Les racines chrétiennes de la France

Les racines chrétiennes de la France

 

Les racines chrétiennes de la France

Paul Veyne : «La question des origines chrétiennes de la France est un faux débat»

Pour l'historien Paul Veyne, professeur émérite au Collège de France, l'un des meilleurs spécialistes du monde antique la religion n'est qu'un des éléments d'une civilisation, et non sa matrice. Et si le christianisme est omniprésent dans notre paysage, il n'est pour beaucoup d'entre nous qu'un patrimoine venu du passé.

Dans son livre Quand notre monde est devenu chrétien, il note qu'au début du 4è siècle, l'Empire romain compte à peine 10 % de chrétiens. Deux siècles plus tard, c'est le paganisme (la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens ni juifs) qui est résiduel.

Rappel.

L’histoire du christianisme en France soit vers 476  dans le début du Moyen Âge (fin de l'Empire Romain d'Occident à la déposition du dernier empereur romain d'Occident : Romulus Augustule) débute probablement au cours du 2è  siècle. Les premières communautés chrétiennes connues en 177, celles de Vienne et de Lyon.

De nombreuses légendes hagiographiques ((du grec ancien ἅγιος / hágios (« saint ») et γράφειν / gráphein « écrire » l'écriture de la vie et / ou de l'œuvre des saints) et traditions poétiques sont créées au 3è et au 4è pour légitimer un sanctuaire, un pèlerinage, une fête ou des origines dynastiques, faisant apparaître des saints apostoliques et martyrs dont l'historicité n'est pas assurée : Caprais et Foy d'Agen dont les corps, inconnus jusqu'au 5è siècle, apparaissent lors de translations miraculeuses de reliques ; Maurice d'Agaune et ses compagnons dont les corps sont également inventés ; Quentin à Vermand et Lucien de Beauvais qui apparaissent dans des Passions tardives

L'expansion du christianisme en Gaule se traduit en chiffres : alors que la population totale de chrétiens n'excède pas 2 % vers 250, elle atteint 5 à 10 % sous Constantin au 5è siècle. Le concile d'Arles en 314 condamne le donatisme. Alors que l'arianisme** se développe en Gaule, Hilaire de Poitiers, grand défenseur de l'orthodoxie nicéenne, condamne cette « hérésie » en 355. Du 3èau 4è siècle, les chrétiens sortent de la clandestinité et renforcent l'organisation de leur église. L'état romain s'estime menacé par leur expansion rapide. Ils « inquiètent moins par la rébellion ouverte de quelques-uns que par la volonté d'une majorité d'entre eux de s'intégrer et de se faire ainsi reconnaître comme de bons citoyens », aussi suscitent-ils plusieurs persécutions16.

En 380, le christianisme devient la religion officielle de l'Empire romain.

Martin de Tours introduit le monachisme en Gaule moyenne à la fin du 4è siècle : le monachisme martinien s'ancre autour de la Loire, tandis que les monachismes***** lérinien et cassianite se développent dans la Gaule méridionale au 5è siècle.

L'évangélisation des Gaules reste difficile à appréhender. Le christianisme en Gaule pénètre probablement par des marchands venus d'Orient mais il est alors une religion non reconnue des autorités (religio illicita- religion non tolérée) dont peu de sources littéraires et de traces archéologiques témoignent. Cette religion est plus ou moins tolérée dans les faits, et les chrétiens ne sont pas systématiquement poursuivis.

Selon les historiens, la date de création du royaume est associée à un de ces trois événements majeurs : l'avènement de Clovis en 481 (chef barbare parmi tant d'autres à supplanter ses rivaux.)* et l'extension des royaumes francs, le partage de l'Empire carolingien en 843 et l'élection d'Hugues Capet en 987.

Conversion au christianisme catholique. du grec καθολικός (katholikos), « universel ».******

Cet événement majeur de la période est néanmoins mal connu. La date de la cérémonie est elle-même discutée. Trois documents contemporains l'évoquent. Il s'agit du récit de Grégoire de Tours, écrit trois quart de siècle plus tard; d'une lettre de l'évêque Avit de Vienne, contemporaine de la cérémonie, adressée à Clovis; et une lettre envoyée en 565 par l'évêque Nicet de Trèves à la petite-fille de Clovis, Chlodoswinde. Lors de Noël d'une année comprise entre 496 et 511, peut-être en 499 ou en 508 selon les auteurs, favorise la fusion de ce peuple germanique avec le peuple gallo-romain sous le couvert du christianisme nicéen de la Gaule(issu du premier concile de Nicée / Concilium Nicænum Primum)  qui se tint à Nicée (aujourd'hui İznik, en Turquie) en Bithynie, sur convocation de Constantin Ier, du 20 mai au 25 juillet 325, sous les patriarcats de Sylvestre de Rome, d'Alexandre d'Alexandrie, d'Eustathe d'Antioche, d'Alexandre de Constantinople et de Macaire de Jérusalem) Clovis passe à la phase des demandeurs (compétentes) et reçoit alors le baptême avec 3 000 guerriers (les antrustions).Cela ne veut pas dire que tous les populations franques avaient accepté le baptêmes certains comme  Par contre les Bretons étaient déjà christianisés.

Les Francs constituent une ligue de peuples germaniques qui, bien qu'ayant établi un fœdus ***avec l'Empire sont restés païens à la différence de peuples plus romanisés tel les Burgondes, Ostrogoths, Vandales ou les Wisigoths qui adoptent largement le christianisme arien de tendance homéenne de Wulfila. Malgré les tentatives d'harmonisation théologique et dogmatique afin de définir une orthodoxie, l'Empire est à cette époque traversé de débats christologiques qui opposent le christianisme nicéen au christianisme arien et perdurent tout au long du 5è siècle. Les Germains christianisés (comme les Goths) sont souvent ariens, car le roi y reste chef de l'Église.

Le 7è siècle est une période importante, pour l'Europe comme pour la France, de pénétration et d'expansion chrétienne. L'évangélisation des villes et des milieux aristocratiques dans laquelle s'impliquent directement les évêques, et celle des campagnes en pleine croissance démographique, favorise la multiplication des lieux de culte, notamment grâce aux défrichements, à l'irrigation et à la mise en culture menés à partir des fondations monastiques (tels les monastères mérovingiens  qui deviennent très vite des centres de hautes études sacrées). Cette période d'optimum climatique voit également le développement du réseau paroissial, les domaines ruraux de quelque importance ayant au moins au 8è siècle leur église propriétaire.

En quête d'un meilleur protecteur militaire contre les Lombards, le pape Étienne II(en latin Stephanus) consacré pape le 26 mars 752, mort le 26 avril 757, rompt les dernières amarres de Rome avec l'Empire romain d'Orient (exarchat « circonscription administrative –territoire » de Ravenne) en 754. Dès lors, l'histoire du christianisme occidental se confond tant avec celle de l'Église de Rome qu'avec celle de la monarchie franque : le document apocryphe appelé « Donation de Pépin ou traité de Quierzy, »  signée le 14 avril 754 sacre Pépin le Bref roi des Francs, par les États pontificaux. Le concile de Charroux en 989 officialise la volonté de la Pax Dei qui aboutit au principe de « Trêve de Dieu » dont le  but est d'obtenir une pacification du monde chrétien occidental et de maîtriser l'usage de la violence dans la société, manifestation du pouvoir croissant de l'Église dans la société. Nous voyons ben que cette Pax Dei n'a jamais été respecter et à aboutit à des disscriinations durant des siècles (Croisades contre les musulmans et d'autres peuples de 1095 à 1492 les invasions de continents  Amérique, Asie, Afrique escalvagisme forcés******* etc)

*Clovis Ier, en latin Chlodovechus, né à Tournai vers 466 et mort à Paris le 27 novembre 511, est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.

** de la doctrine qui porte son nom, l'« arianisme ». Arius né dans les années 250 et mort en 336  professe une doctrine que l'on peut résumer en quatre propositions principales :

1-le Dieu unique est non-engendré : tout ce qui est en dehors de lui, est créé ex nihilo  « à partir de rien » de par sa volonté.

Abdullah Ibn Mas`ûd a rapporté que cette sourate à été révélée au moment où les gens de la tribu de Quraysh à la Mecque ont demandé au Prophète de Dieu,  Muhammad « paix et bénédictions de Dieu soient sur lui », de leur parler de l’ascendance de Dieu exalté soit-il. (At-Tabarâni).

 (Coran  القُرْآنal-Qurʾān la Récitation Révélée la sourate 112 الإخلاص   al-Iḫlāṣ La Pureté de la Foi versets 3et 4)

De la période Mecquoise qui à la 22è place dans l’ordre chronologique

3-  Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ lam yalid walam youlad

4-   Et nul n'est égal à Lui"  وَلَمْ يَكُن لَّهُۥ كُفُوًا أَحَدٌۢ  walam yakoun lahou koufouan aĥadoun

2-le Logos**** est un intermédiaire entre Dieu et le monde, antérieur au monde matériel mais non éternel : il fut un temps où le Logos n'existait pas, où seul Dieu existait ;

2a-le Logos est donc créé, il est engendré mais cet engendrement doit s'entendre comme une filiation adoptive (Dieu inspire le Logos, le Christ, le Fils de l'Homme mais il est une créature naturelle et mortelle que Dieu a « pris sous son aile » : Arius tente ainsi, d'une part, de relayer les idées de Celse sur la conception adultérine du Christ, sans s'attaquer directement à sa conception virginale, et d'autre part à se protéger d'un engendrement du Christ par le Père dans un acte physiologique.

2b-le Logos est alors faillible par sa nature, mais sa droiture morale l'a gardé de toute chute : il est inférieur à Dieu, mais il est si parfait qu'aucune autre créature ne peut lui être supérieure.

***  traité passé entre la Rome antique et une cité ou un peuple étranger, qui prend alors le statut de cité alliée ou de « peuple fédéré ».

**** (λóγος, du grec ancien, « verbe », « sagesse » ou « lien » « parole », au sens premier, mais aussi « raison, intelligence », et qu'on traduit par le terme Verbe ou Parole dans les textes anciens.

***** l'état et le mode de vie de personnes qui ont prononcé des vœux religieux et font partie d’un ordre dont les membres vivent sous une règle commune, séparés du monde, les moines. Le mot vient du grec ancien monos « μόνος » « solitaire » et plus particulièrement « célibataire ».

****** Nombre de pratiquants actuel 1,329 milliard de baptisés Principal Rite: romain Clergé avec le pape à sa tête, considéré comme l'évêque de Rome et le chef de l'Église catholique. Du grec πάπας (papas), une forme tardive du mot πάππα (pappa), un terme familier et affectueux du langage enfantin qui désigne le père « papa ».

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*******6è siècle

506 : le concile d'Agde punit le meurtre des esclaves de deux ans d'excommunication et permet aux évêques d'affranchir les esclaves appartenant à leur église.

511 : le concile d’Orléans donne droit d'asile aux esclaves fugitifs.

517 : le concile d'Épaone réaffirme certaines protections envers les esclaves.

7è siècle

608-631 : Muhammad établit un statut aux esclaves.

Il est interdit de les battre sous peine de leur émancipation obligatoire.

Si on les tue ou les mutile le talion est appliqué.

Il faut les vêtir et nourrir comme soi-même.

Si on les charge lourdement il faut les aider.

Quelques dates à retenir.

956-958 : Liutprand de Crémone dans son ouvrage Antapodosis, rapporte les profits scandaleux des marchands d'esclaves de Verdun, et notamment le commerce d'eunuques entre Verdun et l'Espagne musulmane

13è siècle
1206 : Qûtb ud-Dîn Aibak, alors esclave de Muhammad Ghûrî et gouverneur, à son service, de l'Inde du Nord, se rend indépendant et fonde la dynastie des Esclaves.
1222 : La Charte du Manden est proclamé par Sundjata Keïta, premier empereur du Mali (extrait  « Une vie est une vie » ; « Une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie »

à partir du 13è siècle, une activité méconnue et pourtant lucrative des ordres militaires (templiers et Hospitaliers principalement) était le commerce des esclaves blancs : des prisonniers de guerre, des enfants enlevés, voire achetés à leurs parents, étaient transportés en grand nombre de l'Orient vers l'Occident. Ils participaient au fonctionnement des Maisons du Temple, principalement en Italie et en Aragon. À la fin du siècle, la plaque tournante de ce commerce florissant était le port d'Ayas du royaume arménien de Cilicie. Les Templiers y ouvrirent un comptoir vers 1270, et y firent le commerce d'esclaves turcs, grecs, russes et circassiens.

1462 : le pape Pie II qualifie l'esclavage de « crime énorme » (magnum scelus)

1498 : mise en place des repartimentos appelés aussi Encomienda (système appliqué par les Espagnols dans tout l'Empire colonial espagnol lors de la conquête du Nouveau Monde à des fins économiques et d'évangélisation). On attribuait aux colons espagnols des communautés indiennes qu'ils utilisaient comme force de travail et à condition de les nourrir et de les instruire dans la religion catholique.

1802 : rétablissement de l'esclavage dans les colonies françaises par Napoléon Bonaparte.

Puisse le Tout Puissant et Misériordieux, nous pardonner d nos erreurs et de nos omissions

le Modérateur Baudrier Gérard Ibrahim

Evolution du christianisme en france

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