de paralysie et a été obligé d’abdiquer en faveur de son fils `Abd al-Krîm, qui devint calife sous le nom d’At-Ta'i (974). Il est mort un an plus tard, en 975.

42

At-Ta'i

الطائع

Abû Bakr `Abd al-Karîm at-Tâ'i`bi-llah

أبو بكر عبد الكريم الطائع بالله
(932 - 1001)

974 991
destitué

Après dix-sept ans de règne At-Ta’i` contraint d’abdiquer pour cause de paralysie, en 974. Il est amené à abdiquer en 991. Démis de ses fonctions et emprisonné. Ses biens accaparés par les vizirs. Les vizirs bouyides mettent sur le trône son cousin Al-Qadir, fils d'Al-Muttaqi. At-Tâ'i` est mort dix ans plus tard en 1001.

43

Al-Qadir

 القادر, 

celui qui est capable (par la grâce de Dieu)

Abû al-`Abbâs al-Qâdir bi-llah Ahmad ben al-Muqtadir

أبو العباس القادر بالله أحمد بن المقتدر

(947 - 1031)

991 1031

Au début de son règne al-Qâdir semblait satisfaire les Bouyides en étant le calife docile qu'ils souhaitaient avoir. Il semblait même soutenir l'orientation chiite , شیعه šīʿah de ses tuteurs.

Bien qu'entouré de menaces chiites de tous les côtés, Al-Qâdir avait le soutien des Turcs sunnites Ghaznévides à l'Est et plus tard des Seldjoukides سلجوقيان ;  Selçuklu. au Nord.

En 1004, aI-Qâdir refusa de nommer grand-cadi  قاضي  « juge » et président du tribunal des Habous الحبوس institution du droit musulman , celui que l'« émir des émirs » Baha' ad-Dawla Firuz بهاء الدولة فيروز présentait. En 1011, alors que le soutient aux Fatimides  appelés « Obeydides  بنو عبيد / banū ʿubayds e développait de façon considérable au sein même de son califat, il ordonna la rédaction du Manifeste de Bagdad , un document, rédigé par un certain nombre de généalogistes sunnites سني sunnīy et duodécimains اثنا عشرية, Ithnā'ashariyya, qui remettait en cause l'appartenance des Fatimides aux ahl al-bayt أهل البيت, les gens de la maison (la famille élargie du Prophète Muhammad), leur attribuant plutôt une ascendance juive. En 1018, il fit donner lecture solennelle d'une « profession de foi », appelée de son nom la « Risâla al-qâdiriya », par laquelle il faisait du hanbalisme الحنبلي al-ḥanbalī, la doctrine officielle. Ainsi il condamnait les doctrines chiites mais aussi le Mutazilisme المعتزلة‎ al-muʿtazilah ainsi que l'Acharisme الأشعرية al-ʾAšʿarīyya ou أشاعرة, ʾašʿarīa. En 1029, il décida de la « fermeture de la porte de l'ijtihad  اِجْتِهاد, effort de réflexion» (interprétation novatrice des textes fondateurs de l'islam). Dans les siècles qui suivirent cette décision, les ouléma ne feront généralement que répéter ce que leurs prédécesseurs ont dit, en y adjoignant quelques ajouts plus ou moins superflus.

44

Al-Qa'im

القادر, 

inébranlable (grâce à la volonté de Dieu)

Abu-Jàfar Abd-Al·lah Al-Qâ'im bi-'amr Allah ben al-Qâdir

أبو جعفر عبد الله القائم بأمر الله أبن أحمد القادر
(1001 - 1075)

1031 1075

Son père Al-Qâdir s'était pratiquement débarrassé de la tutelle des Bouyides adeptes du chiisme duodécimain et avait rétabli un sunnisme rigoureux basé sur l'hanbalisme avec l'aide des Turcs Ghaznévides غزنویان.

En 1031, Al-Qâ'im a nommé le chiite Al-Basâsiri commandant des troupes Turques en Irak.

En 1041, Al-Qa'im fit renouveler la proclamation de la « profession de foi » d'Al-Qâdir رسالة القديرية Risâla al-qâdiriya. Jusqu'en 1055, Al-Qa'im a pu tenir tête aux Bouyides en jouant de leurs divisions internes. Bagdad était souvent laissée sans souverain. Les Bouyides devaient souvent quitter la capitale pour défendre leurs frontières.

Al-Qâ'im qui était parvenu, au long d'une époque troublée, à défendre tant bien que mal l'institution califale mourut en 1075. Il eut pour successeur son petit-fils qu'il avait désigné lui-même 

45

Al-Muqtadi

المقتدي

Abû al-Qâsim "Al-Muqtadî bi-ʾAmr Allah" ʿAbd Allah ben Muhammad ad-Dakhîra ben ʿAbd Allah al-Qâ’im

أبو القاسم "المقتدي بأمر الله" عبد الله بن محمد الذخيرة بن عبد الله القائم

(1056 - 1094)

1075 1094

Son règne se déroule presque entièrement sous la tutelle du سلطان sultan Seljoukide سلجوقيان ; Selçuklu.Malik Chah 1er ملكشاه  et de son vizir وزیر wazîr fonctionnaire de haut rang Nizâm al-Mulk نظام‌الملک qui meurent tous les deux en 1092.

Le Sultan Malik Chah donne en mariage sa fille au Calife. Il espérait unir les deux lignées abbassides et seldjoukides. Le mariage fut stérile. L’épouse insatisfaite se retire à Ispahan. Le Sultan envisage d’éloigner le calife du centre du pouvoir en l’exilant à Bassora. Malik Chah meurt peu après cette décision

46 Al-Mustazhir
(1078 - 1118)
1075 1118 Black flag.svg
47 Al-Mustarchid
(1092 - août 1135)
1118 août
1135
assassiné
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48 Ar-Rachid
(1109 - 1138)
août
1135
1136
destitué
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49 Al-Muqtafi
(1096 - 1160)
1136 1160 Black flag.svg
50 Al-Mustanjid
(1124 - 1171)
1160 1170
destitué
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51 Al-Mustadhi
(1142 - 1180)
1170 1180 Black flag.svg
52 An-Nasir
(1158 - 1225)
1180 1225 Black flag.svg
53 Az-Zahir
(1176 - 10 juillet 1226)
1225 10 juillet
1226
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54 Al-Mustansir
(1192 - 5 décembre 1242)
10 juillet
1226
5 décembre
1242
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55 Al-Musta'sim
(1213 - 20 février 1258)
5 décembre
1242
20 février
1258
exécuté
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  Califat omeyyade de Cordoue.  الخلافة الأموية في قرطبة (756 - 1031)

 
  • En 750, les Omeyyades de Damas en Syrie sont détrônés par les Abbassides. Presque tous les membres de la famille sont massacrés. Le prince `Abd ar-Rahmân réussit à s'enfuir et gagne l'Espagne.
  • En 756, `Abd ar-Rahmân devient le premier émir  أمير omeyyade de Cordoue : `Abd ar-Rahmân Ier.
  • En 929, l'émir `Abd ar-Rahmân III prend le titre de Calife خَلِيفَة , créant un troisième califat qui affirme ainsi sa complète indépendance par rapport au califat abbasside et au califat fatimide.
  • À partir de 1016, le califat échappe en partie aux omeyyades, des Hammudites viennent s'intercaler dans l'ordre de succession, Le premier d'entre eux est `Alî ben Hammud an-Nâsir.
 Hammudites. سلطان
  • En 1031, Hichâm III est renversé par un complot de notables cordouans. Il a réussi à s’évader. Il meurt en exil en 1036, à Lérida, sous la protection des Houdides, n’ayant plus aucun pouvoir. C'est le début de l'Époque des taïfas.

Le mot « émir » peut signifier « prince » (« émira » désignant « princesse ») lorsqu'il désigne une personne régnant sur un territoire, ou « général » lorsqu'il désigne un commandant d'armée.

Le calife calife, khalife, ou caliphe (prononcé ḫalīf  est une romanisation de l'arabe khalîfa (ḫalīfat, خَلِيفَة, ), littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), terme dérivé du verbe khalafa (ḫalafa, خَلَفَ) signifiant « succéder », titre porté par les successeurs de Muhammad après sa mort en 632

  • Abd-ar-Rahman III (929–961)
  • Al-Hakam II (961–976)
  • Hisham II al-Hakam (976–1009)
  • Muhammad II (1009)
  • Sulayman ibn al-Hakam (1009–1010)
  • Hisham II al-Hakam, restored (1010–1013)
  • Sulayman ibn al-Hakam, restored (1013–1016)
  • Abd ar-Rahman IV (1021–1022)
  • Abd ar-Rahman V (1022–1023)
  • Muhammad III (1023–1024)
  • Hisham III (1027–1031)

Califat fatimide  الخلافة الفاطمية (910 - 1171)

 

Le califat fatimide est particulier car c'est le seul qui se réclame du chiisme.

  • En 881, ‘Ubayd Allah al-Mahdî devient le nouvel imâm des ismaéliens. Par crainte de la répression anti-chiite des abbassides, il s'enfuit de Syrie et se réfugie à Sijilmassa dans le Sud du Maroc. Avec une armée organisée par Abû Abd Allah, il conquit toute l'Ifriqiya mettant fin à 112 années de règne des Aghlabides.
  • Le 15 janvier 910, ‘Ubayd Allah al-Mahdî prend le titre de calife et de « commandeur des croyants » malgré l'existence du calife Abbasside. C'est alors la première fois que deux califes règnent au même moment.
  • En 969, Al-Muizz li-Dîn Allah conquiert l'Égypte. Il prend Al-Fustât le 7 juillet. Près de cette ancienne capitale, il fonde une nouvelle capitale qu'il nomme al-Qâhira (Le Caire), ce qui signifie « la Victorieuse ». Ils continue à étendre ses conquêtes jusqu'en Syrie et parvient à s'établir à Malte, en Sicile et à mettre temporairement un pied en Italie méridionale.
  • En 1009, Al-Hâkim ordonne la destruction de l'Église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Ce sera le prétexte pour le commencement des croisades
  • En 1171, Al-Adid est le 14e et dernier calife fatimide. Saladin annexe le territoire des Fatimides et règne en maître sur l'Égypte à la tête de la dynastie des Ayyoubides. il fait allégeance au calife abbasside Al-Mustadhi. Il n'y a plus qu'un seul calife : celui de Bagdad.
No  Nom Début du règne Fin du règne Bannière
1 ‘Ubayd Allâh al-Mahdî
11e imam ismaélien
(873 - 3 mars 934)
15 janvier
910
3 mars
934
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2 Al-Qâ'im bi-Amr Allah
12e imam ismaélien
(894 - 19 mai 946)
3 mars
934
19 mai
946
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3 Ismâ‘îl al-Mansûr Billâh
13e imam ismaélien
(915 - 953)
19 mai
946
953 Fatimid flag.svg
4 Al-Mu‘izz li-Dîn Allâh
14e imam ismaélien
(932 - 975)
953 975 Fatimid flag.svg
5 Abû Mansûr Nizâr al-‘Azîz Billâh
15e imam ismaélien
(mort le 13 octobre 996)
975 13 octobre
996
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6 Al-Hâkim
16e imam ismaélien, considéré comme occulté par les Druzes
(985 - 1021)
13 octobre
996
1021
disparu
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7 ‘Alî az-Zâhir
17e imam ismaélien
(20 juin 1005 - 13 juin 1036)
1021 13 juin
1036
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8 Al-Mustansîr bi-llâh
18e imam ismaélien
(5 juillet 1029 - 24 décembre 1094)
13 juin
1036
24 décembre
1094
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9 Al-Musta‘lî
19e imam ismaélien pour les Mustaliens, scission des Nizârites
(mort en 1101)
24 décembre
1094
1101 Fatimid flag.svg
10 Al-Amir bi-Ahkâm Allâh
20e imam ismaélien (mustalien)
(mort en 1130)
1101 1130 Fatimid flag.svg
11 ‘Abd al-Majîd al-Hâfiz
21e imam ismaélien pour les Mustaliens hâfizzi, scission des Tayyibi
(mort en 1149)
1130 1149 Fatimid flag.svg
12 Az-Zâfir
22e imam ismaélien (hâfizzi)
(mort en 1154)
1149 1154 Fatimid flag.svg
13 Al-Fâ’iz
23e imam ismaélien (hâfizzi)
(1149 - 1160)
1154 1160 Fatimid flag.svg
14 Al-‘Adîd
24e imam ismaélien (hâfizzi)
(mort en novembre 1171)
1160 novembre
1171
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Califat abbasside du Caire الخلافة العباسية في القاهرة (1262 - 1517)

  • En 1258, une partie de la famille abbasside a échappé au massacre perpétré par les Mongols et se réfugient au Caire en Egypte sous la protection des Mamelouks  مماليك bahrites." les mamelouks مماليك sont les membres d'une milice formée d'esclaves affranchis au service de différents souverains musulmans qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises".
.
  • En 1261, Al-Mustansir, fils du trente-sixième calife abbasside Al-Mustansir, lance depuis le Caire une attaque pour reprendre Bagdad. Il meurt au cours de l'expédition.
  • En 1262, Al-Hâkim, arrière-petit-fils du trentième calife abbasside Ar-Râchid devient le premier calife abbasside du Caire jusqu'en 1302.
  • En 1268, chute de la Principauté d'Antioche, en 1289 celle du Comté de Tripoli et en 1291 celle d'Acre : la présence chrétienne occidentale en Syrie prend fin.
  • En 1270, Louis IX de France lance la huitième croisade en Tunisie. Il meurt de maladie au cours de cette croisade.
  • En 1382, le Califat se poursuit sous la tutelle des Mamelouks burjites.
  • Le 13 avril 1517, le dernier sultan mamelouk est exécuté par le sultan سلطان ottoman Selim Ier. Le dernier calife abbasside du Caire Al-Mutawakkil III abdique en faveur de son père al-Mustamsik. Ce dernier remet dans les mains de Selim les insignes du pouvoir califal.
No  Nom Début du règne Fin du règne Bannière
56 Al-Mustansir
(mort en 1262)
1261 1262
mort au combat
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57 Al-Hakim Ier
(vers 1247 - 1302)
1262 1302 Black flag.svg
58 Al-Mustakfi Ier
(1285 - 1340)
1302 1340 Black flag.svg
59 Al-Wathiq Ier
(mort en 1341)
1340 1341
destitué
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60 Al-Hakim II
(mort en 1352)
1341 1352 Black flag.svg
61 Al-Mu'tadid Ier
(mort en 1362)
1352 1362 Black flag.svg
62 Al-Mutawakkil Ier
(mort en 1406)
1362 1383 Black flag.svg
63 Al-Wathiq II
(mort en 1386)
1383 1386 Black flag.svg
64 Al-Musta'sim 1386 1389 Black flag.svg
62 Al-Mutawakkil Ier
(mort en 1406)
1389 1406 Black flag.svg
65 Al-Musta`in
(mort en 1430)
1406 1414
destitué
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66 Al-Mu'tadid II
(1380 - 1441)
1414 1441 Black flag.svg
67 Al-Mustakfi II
(mort en 1451)
1441 1451 Black flag.svg
68 Al-Qa'im
(mort en 1459)
1451 1455
destitué
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69 Al-Mustanjid
(mort en 1479)
1455 1479 Black flag.svg
70 Al-Mutawakkil II
(1416 - 1497)
1479 1497 Black flag.svg
71 Al-Mustamsik
(mort en 1521)
1497 1508 Black flag.svg
72 Al-Mutawakkil III
(mort en 1543)
1508 1516
destitué
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71 Al-Mustamsik
(mort en 1521)
1516 1517
abdique
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Califat Ottoman Turc  الخلافة العثمانية التركية (1517-1924)

 

Sultan  l'سلطان  : domination, autorité ou souveraineté est un titre porté par des monarques musulmans  مسلمون   "muslimun" depuis l'an 1000 environ.

Un territoire gouverné par un sultan est un « sultanat » (سلطنة (salṭana). L'épouse ou concubine d'un sultan, ou un sultan féminin, est appelée « sultane » (سلطانة (sulṭāna).

Dans l'ancien Empire ottoman, la mère du sultan régnant est appelée والده سلطان Validé Sultan,   sultane validé .

Ce mot correspond à l’hébreu biblique שלטון (šilṭōn), qui signifie lui aussi « puissance »

Le califat ottoman est le seul califat qui n'est pas arabe.

  • Le 29 août 1517, les prières furent dites au nom de Selim Ier, le déclarant calife. Selim envoie à Istanbul les objets sacrés, l'épée, la robe, l'étendard et des dents du prophète, et transforme Istanbul en centre du califat. Cette proclamation viole manifestement la tradition arabe et plusieurs hadiths  أحاديث qui stipulent que le calife doit toujours être un membre de la tribu mecquoise des Quraych  قريش :

« Abd Allah ben `Umar, rapporte : Le Messager de Dieu disait : “Le califat restera parmi les Quraych même s'il ne reste que deux personnes sur terre”. 1»

  • Le 29 octobre 1923, la République de Turquie est proclamée et Mustafa Kemal Atatürk est élu président de la République. Mehmed VI est déchu de ses fonctions de sultan et perd son titre de calife au profit de son cousin Abdülmecit II.
  • En 1924, Abdülmecit II est démis de son titre de calife par Mustafa Kemal. Il s'exile en France et meurt en août 1944 à Paris. Il est enterré à Médine Arabie Saudite
No  Portrait Nom Début du règne Fin du règne Bannière
73 Yavuz Sultan I. Selim Han.jpg Sélim Ier
(10 octobre 1470 - 20 septembre 1520)
1517 20 septembre
1520
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74 EmperorSuleiman.jpg Soliman le Magnifique
(6 novembre 1494 - 7 septembre 1566)
30 septembre
1520
7 septembre
1566
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75 II. Selim Han.jpg Sélim II
(28 mai 1524 - 12 décembre 1574)
7 septembre
1566
12 septembre
1574
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76 III. Murat Han.jpg Mourad III
(4 juillet 1546 - 16 janvier 1595)
12 septembre
1574
16 janvier
1595
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77 Sultan Mehmet III of the Ottoman Empire.jpg Mehmed III
(26 mai 1566 - 22 décembre 1603)
16 janvier
1595
22 décembre
1603
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78 Sultan I. Ahmet.jpg Ahmet Ier
(18 avril 1590 - 22 novembre 1617)
22 décembre
1603
22 novembre
1617
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79 Mustafa 1.jpg Moustapha Ier
(1591 - 20 janvier 1639)
22 novembre
1617
26 février
1618
destitué
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80 Genç Osman.JPG Osman II
(15 novembre 1603 - 20 mai 1622)
26 février
1618
20 mai
1622
assassiné
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79 Mustafa 1.jpg Moustapha Ier
(1591 - 20 janvier 1639)
20 mai
1622
10 septembre
1623
destitué
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81 IV. Murat.jpg Mourad IV
(16 juin 1612 - 9 février 1640)
10 septembre
1623
9 février
1640
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82 Ibrahim I.jpg Ibrahim Ier
(5 novembre 1615 - 18 août 1648)
9 février
1640
18 août
1648
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83 4. Mehmet.jpg Mehmed IV
(2 janvier 1642 - 6 janvier 1693)
18 août
1648
8 novembre
1687
destitué
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84 Süleyman II.jpg Soliman II
(15 avril 1642 - 22 juin 1691)
8 novembre
1687
22 juin
1691
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85 Ahmet II.jpg Ahmet II
(25 février 1643 - 6 février 1695)
22 juin
1691
6 février
1695
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86 II. Mustafa.jpg Moustapha II
(6 février 1664 - 31 décembre 1703)
6 février
1695
21 août
1703
abdication
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87 III. Ahmet.jpg Ahmet III
(30 décembre 1673 - 1er juillet 1736)
21 août
1703
20 septembre
1730
destitué
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88 Mahmud1.jpg Mahmud Ier
(2 août 1696 - 13 décembre 1754)
6 octobre
1730
13 décembre
1754
Fictitious Ottoman flag 3.svg
89 OsmanIII.jpg Osman III
(2 janvier 1699 - 30 octobre 1757)
13 décembre
1754
30 octobre
1757
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90 Mustafa3.jpg Moustapha III
(28 janvier 1717 - 21 janvier 1774)
30 octobre
1757
21 janvier
1774
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91 Abdulhamid I.jpg Abdülhamid Ier
(20 mars 1725 - 7 avril 1789)
21 janvier
1774
7 avril
1789
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92 III. Selim.jpg Selim III
(24 décembre 1761 - 28 juillet 1808)
7 avril
1789
29 mai
1807
destitué
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93 Mustafa IV.jpg Moustapha IV
(8 septembre 1779 - 15 novembre 1808)
29 mai
1807
15 novembre
1808
exécuté
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94 Sultan Mahmud II of the Ottoman Empire.jpg Mahmoud II
(20 juillet 1784 - 1er juillet 1839)
15 novembre
1808
1er juillet
1839
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95 Sultan Abdülmecid - Google Art Project.jpg Abdülmecid Ier
(23 avril 1823 - 25 juin 1861)
1er juillet
1839
25 juin
1861
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96 Sultan Abdullaziz of the Ottoman Empire.jpg Abdulaziz
(8 février 1830 - 4 juin 1876)
25 juin
1861
30 mai
1876
abdication
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97 Sultan Murad V of the Ottoman Empire.jpg Mourad V
(21 septembre 1840 - 29 août 1904)
30 mai
1876
31 août
1876
destitué
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98 Sultan Abdul Hamid II of the Ottoman Empire.jpg Abdülhamid II
(21 septembre 1842 - 10 février 1918)
31 août
1876
27 avril
1909
destitué
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99 Sultan Mehmed V of the Ottoman Empire.jpg Mehmed V
(2 novembre 1844 - 3 juillet 1918)
27 avril
1909
3 juillet
1918
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100 Sultan Mehmed VI of the Ottoman Empire.jpg Mehmed VI
(14 janvier 1861 - 16 mai 1926)
3 juillet
1918
1er novembre
1922
destitué
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101 Portrait Caliph Abdulmecid II.jpg Abdülmecid II
(29 mai 1868 - 23 août 1944)
19 novembre
1922
3 mars
1924
destitué
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Califat a travers les ages1

Califats ultérieurs

Article détaillé : État islamique (organisation).

En 1924, au lendemain de l'abolition du califat, le roi du Hedjaz Hussein ben Ali se proclame calife mais son territoire est vite envahi par les armées des Saoudiens2.

Le 29 juin 2014, Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique, s'auto-proclame calife sous le nom d'Ibrahim.

À la suite de la guerre menée par l'EIIL sur les fronts syrien et irakien, le chef des forces de l'État islamique en Irak et au Levant se proclame nouveau calife de l'islam près d'un siècle après le dernier calife Abdülmecid II. Cette proclamation n'est reconnue par aucun État ni par les autres organisations djihadistes. Le 4 juillet 2014, Youssef al-Qaradâwî, président de l'Union internationale des savants musulmans (oulémas), membre de la confrérie des Frères musulmans ainsi que du Conseil européen pour la recherche et la fatwa, déclare que l'État islamique « viole la charia »3 ; selon lui, le titre du calife doit être « accordé par la nation musulmane entière » et non à « un groupe connu par ses atrocités et ses vues radicales [et qui] ne sert pas le projet islamique »4.

Henry Laurens, historien du monde arabe au Collège de France, parle à ce propos d'« invention de la tradition » au sens où « ce califat est aussi imaginaire que la façon dont Hollywood représente le Moyen-Age [...] on est en plein imaginaire de seconde zone [...] puisque ça n'a rien à voir avec la réalité historique du califat »5.

Il y a sinon actuellement le Calife Ahmadiyya (voir: Ahmadisme) qui est actuellement Hadrat Mirza Masroor Ahmad (page en anglais) 5ième Calife Ahmadiyya.

Notes

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