LES COMPAGNONS DU PROPHETE SAHABAS صحابة

LES COMPAGNONS DU PROPHETE SAHABAS صحابة

LES COMPAGNONS DU PROPHETE SAHABAS صحابة

                          Sahabas

(page en cours de construction)

Quand il est mention du Prophète Muhammad il est conseillé de dire :

ṣallā-llāhu ʿalayhi wa sallam صلى الله عليه و سلم : « que la paix et la prière (bénédiction) d'Allah soient sur lui

Dans l'islam, les sahaba (صحابة) désignent les compagnons du Prophète de l'islam محمّدMuhammad. Ils sont vus par l'ensemble des musulmans comme les premiers à avoir adhéré à la foi prônée parمحمّد Muhammad et qui l'ont propagée après la mort du celui-ci. De ce fait, les musulmans leur attribuent une haute autorité morale.

Les compagnons les plus illustres sont أبو بكر عتيق “الصديقAbu Bakr as-Siddiq, عمر بن الخطاب`Umar ibn al-Khattabعثمان بن عفان`Uthman ben Affan, علي بن أبي طالب`Ali ibn Abi Tâlib, طلحة بن عبيد اللهTalhah ibn Ubaydullah, الزبير بن العوامZubayr ibn al-Awwam, عبد الرحمن بن عوفAbd ar-Rahman ibn Awf, سعد بن أبي وقاصSa`d ibn Abi Waqqasأبو عبيدة بن الجراحAbu Ubayda ibn al-Jarrahسعيد بن زيدSa`îd ibn Zayd, communément appelés par محمّد Muhammad  العشرة المبشرون بالجنةAl-Ashara Mubashara, c'est-à-dire les dix compagnons promis au paradis. On peut ajouter aux compagnons les plus illustres سلمان الفارسي  Salmân al-Farisi et بلال بن رباح Bilal Ibn Rabah

 

On définit communément un compagnon comme toute personne ayant rencontré محمّدMuhammad, cru en lui et décédé avec la foi, donc musulmane. Ceux qui le virent mais n'apportèrent la foi qu'après son départ de ce monde ne rentrent pas dans cette catégorie, ils sont plutôt considérés comme des tabi`in*1. التابعون À l'opposé, un aveugle ou un mineur croyant est considéré comme sahaba.

Les plus célèbres des sahaba sont au nombre d'une centaine, car étant plus proches de محمّدMuhammad. Cependant, le nombre total dépasse largement cette approche, et leurs noms et biographies sont répertoriés dans de nombreux ouvrages tels que Kitāb at-Tabāqat al-Kabīr de Ibn Sa'd al-Baghdadi. Certains affirment qu'ils étaient environ 120 000, tandis que d'autres disent 60 000. Par ailleurs, environ 140 000 sahaba hommes et femmes auraient assisté au dernier sermon du Prophète (en) lors de son Pèlerinage d'adieu (Hajj al wida’).

Dans l'islam traditionnel, les sahaba sont considérés comme les transmetteurs dignes de confiance des propos, des gestes et des instructions du Prophète de l'islam. Leurs propres gestes et propos sont aussi dignes d'imitation. Les premières tentatives pour définir les sahabah remontent au début du IIe siècle de l'Hégire, avec notamment Boukhari, qui en donne une brève définition au début de son Sahih. Par la suite, la simple fait d'avoir vu محمّد Muhammad devient objet de débat pour la définition des sahaba. D'après Ibn al-Athir, la classification des sahabah était courante à l'époque d'Al Wakidi. Le moment de conversion à l'islam était un critère majeur d'appartenance au groupe des sahaba.

Les sahaba ont joué un rôle majeur dans la propagation de l'islam en ce sens qu'ils sont les premiers maillons de la chaîne de transmission des hadiths, des méthodes de lecture du Coran et de la transmission de tout ce qui touchait de la vie première de l'islam. Ainsi, un compagnon transmettait le hadith à un tabi'i, qui n'avait pas eu de contact direct avec le Prophète de l'islam, qui transmettait ensuite au tab' tabi'i qui devenait alors le troisième maillon de la chaîne, et ainsi de suite. L'étude de ces chaînes de transmission est laissée à la discrétion des muhaddithūn.

Statut des sahaba الصحابة

L'eulogie « Allah en soit satisfait »  رضي الله عنه, raḍiyAllāhu ‘anhu est souvent mentionnée après évocation de leur nom.

La révérence à leurs égard est évidente du fait du hadith suivant où le Prophète de l'islam a dit :

« La meilleure partie de mon Umma est mon époque, puis ceux qui viennent après, puis ceux qui viennent après. Puis viendront des gens qui apporteront un témoignage alors qu'il ne leur aura pas été demandé, qui trahiront ce qu'il leur aura été confié et ne seront pas honnêtes, qui feront des vœux qu'ils ne respecteront pas, et qui seront gras" (al-Bukhârî, 3450, Muslim, 2535). »

Tous les sahaba sont considérés comme justes `udul  عُدُول avec cependant des degrés différents auprès d'Allah du fait de leurs sacrifices pour la cause de l'islam.

 

Notes ,*1 Les Tābi‘ūn suiveurs  التابعون sont la génération de musulmans qui ont connu des compagnons de Muhammad mais qui n'ont pas connu Muhammad lui-même. Ils ont joué un rôle important dans le développement de la pensée islamique, la philosophie, ainsi que la politique des premiers califats. Ils jouèrent un rôle particulièrement essentiel dans la division de la communauté islamique musulmans sunnites et chiites.

Les sunnites considèrent comme suiveurs , Tabi‘i تابع singulier de Tābi‘ūn,   التابعين la génération qui suit les Tabi‘un التابعون. Les sunnites les comptent parmi les meilleures générations sur Terre, après les Sahaba الصحابة et les Tabi‘un   التابعين. Sont considéré, comme suiveurs tout musulman qui:

  1. A vécu avec au moins un des compagnons du Prophète Muhammad,
  2. Était « bien guidé » (faisant partie des Ahlu-s-Sunnah wa-l-Jama`a),
  3. Mourut en cette condition. Un bon contre-exemple étant les Khawarij qui virent des compagnons du prophète, vécurent avec eux mais dont une partie fut tuée dans le conflit avec Ali bn Abi Talib (avis partagé par les sunnites et les chiites).

Ils sont considérés comme la meilleure génération après les Sahaba. Pour cela, ils s'appuient sur la parole de محمّد Muhamad qui a dit : « Les meilleures de ma communauté sont ma génération, celle qui vient après et celle qui vient après. ». Ils sont ainsi considérés comme la meilleure des générations après les Sahaba.

Les dix compagnons promis au paradis  العشرة المبشرون بالجنة, al-`Ashara al-Mubasharûn bi-l-Janna est une expression utilisée dans l'islam pour désigner les sahaba que le Prophète محمّد Muhammad avait, de son vivant et dans un hadith célèbre, promis au paradis  Djenna 10 de ses compagnons.

Le hadith est le suivant : D'après Abder Rahman Ibn Awf (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit: « Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Omar (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Othmane (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Ali (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Talha (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Zubayr (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Abder Rahman Ibn Awf (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Sa'd Ibn Abi Waqas (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Said Ibn Zayd (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis, Abou Oubeida Ibn Al Jarah (qu'Allah l'agrée) est dans le paradis ».

Ils sont listés dans l'ordre comme rapporté dans le hadith :

Noms

Noms Arabe

Naissance B.H.

   Mort A.H.   

Naissance ap. J.-C.

   Mort ap. J.-C.   

Abou Bakr As-Siddiq

أبو بكر الصدّيق

51

13

573

634

Omar ibn al-Khattâb

عمر بن الخطّاب

40

23

584

644

Othmân ibn Affân

عثمان بن عفّان

47

35

577

656

Ali ibn Abi Talib

علي بن أﺑﻲ طالب

23

40

600

661

Talha ibn Ubayd Allah

طلحة بن عبيد الله

28

36

596

656

Zubayr ibn al-Awwam

الزبير بن العوّام

28

36

596

656

Abd ar-Rahmân ibn `Awf

عبد الرحمن بن عوف

43

31

580

654

Sa`d ibn Abi Waqqas

سعد بن أبي وقّاص

23

55

600

675

Abu Ubayda ibn al-Djarrah

أبو عبيدة بن الجراح

40

18

584

640

Saïd ibn Zayd

سعيد بن زيد

 ?

51

 ?

672

Les quatre premiers cités sont aussi communément appelés par les sunnites les Rashidun « les califes bien guidés. »

 

Liste des Tabi‘un

·  `Abd ar-Rahman ibn `Abdillah (fils de `Abd Allah ibn Umar)

·  `Abd ar-Rahman ibn `Abd al-Qari (ar)

·  `Abd ar-Rahman ibn Abi Bakr (ar) (d. 712 ap. J.-C., 94 A.H.)

·  `Abd ar-Rahman ibn Khalid (en) (616-667 ap. J.-C., -6-46 A.H.)

·  `Abdullah ibn Mubarak (ar) (736-797 ap. J.-C., 118-181 A.H.)

·  Abu Bakr ibn `Abd al-Qays (ar)

·  Abu Bakr Mohammed ibn Sirin (653-728 ap. J.-C., 33-110 A.H.)

·  Abu Hanifa (699-765 ap. J.-C., 80-148 A.H.)

·  Abu Muslim al-Khawlani (en) (d. 684 ap. J.-C., 64 A.H.)

·  Abu Zur'ah4

·  Ach-Cha`bi (ar) (637-721 ap. J.-C., 16-103 A.H.)

·  `A'isha bint Talhah (en)

·  Al-Aswad ibn Yazid (en) (d. 694 ap. J.-C., 75 A.H.)

·  Al-Hajjaj ibn Yusuf (661-674 ap. J.-C., 41-95 A.H.)

·  Al-Hassan al-Basrî (642-728/737 ap. J.-C., 21-110/118 A.H.)

·  `Alqama ibn Qays (d. 682 ap. J.-C., 62 A.H.)

·  `Alqama ibn Waqqas (en)

·  Al-Qasim ibn Muhammad ibn Abi Bakr (en) (d. 726 ap. J.-C., 108 A.H.)

·  Al-Rabi ibn Khuthaym (en) (d. 682 ap. J.-C., 62 A.H.)

·  `Amir ibn Abd al-Qays (en) (661-680 ap. J.-C., 40-60 A.H.)

·  `Amir ibn Abdi Qays (ar)

·  `Ata' ibn Abi Rabah (en) (647/653-732 ap. J.-C., 27/33-114 A.H.)

·  `Ata' ibn Yassar (ar) (d. 721 ap. J.-C., 103 A.H.)5

·  Atiyya ibn Sa'd (en) (d. 729 ap. J.-C., 111 A.H.)

·  Ayyub as-Sakhtiyani (ar) (685/687-748 ap. J.-C., 66/68-131 A.H.)6

·  Bushr al-Hafi (ar) (d. 769 ap. J.-C., 152 A.H.)7

·  Busr ibn Mihjan

·  Dhakawan ibn Kaysan (ar)

·  Habib al-`Ajami (ar)

·  Hammam ibn Munabbih (en) (d. 750 ap. J.-C., 132 A.H.)

·  Hisham ibn Urwah (680-763 ap. J.-C., 61-146 A.H.)

·  Ibn Ishaq (704-767/770 ap. J.-C., 85-150/153 A.H.)

·  Ibn Jurayj (en) (d. 767 ap. J.-C., 150 A.H.)

·  'Ikrimah Mawlâ Ibn 'Abbâs (d.~723 ap. J.-C., ~105 A.H.)

·  Ibn Shihab al-Zuhri (en) (d. 742 ap. J.-C., 124 A.H.)5

·  Ibrahim an-Nakha`i (ar) (666-715 ap. J.-C., 45-96 A.H.)

·  Ja`far ibn Ali (en)

·  Jarir ibn Atiyah (en) (653-732 ap. J.-C., 33-133 A.H.)

·  Ka`b al-Ahbar (en) (d. 652 ap. J.-C., 32 A.H.)

·  Kathir ibn Murra (ar)

·  Kumayl ibn Ziyad (en)

·  Malik ibn Aws al-Hadathan (en)

·  Mālik b. Dīnār as-Sami (d. 748 ap. J.-C., 131 A.H.)

·  Malik ibn Harith al-Ashtari (en) (d. 657 ap. J.-C., 37 A.H.)

·  Masruq ibn al-Ajda` (en) (d. 682 ap. J.-C., 62 A.H.)5

·  Muhammad al-Nafs al-Zakiyya (en) (d. 762 ap. J.-C., 145 A.H.)7

·  Muhammad ibn Abî Bakr (ar) (631-658 ap. J.-C., 10-38 A.H.)

·  Muhammad ibn al-Hanafiya (637-700 ap. J.-C., 15-81 A.H.)

·  Muhammad ibn Ja'far (en)

·  Muhammad ibn Munkadir (650-747 ap. J.-C., 30-130 A.H.)

·  Muhammad Ibn Wasi' Al-Azdi (d. 744/751 ap. J.-C., 126/133 A.H.)

·  Mujahid ibn Jabr al-Makki (ar) (d. 718/722 ap. J.-C., 100/104 A.H.)

·  Nafi` ibn `Abd al-Rahman (en) (d. 785 ap. J.-C., 169 A.H.)

·  Nafi` Mawla ibn `Omar (ar) (d. 734 ap. J.-C., 117 A.H.)

·  Qubays ibn Dhuayb (ar) (d. 705 ap. J.-C., 87 A.H.)

·  Rabi ibn Sabih (en) (d. 776 ap. J.-C., 160 A.H.)8

·  Rabi'at al-Ra'i (d. 753 ap. J.-C., 136 A.H.)5

·  Rafa`a ibn Shadid al-Fatyani (ar)

·  Raja ibn Haywah (en) (d. 730 ap. J.-C., 112 A.H.)

·  Sa`id ibn Jubayr (en) (666-713 ap. J.-C., 46-95 A.H.)

·  Sa'id bin Jubair (635-712 ap. J.-C., 14-94 A.H.)5

·  Salim ibn `Abdillah (en) (d. 724 ap. J.-C., 106 A.H.)

·  Sulaym ibn Qays (en) (d. 695 ap. J.-C., 76 A.H.)

·  Sulayman ibn Yassar (ar) (d. 712/722/725 ap. J.-C., 94/104/107 A.H.)

·  Tawus ibn Kaysan (en) (d. 724 ap. J.-C., 106 A.H.)

·  `Ubayd Allah ibn Abdillah (en) (d. 716 ap. J.-C., 98 A.H.)5

·  `Umar ibn Abd al-Aziz (682-720 ap. J.-C., 61-101 A.H.)

·  Umm al-Banin (en)

·  Umm Kouthoum bint Ali (ar)

·  Urwah ibn Zubayr (en) (d. 713 ap. J.-C., 94 A.H.)5

·  Uwais al-Qarni (594-657 ap. J.-C., -29-36 A.H.)

·  Wahb ibn Munabbih (en) (654-728/732 ap. J.-C., 34-110/114 A.H.)

·  Yahya ibn Sa'd (d. 760 ap. J.-C., 143 A.H.)5

·  Yahya ibn Ya`mur (ar) (d. 746 ap. J.-C., 129 A.H.)

·  Yahya ibn Zayd (ar) (725-742 ap. J.-C., 107-125 A.H.)

·  Yazid ibn Abi Sufyan (d. 639 ap. J.-C., 17 A.H.)

·  Yazid ibn al-Muhallab (655/672-720 ap. J.-C., 35/51-102 A.H.)

·  Yunus ibn `Obayd (ar) (d. 741/756 ap. J.-C., 124/139 A.H.)

·  Yusuf ibn Talhah (en)

·  Zayd ibn Alî (d. 740 ap. J.-C., 122 A.H.)

·  Zayd ibn Aslam (d. 753 ap. J.-C., 136 A.H.)

 

 

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Commentaires (3)

ababacar sadikh
  • 1. ababacar sadikh | 19/06/2017

Voici un récit de gens qui étaient sincères avec Allah, et qu’Allah (swt) a crus, dont Il a accepté le repentir et dont Il a pardonné tous les péchés.

L’histoire des trois Compagnons qui restèrent en arrière lors de l’expédition de Tabuk.

Ka’b Ibn Mâlik () a dit :
Je n’ai faussé compagnie au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم dans aucune de ses campagnes sauf dans celle de Tabûk.
Je n’ai pas participé à la bataille de Badr et, néanmoins, aucun de ceux qui s’en étaient absentés ne reçut pour cette raison de reproche.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم n’était alors sorti avec les musulmans qu’à la recherche de la caravane (commerciale) de Quraysh, jusqu’à ce qu’Allah les mît face à leur ennemi, sans préavis. Mais j’étais présent avec le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم durant la nuit d’Al-Aqaba où nous avons scellé notre pacte sur l’Islam.
Et je ne voudrais pas échanger un tel honneur en contrepartie de ma participation à la bataille de Badr, bien que les gens la mentionnent plus souvent que le pacte d’Al-Aqaba en question.

En ce qui concerne l’histoire de ma défection de l’expédition de Tabûk, je n’ai jamais été aussi fort ni aussi riche que lorque j’y fis défaut. Par Allah, je n’avais jamais réussi à avoir deux montures à la fois avant cela ; par contre, cette-fois-là, j’avais réussi à les possèder.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم entreprit cette expédition dans la période de très fortes chaleurs. Il se préparait pour un long voyage dans un immense pays désertique et aride. Il devait rencontrer également un grand nombre d’ennemis.
Aussi, cette fois-ci, Il informa les musulmans de leur destination afin qu’ils prennent leurs dispositions. Les musulmans étaient nombreux avec le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم sauf qu’il n’existait aucun registre qui les mentionnent.

Ka’b poursuit en disant :
Celui qui voulait s’absenter avait la certitude de passer inaperçu, à moins qu’Allah exalté ne fasse une révélation coranique à son sujet. Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم entreprit cette expédition lorque les fruits et l’ombre étaient bien tentantes.
Et en effet, j’avais envie de profiter de ces fruits et de cette ombre.
Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم s’était préparé ainsi que les musulmans avec lui. Quand à moi, je sortais chaque jour pour m’équiper mais je rentrais sans n’avoir rien fait, me disant à chaque fois que je pourrais le faire l’heure venue.

Cette situation dura à tel point que les musulmans s’étaient déjà sérieusement équipés et, le lendemain matin, le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلمprit la route et les musulmans avec lui, alors que je n’avais toujours rien préparé. Puis je continuais à sortir de chez moi et je rentrais également sans avoir rien fait ; cela dura jusqu’à ce qu’ils eurent pris une grande avance sur moi.
Et puis, je voulus partir les rattraper -si seulement je l’avais fait- mais tel ne fut pas mon destin. Après le départ du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, lorsque je sortais de chez moi, cela me mettait en peine de me voir semblable à une personne connue pour son hypocrisie, ou à une personne qu’Allah avait exempté pour cause de maladie ou de viellesse.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم ne se rappela de moi qu’à son arrivée à Tabûk. Il dit aux gens alors qu’Il était assis parmis eux :
"Qu’a donc fait Ka’b ibn Mâlik ?"

Un homme de la tribu des Banû Salamâ dit :
"Ô Messager d’Allah ! Ce qui l’a retenu, c’est la beauté de ses habits et sa vanité."

Alors Mu’âdh ibn Jabal (ra) lui dit :
"C’est mal ce que tu viens de dire là ! Ô Messager d’Allah ! Je jure par Allah, nous ne connaissons de lui que du bien."

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم ne dit rien. Dans ces entrefaits, Il vit à l’horizon un homme portant des habits blancs s’avançant dans le mirage.
Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم dit :
"Sois Abû Khaythama !"

et ce fut effectivement Abû Khaythama Al-Ansârî, celui qui avait fait l’aumône de quelques poignées de dattes et dont les hypocrites s’étaient moqués.

Ka’b poursuivit son récit :
Lorque j’appris que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم était sur le chemin du retour de l’expédition de Tabûk, un grand chagrin me prit et je songeait à trouver quelque mensonge pour me tirer d’affaire, en disant à moi-même :
"Comment pourrai-je bien échapper à sa colère demain ?"
et je pris pour cela conseil auprès des gens avisés de ma famille.

Et lorsque l’on m’annonça l’arrivée imminente du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, toute idée de mensonge se dissipa de mon esprit à tel point que je savais que rien ne pourrait m’épargner son courroux.
Alors, je me décidai à lui dire la vérité.

Le lendemain matin, le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم arriva, et il avait l’habitude quand Il rentrait d’un voyage de commencer par la mosquée pour y prier deux Rak’ât et puis de s’asseoir pour accueillir les gens.
Dès qu’Il eut fini sa prière, ceux qui n’avaient pas participé à l’expédition vinrent à lui pour lui présenter leurs excuses et jurer de leur bonne foi. Ils étaient un peu plus de quatre-vingt hommes.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم accepta d’eux leur état apparent et leur serment d’allégeance et implora pour eux le pardon d’Allah, tout en confiant à Allah le soin de les juger pour leurs sentiments cachés.
C’est alors que j’arrivai et lorsque je le saluai, Il me sourit avec le sourire d’un homme irrité, puis il me dit :
"viens ici !"

Je m’avançai donc jusqu’à m’assoir devant lui. Il me dit :
"Qu’est ce qui t’a retenu ? n’avais-tu pas acheté ta monture ?"

Je dis :
"Ô Messager d’Allah ! Par Allah, si je me trouvais en présence d’une autre personne que toi parmi tous les habitants de ce monde, j’échapperais certainement à sa colère par quelque excuse car effectivement, je suis un bon polémiste.
Mais par Allah, je sais bien que si je te raconte aujourd’hui un mensonge pour obtenir ta satisfaction, Allah attirerait certes, sur moi ta colère.
Par contre, si je te dis la vérité qui engendrera ton courroux contre moi, je pourrai espérer par là une fin heureuse de la part d’Allah (exalté soit’Il).
Par Allah, je n’ai aucune excuse et je n’ai jamais été aussi fort, ni aussi aisé qu’au moment où je suis resté en arrière sans participer à l’expédition."

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم dit :
"Quand à celui-là, il a dit la vérité. Lève-toi, et attends qu’Allah décide à ton sujet ce qu’Il voudra"

Je sortis et des hommes de la tribu des Banû Salama me suivirent et me dirent :
"Par Allah, nous n’avons jamais appris que tu avais commis de péché avant celui-là. Or, tu aurais pu t’excuser auprès du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم comme l’avaient fait ceux qui ont manqué à l’appel.
Il t’aurait amplement suffi que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم demande le pardon [d’Allah] pour ton péché."

Il dit :
Par Allah, Ils ne cessèrent de me faire des reproches jusqu’à ce que j’eus envie de retourner auprès du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم pour revenir sur mes premières paroles.

Puis je leur demandai :
"Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre que moi qui se trouve dans mon cas ?"

Ils dirent :
"Oui, il y a deux hommes qui tinrent les mêmes propos que toi et ont eu la même réponse."

Je dis :
"Qui sont-ils ?"

Ils dirent :
"Marâra ibn Ar-RabîaAL-Âmirî et Hilâl ibn Umayya Al-Wâqifi."

Il dit :
Ils m’ont cité deux hommes vertueux qui avaient participé à la bataille de Badr et qui étaient dignes d’être pris en exemple. Et quand on me les cita, je m’en allai.

Il continua son récit :
Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم avait ordonné aux musulmans de ne plus adresser la parole à aucun des trois de ceux qui étaient restés en arrière.
Les gens nous évitaient et ils changèrent leur attitude envers nous à tel point que la terre elle-même ne m’était plus reconnaisable. Nous restâme dans cet état cinquante nuits.

Quand à mes deux compagnons, ils se résignèrent à leur sort, gardèrent leurs maisons et passaient leur temps à pleurer. En ce qui me concerne, j’étais le plus jeune et le plus énergique des trois.
Je sortais pour faire la prière avec les musulmans et je me promenais dans les marchés ; cependant, personne ne m’adressait la parole. Et j’allais souvent trouver le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, je le saluai quand il était assis après la prière.

je me demandais en moi-même :
"Est-ce qu’il avait bien remué les lèvres pour répondre au salut ou non ?
Puis je priais tout près de lui pour le dérober du regard. Quand je me concentrais dans ma prière, il me regardait et quand je me tournais vers lui, il se détournait de moi."

Quand l’éloignement des musulmans dura trop longtemps pour moi, je marchai jusqu’à ce que j’escaladai le mur du jardin d’Abû Qatâda.
Il était mon cousin et l’un de mes plus chers ami. Je le saluai. Par Allah, il n’avait même pas pris la peine de me rendre le salut.

Je lui dis :
"Ô Abû Qatada ! Je te conjure au nom d’Allah, ne sais-tu pas que j’aime Allah et Son Messager."

Il se tut. Je revins de nouveau en lui posant la même question et il se tut également. J’insistai encore une fois,

il me dit alors :
"Allah et Son Messager le savent mieux que moi".

Mes yeux fondirent en larmes et je m’en allai en escaladant à nouveau le mur. Pendant que je traversai le marché de Médine, un Nabatéen (paysan) de Syrie parmi ceux venus vendre des vivres, se mit à demander aux gens :
"Qui peut me montrer où se trouve Ka’b ibn Mâlik ?"

Aussitôt que les gens me désignèrent à lui, il s’avança vers moi et me remit une lettre du roi de Ghassân. Je savais lire et je lus cette lettre.

Elle contenait les propos suivant :
"Soit, nous avons eu connaissance que ton compagnon s’est détourné de toi, alors qu’Allah ne t’a jamais placé dans une position d’abandon ou d’humiliation. Rejoins-nous donc et nous te consolerons."

Je dis :
"Ceci est encore l’une de ces nombreuses épreuves que me touchent."

Et je jetai la lettre dans le four à pain. Ainsi quarante jours sur les cinquante étaient déja passés, et la révélation d’Allah tardait à venir.

C’est alors qu’un émissaire du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم vint me dire :
"Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم t’ordonne de te séparer de ta femme."

"Dois-je la répudier, ou que dois-je faire ?" lui dis-je.

Il dit :
"Non, mais isole-toi d’elle et ne l’approche plus."

Il envoya le même message à mes deux compagnons.

Je dis à ma femme :
"Rejoins ta famille et reste chez eux jusqu’à ce qu’Allah prononce Son jugement dans cette affaire."

La femme de Hilâl ibn Umayya vint au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم et lui dit :
"Ô Messager d’Allah ! Hilâl ibn Umayya est un vieillard fatigué ne possédant aucun domestique. Te déplairait-il que je continue à le servir ?"

Il dit :
"Non, mais qu’il ne t’approche pas."

Elle dit :
"Par Allah, il n’a envie de rien et par Allah, il n’a pas cessé de pleurer depuis le début de cette affaire jusqu’à ce jour."

Certains membre de ma famille me dirent :
"Pourquoi ne demandes-tu pas au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم la permission de garder ta femme étant donné qu’il a autorisé la femme de hilâl ibn umayya de le servir ?"

Je dis :
"Je ne demanderai nullement la permission au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم de la garder et comment me répondra t’il si je lui demande cette permission alors que je suis un homme jeune et fort ?"

je restai comme cela durant dix nuit, et ainsi s’achevèrent les cinquante nuits au cours desquelles il était il était interdit de nous parler.
Puis je fis la prière de l’aube de la cinquantième nuit sur le toit de l’une de nos demeures. Alors que je me sentais opressé tel qu’Allah l’a décrit dans son livre :
"...Si bien que toue vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exiguë..." (Le repentir, v118)

J’entendis la voix de quelqu’un qui criait du sommet du mont Sala’ d’une voix très forte :
"Ô Ka’b inb Mâlik ! réjouis-toi de la bonne nouvelle !"

je me jetai en prosternation sachant que l’heure de la délivrance était venue. Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم avait annoncé lors de la prière de l’aube qu’Allah (béni soit-Il), avait bel et bien agréé notre repentir.

Les hommes partirent pour nous annoncer la bonne nouvelle ; un groupe de gens alla l’annoncer à mes deux compagnons tandis qu’un cavalier se lançait à ma rencontre au galop.
Un autre homme de la tribu d’Aslam se dirigea à toute vitesse vers moi, gagna le mont et sa voix fut plus rapide que le cheval. Lorsque vint à moi celui dont j’avais entendu la voix annonciatrice de bonne nouvelle, je lui donnai les deux tuniques que je portai, en remerciement.

Par Allah, je ne possédais que celles-là ce jour-là. Je dus emprunter deux vêtements pour me couvrir. Dès lors, je partis voir le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم.

Cependant, les gens m’accueillaient par groupes pour me féliciter du repentir et me disaient :
"Réjouis-toi qu’Allah a accepté ton repentir."

Finalement, j’entrai à la mosquée ; le Messager d’Allah y était assis au milieu des gens. Talba ibn ubaydillah () se leva et se précipita à ma rencontre.
Il me serra la main et me félicita. Par Allah, aucune autre personne parmi les Muhâjirîn ne se leva pour se porter à ma rencontre sauf lui. Je n’ai jamais oublié ce geste amical de Talha.

Ka’b dit :
Aussitôt que j’eus salué le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, son visage rayonnait de joie.

Il me dit :
"Réjouis-toi du plus beau jour que ta as passé depuis que ta mère t’a enfanté !"

Je dis :
"Ce pardon provient-il de toi, ô Messager d’Allah ou est -il de la par d’Allah ?"

Il dit :
"Plutôt de la part d’Allah."

Et nous savoins bien que lorsque le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم était content son visage s’illuminait comme une face de la lune dans son éclat.

Et une fois assis devant lui, je lui dis :
"Ô Messager d’Allah ! Mon repentir m’incite à faire l’aumone de tout ce que je possède pour Allah et son Messager."

Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم dit :
"Garde une partie de tes biens, cela est préférable pour toi."

Je dis :
"Je garde donc ma part de butin de Khaybar."

je dis ensuite :
"Ô Messager d’Allah ! Allah exalté m’a sauvé par ma sincérité, et comme preuve de mon repentir, dorénavant, je ne dirai plus que la vérité jusqu’à la fin de mes jours."

Par Allah, je n’ai connu jusqu’à ce jour, aucun musulman auquel Allah ait accordé la grâce d’être plus sincère que moi depuis que j’ai dit cela au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, et je n’ai jamais eu l’intention de dire des mensonges, et j’espère qu’Allah me préservera pour les jours qui me restent à vivre.

Il dit :
Allah exalté fit alors descendre ces versets :
"Allah a agréé le repentir du Prophète, des Muhâjrîn et des Ansâr qui l’ont suivi dans les moments difficiles après que les coeurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier. Puis Il accueillit leur repentir car Il est Compatisant et Miséricordieux à leur égard. Et les trois qui avaient été laissés de côté, si bien que toute vaste qu’elle fût, la terre paraissait exiguë, ils se sentaient à l’étroit..."
jusqu’à ce qu’il arrivât à ces paroles :
"Ô vous qui avez cru ! Craignez pieusement Allah et soyez avec les véridiques." [1]



Ka’b dit :
"Par Allah, je nai jamais reçu d’Allah une plus grande grâce qu’il m’ait guidé vers l’Islam, que celle d’avoir été sincère avec le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم et de ne pas lui avoir dit de mensonges aui auraient causé ma perte comme cela s’est produit avec ceux qui avaient menti."

Allah exalté a révélé à propos de ceux qui avaient menti, la chose la plus dure qu’Il ait dite à propos de que quelqu’un :
"Ils vous ferons des serments par Allah, quand vous rentrerez vers eux afin que vous les excusiez. Détournez-vous d’eux car ils sont une impureté et leur refuge est l’Enfer, en rétribution de ce qu’ils acquéraient. Ils vous font des serments pour que vous les agréiez ; même si vous les agréez, Allah n’agrée pas les gens pervers." [2]

Ka’b dit :
"Nous étions nous les trois mis à l’écart de ceux qui avaient juré de leur sincérité au Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, lequel accepta leurs excuses et leur serment d’allégeance et pria pour leur pardon.
Quand à nous, il avait laissé notre cas en suspens jusqu’à ce qu’Allah décidât de notre sort."

Allah exalté avait alors dit :
"Et [Il accueillit le repentir]des trois qui avaient été laissés de côté..." [3]

Le verset ne signifie pas que nous étions resté en arrière lors de l’expédition de Tabûk, mais que nous avions été laissés de côté par rapport à ceux qui avaient faussement juré de leur sincérité. (Bukhari,Muslim)

ababacar sadikh
  • 2. ababacar sadikh | 19/06/2017

Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l'arrière si bien que, toute vaste qu'elle fût, la terre leur paraissait exiguë; ils se sentaient à l'étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu'il n'y avait d'autre refuge de Dieu qu'auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu'ils reviennent [à Lui], car Dieu est L'accueillant au repentir, le Miséricordieux .
Wa'ala alththalathati allatheena khullifoo hatta itha daqat 'alayhimu al-ardu bima rahubat wadaqat 'alayhim anfusuhum wathannoo an la maljaa mina Allahi illa ilayhi thumma taba 'alayhim liyatooboo inna Allaha huwa alttawwabu alrraheemu
وَعَلَى الثَّلاَثَةِ الَّذِينَ خُلِّفُواْ حَتَّى إِذَا ضَاقَتْ عَلَيْهِمُ الأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ وَضَاقَتْ عَلَيْهِمْ أَنفُسُهُمْ وَظَنُّواْ أَن لاَّ مَلْجَأَ مِنَ اللّهِ إِلاَّ إِلَيْهِ ثُمَّ
تَابَ عَلَيْهِمْ لِيَتُوبُواْ إِنَّ اللّهَ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ
S9V118

Djohar Youssouf
  • 3. Djohar Youssouf | 08/06/2017

Assalam anlaikoum
Alhamdou lillahi ce que vous faites est louable et qu'Allah vous bénisse. Je suis musulman, alhamdou lillahi et je veux savoir un "ayat" du Courâne Charif. Vous vous souvenez certainement du récit de l'organisation d'une grande bataille dont Raçouloullah (sans) avait insisté pour la contribution de tout le monde. Il y avait 3 vrais compagnons qui n'avaient pas participé à cette campagne, par négligence. Leur punition était que personne ne leur présentait la parole jusqu'Allah accepte leur pardon. Je voudrais savoir le " ayat" qui se trouve dans le coran qui montre qu'Allah les a pardonné. Assalam anlaikoum

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