FINANCEMENT DES ASSOCIATIONS MUSULMANES

FINANCEMENT DES ASSOCIATIONS MUSULMANES ET LIEUX DE CULTES EN FRANCE ET DOM TOM DE NOS JOURS

 

Financement pour les musulmans en france

FINANCEMENT DES ASSOCIATIONS MUSULMANES ET LIEUX DE CULTES EN FRANCE ET DOM TOM DE NOS JOURS

POURQUOI PAS UN FONDS PRIVE FRANÇAIS « CONTROLE *» QUI SERAIT A LA SOURCE POUR REGLER CELA ?

*Par le Ministère des Finances à Bercy (un bureau de comptables détaché pour cela afin de donner une grande transparence  de l’usage de ces fonds)

Ministère de l'Économie et des Finances
Télédoc 151
139, rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12

Téléphone 01 40 04 04 04

Donnez votre avis, vos subjections.

EXEMPLE :

 Création d’un fond privé caisse communautaire qui accepte les dons des musulmans ou autres résidents en France et DOM TOM  (sommes déductible des impôts à hauteur de 5000 €  cinq milles euros maximum par donateur) montant maximum hors déduction impôts sera de 20.000 € vingt milles euros par donateur.

Un recensement obligatoire de toutes les associations musulmanes avec lieux de cultes avec un engagement ce celles-ci  qui mettrons à la disposition de ce fonds public musulmans leurs statuts ainsi qu’aux mieux que possible le recensement de leurs populations de fidèles qui fréquentent leurs lieux de cultes.

Il s’avère, que souvent il y a des lieux de cultes qui ont été construits avec exagération, par rapport à leurs populations, ce qui fausse la répartition des besoins nécessaires aux musulmans, ainsi que dans les modalités de représentation élective au sein du CFCM.

Les rentrées d’argent seront déclarées auprès du Ministre de tutelle le Ministère de l’Intérieur place Beauvau Paris .

Celles-ci seront affectées en priorité aux petites associations Cultuelles musulmanes figurant dans la liste inscrite, répertoriée à cet effet, dans l’extrême besoin.

L’Islam est une religion de connaissance, d’intelligence, de respect, de tolérance, c’est sur ces principes que doit être mis en valeurs les besoins des musulmans

Les besoins :

  • Achat de bâtiments existant ; construction ; rénovation. (les frais de fournitures charges eau électricité, entretiens courants, à la charge des associations et de fidèles)
  • Achat de livres en arabe et en français  ou bilingues arabe–français sur l’étude du Culte Musulman.

Le Coran (en arabe ou bilingue) ne faisant pas partie de cette liste car ayant autorité sur le fondement de la foi musulmane. La liste  exhaustive, importante, de ces livres d’exégèse, que cela soit du rite sunnite ou chiite, devront être sur la liste étudié par le CFCM et des savants musulmans résidents sur le territoire français. Aucun livre de prosélytisme ne sera financé.

  • Rémunération et formations des imams, en partenariat avec les Centres de Formations des Imams existants et reconnus par le Ministère de l’Intérieur.
  • Aides aux projets culturels musulmans : Expositions - conférences – débats - voyages à travers la l’Histoire Musulmane en France et en Europe, très peu connue de certains musulmans. Et non- musulmans.
  • Acquisition de terrains cimetière musulman et cérémonies conforme au culte musulmans (sans cercueil) pour ceux qui le désirent.
  • Embauche d’aumôniers musulmans dans les hôpitaux et prisons. A ce jour ils sont 24 pour toute la France. Un par département  DOM TOM compris serait nécessaire.

 

Comme vous le voyez les besoins, défis sont importants. Pour cela il faut que les musulmans aient soient dans le  respect des  devoirs aussi que l’on leurs donnent leurs droits  dans ce même respect qui sont leurs sembles n’être pas à la hauteur de leurs envie de vivre pleinement leurs vie de citoyens de France. Les dirigeants des dites grandes organisations musulmanes le désirent elles vraiment et craignent elles de perdre, leur influence ? Pour ma part je ne regarde que l’intérêt des populations en souffrance de besoins  et non, mon intérêt personnel ! Les musulmans ne demandent qu’à vivre comme tous les autres  citoyens de ce pays et des DOM TOM, avec les mêmes droits et devoirs. Ce qui est très loin d’être ressenti.

La grande majorité des musulmans résident en France métropole et DOM TOM est de nationalité française ou binationale, celle-ci va en croissance évidente, selon certaines source nous serions plus près des 10 millions que des 7 millions dans vingt ans, dans cinquante ans, imaginer cette population !qu’allons nous donner en héritage ?

RAPPEL .

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est une association régie par la loi de 1901 sous l'égide du http://ministère de l'Intérieur,fonfé en 2003 par Nicolas Sarkozy Siège Hôtel de Beauvau Place Beauvau, Paris 8e*

*contact https://www.interieur.gouv.fr/Contact/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur

le CFCM A vocation à représenter les musulmans de France auprès des instances étatiques pour les questions relatives à la pratique religieuse..

Toutefois, dans les faits, cette instance « ne représenterait pas les musulmans mais le culte musulman. »

Le CFCM intervient dans les relations avec le pouvoir politique français, dans la construction des mosquées, dans le marché des aliments halal, dans la formation de certains imams, dans le développement de représentations musulmanes dans les prisons et dans l'armée française, dans la nomination d'aumôniers dans les hôpitaux, et dans la construction de carrés réservés aux musulmans dans les cimetières. Il essaye de coordonner les dates des fêtes religieuses (dont celles du رَمَضان, Ramaḍān,  qui est le neuvième mois du calendrier hégirien). SUR LE PAPIER C'EST BIEN MAIS DANS LES FAITS QU'EN EST-IL?

Fonctionnement

Le conseil d'administration est élu pour trois ans par des délégués des mosquées dont le nombre est déterminé uniquement par la surface des lieux de culte. Le conseil élit en son sein le bureau exécutif qui élit à son tour le président du CFCM pour la durée du mandat. Les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM)* sont élus en même temps.

* CRCM est une instance chargée de représenter les associations gestionnaires de lieux de culte et théoriquement les musulmans auprès des autorités.

Le nombre de délégués élus aux Conseils régionaux du culte musulman se calcule en fonction de la surface des lieux de culte : une salle de prière de 100 mètres carrés donne droit à un délégué, une mosquée de plus de 800 mètres carrés aura 15 délégués.

LA PRESSE LES MEDIAS  EN PARLE.

Le financement d'une mosquée en France : comment ça marche?

DECRYPTAGE - Quelques jours après l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray, Manuel Valls a appelé dimanche dans le JDD à "reconstruire l'islam de France". Comment? En interdisant par exemple aux pays étrangers d'investir dans la construction des mosquées.  Un besoin de transparence sur le financement de ces lieux de culte également réclamé par plusieurs personnalités musulmanes françaises.

Combien de mosquées en France?

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur, la France compte actuellement 2.500 lieux de culte musulmans. Parmi eux, des mosquées mais aussi des salles de prière. Si on rapporte ce chiffre au nombre de musulmans, entre 4 et 5 millions en France, on arrive à un total d'un lieu de culte pour à peu près 2.000 musulmans.

Lire : http://Polémique sur le financement des mosquées

Concernant le nombre de mosquées, il y en avait 90 dans le pays en 2015, contre 64 en 2009. Mais plus de 410 projets de constructions seraient en cours actuellement, http://selon le Journal des mosquées de France. Certaines sont déjà en chantier, d'autres attendent encore les fonds nécessaires.

Ce lundi, Bernard Cazeneuve a reçu place Beauvau le président et le secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech et Abdallah Zekri. A l'issue de cette rencontre, le ministre de l'Intérieur a annoncé la fermeture depuis décembre d'une vingtaine de mosquées et de salles de prière, considérées comme radicales. 

Une mosquée, combien ça coûte?

Pour construire une mosquée, il faut compter plusieurs millions d'euros. Même plus de 10 millions d'euros pour chacun des trois projets en cours : Bordeaux, Mulhouse et Marseille. Pour cette dernière, l'addition grimpe même à 22 millions d'euros, selon le JDD.

Comment les mosquées sont-elles financées?

Il y a plusieurs sources de financement pour ces lieux de culte. Ce qui est sûr, c'est qu'il est interdit à l'Etat de subventionner les associations cultuelles, depuis la loi de 1905. Ces projets sont donc principalement financés par les fidèles, à travers des quêtes, complétées ensuite par des dons d'associations musulmanes et parfois même d'autres lieux de culte. Mais quand, malgré toute cette mobilisation, les fonds ne sont pas suffisants, l'appel à des donateurs étrangers est inévitable. 10% des projets de mosquées seraient financés par des étrangers, avait déclaré début 2016 Thomas Andrieu, le directeur des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l'Intérieur.

Qui sont ces mécènes étrangers?

Le plus souvent, ils proviennent d'Algérie, du Maroc, du Qatar, des Emirats Arabes Unis ou encore d'Arabie Saoudite. Le financement peut venir de riches hommes d'affaires comme des Etats eux-mêmes. L'Algérie a par exemple versé la somme d'1,8 million d'euros en 2013 à la Grande mosquée de Paris. L'Arabie Saoudite a déboursé quant à elle plus de 3,7 millions d'euros, qui ont aidé à construire huit mosquées sur le sol français. Impossible par contre de connaître le montant des dons privés, et c'est ce manque de transparence que dénoncent aujourd'hui les politiques mais aussi certains musulmans.

Peut-on réellement se passer du financement étranger des mosquées?

Dans les colonnes du JDD, le Premier ministre a déclaré être favorable à une interdiction temporaire de ce financement étranger, afin "d'inventer une nouvelle relation" avec l'islam de France. Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l'Orne et auteure du rapport "de l'Islam en France à l'Islam de France : établir la transparence et lever les ambiguïtés", juge la proposition "absurde et impossible". Pour elle, "l'Etat ne peut pas financer la construction de mosquées en raison de la loi de 1905, et les fidèles ne peuvent pas le faire seuls (…) c'est une équation insoluble", a-t-elle déclaré à l'AFP. Pour la sénatrice, il ne faudrait pas interdire ces financements étrangers mais mieux les encadrer. Une proposition de loi pour plus de transparence pourrait d'ailleurs arriver dans le débat public à l'automne prochain. 

Source: leJDD.fr

Islam en France : « La question du financement des lieux de culte est accessoire »

Auteure d’un rapport sur l’organisation et le financement de l’islam en France, la sénatrice Nathalie Goulet réagit aux différentes propositions de responsables politiques.

LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Perrine Mouterde

Instaurer une « taxe halal » pour financer l’islam en France, suspendre temporairement les financements étrangers de mosquées… Depuis l’assassinat du père Jacques Hamel le 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans une attaque revendiquée par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), plusieurs responsables politiques ont avancé des propositions pour réformer l’organisation et le financement de l’islam en France.

Pour Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et rapporteure d’une mission d’information sur le sujet, dont http://le rapport a été publié le 5 juillet, la priorité est de mettre fin au principe des imams détachés et d’établir une fondation transparente afin de centraliser les financements de l’islam.

L’influence de pays étrangers dans l’organisation de l’islam de France est souvent dénoncée. Est-ce une réalité ?

Nathalie Goulet : Le poids de certains pays a été une grosse surprise au moment de la rédaction de notre rapport. Mais ce ne sont pas forcément ceux que l’on croit qui sont les plus influents. Les pays du Golfe sont bien moins présents que les « pays d’origine », l’Algérie, le Maroc et la Turquie. Ces trois Etats exercent une réelle influence par le biais du financement de bâtiments, d’écoles, de la formation d’imams et de l’envoi d’imams détachés – qui sont des fonctionnaires payés par leur pays d’origine –, et par le biais de la gouvernance du Conseil français du culte musulman (CFCM).

L’Arabie saoudite n’est pas le pays qui finance le plus l’islam en France. Et elle est traditionnellement très attentive à ce qu’elle finance, pour ne pas aggraver une réputation déjà mauvaise.

Manuel Valls s’est dit favorable à la suspension temporaire des financements étrangers des mosquées. Y êtes-vous également favorable ?

Le premier ministre parle de suspendre les financements étrangers, mais par quoi vont-ils être remplacés ? Par des financements du ministère de la fonction publique ? Il est souhaitable qu’il n’y ait plus de financements étrangers, mais c’est une imposture de laisser penser que le problème peut se régler comme ça.

La question du financement des lieux de culte est accessoire. Le Louvre ou l’Institut du monde arabe reçoivent bien des financements étrangers, de façon transparente. Avant tout, il faut travailler à mettre un terme au principe des imams détachés et à celui des imams français qui vont se former au Maroc.

D’autre part, cette proposition de Manuel Valls repose sur l’idée selon laquelle la radicalisation se fait dans les lieux de culte, ce qui n’est pas forcément le cas. Si on réduit la voilure pour la construction des mosquées, on va retourner à l’islam des caves où l’on peut prêcher n’importe quoi.

Entretien :   Manuel Valls : « Il y a une ligne infranchissable, l’Etat de droit »

Il y a, selon votre rapport, 301 imams détachés en France pour environ 2 500 lieux de culte musulmans. En quoi est-ce un problème ?

Il y a 301 fois la possibilité, pour des citoyens français de confession musulmane, d’assister à des prêches dirigés par des imams qui ne sont pas français et sont payés par un Etat étranger. C’est plus problématique que les financements étrangers de mosquées. Là, il ne s’agit pas de pierres…

« La plupart des imams détachés n’ont jamais reçu d’éducation sur la Shoah*, l’homophobie, la peine de mort… »

* extermination- génocide

Les imams détachés turcs, par exemple, arrivent sous l’appellation d’assistants sociaux et non d’imams. Ils parlent à peine français, n’ont jamais vu un Arménien de leur vie, ne savent pas qu’en France on reconnaît le génocide arménien. La plupart des imams détachés n’ont jamais reçu d’éducation sur la Shoah, l’homophobie, la peine de mort… Ils n’ont pas ces éléments de contexte importants, or ils jouent un rôle dans les communautés.

Aujourd’hui en France, la formation des imams est éclatée et payante. Cela revient souvent moins cher d’aller se former au Maroc. Il faut mettre en place une formation qui soit homologuée, scientifiquement et religieusement.

Lire :   http://Au Maroc, former des imams africains et français pour lutter contre le terrorisme

Pourquoi cette question du financement est-elle cruciale ?

On considère que l’islam est une religion comme une autre, mais on ne lui donne pas les moyens de l’être. L’islam est une religion récente sur le territoire national, confrontée à un accroissement de sa population. Il y a un besoin de rattrapage par rapport aux autres religions. Les communautés musulmanes ont besoin d’avoir des structures, des écoles, des mosquées, des lieux associatifs. Il faut que les musulmans puissent exercer leur culte de façon décente.

Aujourd’hui, si une fille de 14 ans veut porter le voile, elle va chercher une école religieuse musulmane, mais il y en a très peu. Un enfant juif qui veut manger casher et porter sa kippa trouvera lui une école juive. Les crispations sont plus fortes dans les communautés musulmanes car elles ne disposent pas de tous les outils pour exercer leur culte.

Quelles sont les pistes pour un financement français de l’islam ? Que pensez-vous de l’idée de relancer une « fondation de l’islam de France », évoquée par M. Valls ?

Il faut réactiver cette Fondation pour les œuvres de l’islam de France [créée par décret en 2005] pour que tous les financements transitent par elle. Ceux de l’étranger, et ceux des communautés musulmanes françaises [ce sont elles qui financent, par leurs dons, l’essentiel des coûts de construction et d’entretien des mosquées – seule une vingtaine de mosquées ont été financées par des organisations ou des Etats étrangers].

Cette fondation doit avoir une gouvernance mixte avec un représentant du Conseil d’Etat, un comptable du Trésor. Il faut également mettre en place une comptabilité analytique pour que l’argent algérien soit utilisé pour des lieux de culte algérien, l’argent marocain pour les lieux de culte marocain… C’est nécessaire, si l’on veut que les communautés donnent leur accord à cette fondation. Les Algériens ne veulent pas payer pour les Turcs, et vice versa, même si l’idée d’un lieu de culte algérien n’a pas de sens en France. Si la mise en place de cette fondation a été un échec il y a dix ans, c’est pour des raisons de gouvernance.

Une fois que cette fondation sera établie et fonctionnera de façon transparente, les musulmans qui ont réussi pourront donner de l’argent et obtenir une déduction fiscale. Le premier à avoir mis de l’argent sur le compte de la fondation il y a dix ans, où il se trouve toujours, c’est Serge Dassault [sénateur de l’Essonne et chef d’entreprise].

Il y a urgence pour les communautés musulmanes à s’organiser et à se mettre d’accord sur cette gouvernance. C’est à elles de le faire. Je pense que des choses qui étaient inimaginables il y a dix ans paraissent évidentes dans le contexte actuel, pour des questions de sécurité et de cohésion de la société française. Ces musulmans sont avant tout des Français.

Décryptage :   Comment est organisé l’islam de France ?

Julien Dray (PS), Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) ou François Bayrou (Modem) prônent l’instauration d’une « taxe halal » pour financer l’islam de France.

Légalement, il n’est pas possible d’instaurer une taxe sur une donnée religieuse [une « taxe halal » pourrait contrevenir au principe constitutionnel d’égalité devant l’impôt. L’objectif de financement du culte musulman ne correspond pas à un objectif d’intérêt général permettant de justifier une différence de traitement entre produits halal et non halal]. Et techniquement, une « taxe halal » serait aussi impossible à mettre en œuvre, parce qu’il n’y a pas d’unité autour de la notion de halal.

Ce qui serait possible, c’est que les représentants du culte instaurent eux-mêmes une redevance privée pour services rendus au moment de l’abattage, qui serait fixée par la communauté, collectée et envoyée à la fondation.

Voyez-vous d’autres pistes pour améliorer le financement de l’islam de France ?

Il faut développer Tracfin, la cellule antiblanchiment rattachée au ministère des finances, même si elle fonctionne déjà. Si un versement anormal arrive sur le compte d’une association, quelle qu’elle soit, cela envoie immédiatement un signal. Vous ne pouvez pas recevoir 100 000 euros sans que Tracfin le sache.

Les communautés musulmanes pourraient aussi améliorer le contrôle de la « zakat » (l’aumône), en instaurant un guide de bonne conduite selon lequel l’argent devrait être versé directement aux associations homologuées. Pendant le mois de ramadan, une mosquée moyenne de banlieue parisienne peut récolter près d’un million d’euros.

Au-delà du financement, y a-t-il un problème de représentation de l’islam ?

 

La mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM) était une nécessité, il fallait un interlocuteur à l’Etat. Mais depuis des années, cet organe n’a jamais réussi à être représentatif. Si j’étais présidente du CFCM, j’ouvrirais un grand débat, je mettrais en place une assemblée constituante pour revoir les statuts, j’appellerais les jeunes et les membres d’associations qui peuvent se sentir exclus à participer aux travaux, je mettrais en place le principe un homme ou une femme égale un vote… Mais cela doit venir des musulmans eux-mêmes. Peut-être qu’un jour, de jeunes musulmans lanceront une pétition en ligne et créeront une grande association concurrente.

« Il n’appartient pas à l’Etat d’organiser le culte musulman »

Les annonces du ministre de l’intérieur sur l’islam de France signent l’échec du Conseil français du culte musulman, selon l’islamologue et écrivain Ghaleb Bencheikh.

Après la tragédie qui a ébranlé notre nation en début d’année civile où l’élément islamique était « violemment » impliqué, nous voilà confrontés à la question épineuse des instances représentatives du culte islamique en France. Rappelons que chez les puristes l’adjectif « musulman » ne qualifie que celui qui est animé et doué de raison. Ce seront alors, les hommes et les femmes, la communauté ou les peuples et non pas les instituts ni le culte ni les conseils !

Cette question est encore une fois posée avec une grande acuité. D’ailleurs, le simple fait qu’elle ressurgisse avec insistance marque ipso facto la faillite du Conseil existant. Elle en souligne l’impuissance et la déficience.

Alors, il est temps de mettre à profit l’effervescence cérébrale autour de ce débat pour mettre un peu d’ordre dans le fatras idéel qui y prévaut. A commencer par tenir une réflexion de fond sur ce qui est considéré, non sans raison, comme la clé de voûte de nos institutions républicaines.

En effet, cela aura le mérite d’apaiser les tensions et de voir un peu plus clair à propos d’un concept en mutation : la laïcité. Elle n’est plus un concept autosuffisant dès lors qu’elle nécessite l’adjonction d’épithètes comme positive, ouverte, intelligente, indifférente, inclusive, et en creux, de certains antonymes négatifs, fermée, combative, exclusive, pour être mieux cernée.

Enjeu du jeu politique

Cette réflexion est d’autant plus nécessaire que l’évolution interne à notre démocratie n’a pas été accompagnée d’un investissement intellectuel conséquent. Le caractère, désormais imprécis, des nouvelles et différentes conceptions affichées de la laïcité rend compte de l’incertitude dans laquelle nous nous sommes retrouvés depuis quelques années.

Une analyse affinée doit être menée au moins à trois niveaux : celui de l’organisation politique, dont découle, ensuite, une redéfinition de la place et du rôle de la religion dans l’espace démocratique ; celui du sens général attribué au principe même de laïcité, lui aussi tributaire des conjonctures et de l’évolution de l’agencement de la société ; celui, enfin, concernant les consciences croyantes des citoyens, selon qu’elles reconnaissent ou dénient à ce principe une fécondité spirituelle engageant leur expérience de foi.

Tant et si bien que lorsqu’il était requis de l’individu de se fondre dans la communauté nationale, en se montrant discret sur ses singularités afin d’accéder à l’état d’être citoyen in abstracto de ses appartenances en tant que sujet de droit, jouissant des libertés fondamentales, l’islamisme politique contemporain, en l’occurrence, promeut, à l’opposé, ses particularités, notamment confessionnelles, comme une revendication politico-identitaire. Elles deviennent alors un enjeu du jeu politique. C’est ce que les pouvoirs publics tentent d’organiser avec les citoyens français de confession islamique.

Sauf qu’en toute rigueur, une compréhension stricto sensu de la laïcité implique qu’il n’y a aucune raison de voir ces pouvoirs publics s’immiscer dans la gestion d’un culte quel qu’il soit… Néanmoins, une approche lato sensu de ces faits nous ferait admettre que l’autorité publique n’a pas épuisé le principe régulateur des sociétés ouvertes sur la diversité des options religieuses et métaphysiques.

Hiérarques* autoproclamés

* Ce mot est construit à partir du grec hieros (« sacré ») auquel est ajouté le suffixe -arque (« personne qui détient le pouvoir »).

A ce sujet, le ministre de l’intérieur, garant des libertés publiques, qui cherche à avoir des interlocuteurs privilégiés parlant au nom de la tradition religieuse islamique en France est plus que légitime. La difficulté réside dans la confusion entre « représenter » les Français musulmans et « présider » une instance qui gère la pratique de leur culte. C’est que nous ne sommes pas dans le même registre.

Dans un premier cas, les citoyens musulmans ne seront et ne pourront être représentés que par leurs élus dans toutes les strates de la vie publique – à ce sujet, il vaut mieux, pour notre démocratie, que le collège électoral soit conforme au collège électif. Et dans un second cas, il s’agit de susciter parmi la frange islamique de la nation des hommes et des femmes qui aient la compétence, la connaissance, l’envergure et la stature d’être des pôles autour desquels s’agrègent les fidèles. L’autorité publique dont l’intervention doit être minimaliste pourrait jouer, en l’espèce, le rôle d’une simple catalyse.

Au-delà de l’intervention de l’administration, c’est son interventionnisme – avec cette idée que le suffixe « isme » étouffe la racine – qui est préjudiciable. Ce sera le cas tant qu’il n’y aura pas un sursaut salvateur de la part des citoyens musulmans pour s’organiser eux-mêmes en sociétés savantes et en instances de gestion de leur culte. Sinon, la nature ayant horreur du vide, on aura des hiérarques autoproclamés d’un côté, et de l’autre, l’immixtion du politique. Il est à craindre que nous ne soyons toujours pas sortis de cette ornière.

Sans m’appesantir sur des pratiques que nous brocardons dans les républiques bananières, il y a lieu de ne pas reproduire le scénario de ce qu’on a appelé le « conclave de Nainville-les-Roches ». En ce sens qu’un ancien ministre de l’intérieur, connu pour son hyperdynamisme, avait réuni les membres d’une consultation dans un château de la République pour faire de ces consultants des opérateurs !

Proie facile des idéologues

Il nomme le bureau de la future instance dénommée « Conseil français du culte musulman » (CFCM) en imposant des acteurs alors que le scrutin organisé post eventum n’a pas corroboré ledit bureau. Pire, la situation se représente à l’issue du premier mandat et la même décision politique maintient avec autoritarisme un président sans aucune légitimité « démocratique ». Et, le mandat d’après souffrit d’autres travers et anomalies. C’est que le résultat des votes des fidèles s’obstinait à ne pas entériner le bureau voulu par l’administration !

Plus grave encore, le bureau du CFCM est la seule instance de type cultuel à être cornaquée depuis la place Beauvau. Chose inimaginable pour nos compatriotes juifs et leur consistoire ou pour nos compatriotes catholiques et leur conférence épiscopale. Enfin, les péripéties du CFCM sont connues de tous et notamment des citoyens musulmans qui avaient affiché leur désaffection. Ils ne se reconnaissent nullement dans des personnages falots et insignifiants sans aucune compétence théologique ni connaissance de la liturgie islamique.

Aussi, ne faut-il pas s’étonner que des jeunes gens et des demoiselles n’ayant pas trouvé de modèles identificatoires ni vu leur détresse morale et leur quête spirituelle prises en charge, soient la proie facile des idéologues sermonnaires doctrinaires et que surgissent, dans le débat public, des logorrhées dégénérées sur le port du voile ; sur la non-mixité dans les piscines municipales ; sur le fait de récuser le médecin de l’autre sexe ; sur les demandes spécifiques pour une pratique aménagée du jeûne du mois de ramadan; sur le primat de la charia religieuse par rapport aux lois de la République, toutes débitées particulièrement par des imams autoproclamés, incultes et ignares.

S’ils étaient eux-mêmes éduqués, formés à l’esprit gallican, instruits, férus de sciences humaines, fins connaisseurs de leur propre théologie, ils n’auraient point proféré les billevesées et les fadaises qui confirment les préjugés dont ils sont victimes. Tout est dans l’acquisition du savoir et dans la culture. Elles sont indispensables pour les imams-thérapeutes qui prétendent « soigner » les âmes de leurs fidèles. En réalité, il est requis des imams d’être simplement de bons liturges*1, savoir conduire un office et présider une liturgie*2.

* 1 Personne chargée de dire et diriger les prières  2 Culte public rendu à Dieu
 

Comment financer l’islam de France?

SOCIETE François Hollande a balayé l’idée d’un financement public…

Publié le 03/08/16 à 12h33 — 

Il n’y aura pas de fonds publics dans la future Fondation de l’islam de France qui devrait voir le jour. Destinée à mieux maîtriser le financement des mosquées en France, notamment la construction des lieux de culte musulmans, cette Fondation ne recevra pas d’argent public, a indiqué ce mardi François Hollande, allant ainsi à l’encontre de ce qu’avait laissé entendre Manuel Valls, mardi, dans Libération. Mais d’où pourront provenir les fonds qui seront alloués à cette fondation ?

 Un financement public alternatif ?

Le financement public d’un culte est interdit par la http://loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Mais le Premier ministre, qui souhaite interdire les financements étrangers de l’islam en France, semblait ouvert à l’examen « des possibilités » de financement public en restant dans le cadre de cette loi. « Toucher à la loi de 1905 ouvrirait un débat très périlleux mais nous devons passer en revue toutes les solutions, sans nous interdire une forme de financement public, et assurer à travers la Fondation [pour l’islam de France] une transparence totale des dons et financements privés », expliquait Manuel Valls. 

A lire aussi : Financement public du culte musulman: François Hollande dit «non»

Un exercice d’équilibriste qui a été vivement critiqué par les élus Républicains : « Nous avons hélas vécu des années de compromission où (…) des municipalités de gauche et de droite finançaient en réalité des lieux de culte. C’est au fond une sorte de reconnaissance d’une situation communautariste et l’abandon d’une exigence très forte d’intégration à la française », a réagi Hervé Mariton. « J’entends qu’il puisse y avoir la nécessité de se dire qu’un financement public permettrait de régler un certain nombre de choses (…). En même temps dans la situation financière dans laquelle est la France (…), ça me paraît une mauvaise idée », a estimé pour sa part Benoist Apparu. Les financements étrangers qui sont dans le viseur du gouvernement ne concerneraient qu'une vingtaine de mosquées en France, sur les quelque 2.500 que compte le pays, d'après l’Union des organisations islamiques de France.

http://A lire aussi : Trois questions sur la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat

Une taxe sur le halal

Parmi les idées qui ont émergé pour financer le culte musulman en France, une taxe sur les produits halal pourrait être envisagée. Il s’agirait de collecter une part des ventes de produits halal pour doter la Fondation pour l’islam de France. Julien Dray, conseiller régional PS d’Ile-de-France, ou François Bayrou, président du MoDem, ont notamment remis sur la table cette proposition qui avait été avancée pour la première fois par Nathalie Kosciusko-Morizet en décembre 2015.

Une « taxe halal » ne serait toutefois possible que s’il s’agit d’une « redevance, pour service rendu », mise en place par les « communautés » et le Conseil français du culte musulman (CFCM), c’est-à-dire les représentants du culte eux-mêmes, a estimé ce mardi sur RTL la sénatrice Nathalie Goulet, auteure d’un rapport sur l’organisation de l’islam en France.

Le financement par les fidèles

Forme de financement la plus classique, les dons des fidèles pourraient être la manière la plus simple de financer le culte musulman. Pour l’Eglise catholique, en France, ce sont les legs des paroissiens et le denier de l’Eglise qui représentent la principale source de financement. La quête lors des messes, les dons faits pour les enterrements, les mariages ou les baptêmes complètent le budget de l’Eglise qui, en France, a aussi une ressource non négligeable en cas de coup dur : la vente de biens immobiliers. L’islam de France pourrait s’inspirer de ces pratiques en demandant aux fidèles de contribuer à la construction de nouvelles mosquées. « Ce sont les fidèles qui doivent financer le culte, quel que soit le culte », a estimé Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. 

D'après la mission d'information sénatoriale sur l'islam de France, les dons des fidèles musulmans représentent déjà 80% du financement des mosquées et atteignent un pic pendant le ramadan: certaines mosquées peuvent alors collecter jusqu'à un million d'euros.

 

Décryptage

Six idées reçues sur le financement des mosquées et du culte musulman

Par Balla Fofana —

La question revient régulièrement dans le débat, et notamment lors du débat de la primaire à droite. Le point sur la question du financement des mosquées et du culte musulman.

1. Les mosquées en France sont majoritairement financées par des pays étrangers 

FAUX. Dans un récent rapport sur http://l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte, les deux sénatrices Corinne Féret (PS), Nathalie Goulet (UDI) et le sénateur André Reichardt (LR) soulignent que le financement de la construction et de l’entretien des mosquées est assuré majoritairement par la communauté musulmane elle-même. Et ce grâce aux dons des fidèles, notamment pendant le mois du ramadan, mois durant lequel les croyants sont amenés à faire preuve d’une grande générosité entre aumônes spontanées (sadaqa) et «l’aumône purificatrice obligatoire» de la fin du mois de jeûne (zakât al-fitr). Amar Lasfar, président de l’UOIF qui rassemble le plus grand nombre de mosquées parmi les grandes fédérations nationales, a ainsi indiqué que «hormis une vingtaine de mosquées financées par des organisations ou des Etats étrangers, l’immense majorité est financée par la communauté musulmane».

Selon Bernard Godard, le «monsieur islam» du ministère de l’Intérieur, la proportion d’argent venant de l’étranger (mécènes privés et Etats) est de 20 à 30%. Ces deniers iraient souvent aux lieux de culte les plus grands, notamment les «mosquées-cathédrales», qui ne sont pas connues comme des foyers de radicalité. Pour ce spécialiste, les mosquées salafistes (environ 120 sur 2 500 lieux de culte musulmans) sont moins payées par l’étranger, car les pays du Golfe se méfieraient à l’idée de voir arriver leurs financements dans de tels circuits.

2. Les mosquées sont principalement financées par l’Arabie Saoudite et le Qatar

FAUX. Selon le rapport d’information du Sénat, les subventions des principaux Etats s’élèvent à quelques millions d’euros par an : 6 pour le Maroc (dont le salaire de ses imams), 2 pour l’Algérie allant à la Grande Mosquée de Paris, 3,8 de l’Arabie Saoudite en tout depuis 2011, tandis que la Turquie finance indirectement ses cadres religieux. «Ce n’est pas l’Arabie Saoudite», avec son idéologie wahhabite rigoriste, «qui gouverne l’islam de France, ce sont les pays d’origine», principalement l’Algérie, le Maroc et la Turquie, rappelle Nathalie Goulet. Même si selon plusieurs sources, le rapport «oublierait» d’importants bailleurs de fonds comme le Qatar, les sénateurs estiment que le pays «n’est pas le plus gros bailleur de fonds». La fondation Qatar Charity et d’autres structures similaires issues des pays du Golfe aident surtout «à financer la mise en place d’établissements privés musulmans – l’achat du bâtiment par exemple, mais pas le fonctionnement» explique Makhlouf Mamèche, président de la Fédération nationale de l’enseignement privé musulman (FNEM).

A lire aussi http://Les sénateurs critiquent un islam de France sous influence étrangère

3. La France peut se passer des financements étrangers pour ses mosquées

DIFFICILE. Il est difficile, en l’état, de faire sans les financements étrangers. Le contribuable ne peut se substituer aux donations étrangères, ce serait une violation de la laïcité. Pour Nathalie Goulet, l’une des pistes d’avenir serait de relancer la Fondation des œuvres de l’islam pour recueillir, dans la «transparence» et la «traçabilité», les financements étrangers. Notons tout de même que lorsque l’argent arrive sur un compte bancaire, Tracfin, l’organisme du ministère de l’Economie et des Finances chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent, est prévenu. «Les ministères savent donc d’où viennent les financements extérieurs. Les fonds perçus par les mosquées ne sont donc pas incontrôlés et/ou incontrôlables», explique la sénatrice UDI. Le problème principal reste dû à l’échec d’un projet de centralisation financière des moyens de l’islam de France. D’où l’idée de relancer la Fondation des œuvres de l’islam.

A lire aussi http://L’exécutif lance la rénovation express de la Fondation pour les œuvres de l’islam de France

4. La France peut former seule ses imams 

PAS POUR LE MOMENT. L’idée semble illusoire dans l’immédiat, faute de structures d’enseignement suffisantes. Pour animer leurs prêches, les associations cultuelles musulmanes ont besoin des quelque 300 «imams détachés» par la Turquie (151), l’Algérie (120) et le Maroc (30). Ils sont souvent les plus stables professionnellement et les mieux formés en théologie parmi les quelque 1 800 imams exerçant en France, dont un grand nombre sont rémunérés à temps partiel, voire sont bénévoles. Le gouvernement a d’ailleurs renforcé ces derniers mois les accords avec Rabat et Alger pour la formation et le contrôle de ces cadres.

A lire aussihttp://«La priorité, c’est la formation des imams, des aumôniers»

5. Pour financer les mosquées, l'Etat peut mettre en place une taxe sur les produits halal

FAUX. Dans le cadre d’une République laïque basée sur le principe de la séparation des Églises et de l’État, l’hypothèse d’une taxe halal débouche sur un obstacle juridique. Prélever une taxe pour l’affecter au culte musulman contreviendrait, en effet, à l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905. L’attribution d’une recette fiscale à un organisme privé n’est possible que s’il exerce une mission de service public, «ce que ne saurait être l’exercice du culte sous l’empire de la loi de 1905» révèle le rapport sur l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte.

A cette impasse juridique, s’ajoute un obstacle théorique. Il n’y a pas de norme unifiée du halal pour définir une assiette fiscale. L’idée d’un financement par la vente de viande halal calquée sur le modèle de la cacherout juif n’est pas envisageable. Ce système de financement rabbinique, mis en place bien avant la révolution industrielle, permet le prélèvement d’un pourcentage sur la vente de viande issue d’un abattage rituel et redistribué pour financer des activités religieuses. Les certifications casher sont attachées à des autorités rabbiniques alors que les certificats halal sont vendus par des entreprises commerciales qui n’ont pas à rendre compte à une autorité religieuse.

A lire aussi http://Financer le culte musulman par la viande halal ?

Il existe enfin un obstacle politique lié à l’organisation du culte musulman. Difficile d’imaginer une affectation consensuelle d’une taxe halal entre les différentes fédérations musulmanes. La mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM), en 2003, n’a pas réussi à faire émerger un islam hexagonal unifié. Mais a produit paradoxalement l’effet contraire, renforçant le poids des pays d’origine : la fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris pour l’Algérie (FNGMP), le Rassemblement des musulmans de France (RMF) pour le Maroc et le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) pour la Turquie. Les intérêts divergents de toutes ces fédérations ont provoqué de féroces luttes intestines qui ont paralysé le CFCM, structure éloignée des musulmans de France. Une «taxe halal» finançant le culte musulman n’est envisageable que si elle est mise en place par les représentants de culte eux-mêmes comme une redevance privée pour services rendus, à l’image de la cacherout. Le rapport explique qu’il faudrait pour cela réunir deux conditions:

1) Un accord des différentes composantes de l’Islam sur une norme commune du halal. La «charte du halal» développée par le CFCM n’en constitue qu’une ébauche, puisqu’elle d’autres normes définies par différents acteurs du halal s’y superposent.

2) Un accord des différentes fédérations sur l’affectation du produit. La recette ainsi générée devrait être ensuite répartie entre les différents projets, mosquées existantes ou centres de formation des imams.

A lire aussi http://Les quatre plaies du Conseil du culte musulman

6. Les mosquées sont les seuls lieux de culte financés par l’étranger

FAUX. «Si vous commencez à parler de mettre fin à l’argent venu de l’étranger pour les lieux de culte, va se poser la question de la réfection des temples protestants», prévient Bernard Godard. Et le spécialiste de confirmer que le plus gros financement actuellement engagé concerne non pas une mosquée, mais une cathédrale orthodoxe russe. Moscou a en effet, fourni un apport d’environ 100 millions d’euros.

Financer le culte musulman par la viande halal ?

Par Florence Bergeaud-Blackler, Anthropologue, chargée de recherches au CNRS, à l’Institut de recherches au CNRS, à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam) —

Après les attentats de janvier 2015, Manuel Valls a annoncé, mi-février, le lancement d’une consultation destinée à «poser toutes les questions» sur le financement du culte musulman. On a vu resurgir, tel le serpent de mer, cette idée aussi séduisante que fausse, d’un financement du culte par la viande halal. Je voudrais expliquer, brièvement, pourquoi cette piste ne me paraît ni praticable ni souhaitable.

L’idée d’un financement par la vente de viande halal est calquée sur le modèle juif de la cacherout : un pourcentage est prélevé sur la vente de viande issue d’un abattage rituel et redistribué pour financer des activités religieuses. Peut-on faire avec le halal ce que l’on fait avec le cacher ? La réponse est négative, car les modèles historiques et économiques sont différents. Le système de financement rabbinique a été mis en place bien avant la révolution industrielle pour assumer financièrement la ghettoïsation des diasporas juives. Le marché halal est né au stade industriel dans les années 80 sur la base de garanties de simples abatteurs musulmans ou sur celles des ambassades ou superviseurs dépêchés par les Etats importateurs. Les certifications cacher sont attachées à des autorités rabbiniques alors que les certificats halal sont vendus par des entreprises commerciales qui n’ont pas à rendre compte à une autorité religieuse. Il découle de cette histoire récente que si le concept «halal» se rapporte au domaine intellectuel de l’islam, sa version industrielle a été mise au point par des marchands et, qu’en conséquence, le «marché halal» appartient, en grande partie, à ces derniers. Et ceux-ci n’ont aucune intention de reverser «une taxe» au culte musulman.

En France, les principaux bénéficiaires de ce marché de la garantie halal sont les industries alimentaires qui s’autocertifient et une dizaine d’«agences de certification halal» spécialisées. Liées ou non à des grandes mosquées, ce sont toutes des entreprises marchandes qui vendent des garanties qu’elles-mêmes élaborent, à la fois juges et parties. Ce ne sont pas des autorités religieuses mais plutôt des «agents» religieux, qui produisent des discours sur l’éthique religieuse et sont pris dans des logiques de surenchère liées à la compétition commerciale du «halal». Ils trouvent un écho auprès de millions de consommateurs, qui ne connaissent pas les procédés de fabrication, et confondent sévérité des règles avec garantie d’authenticité.

Le marketing et le radicalisme musulman sont en phase, l’un, au nom de la «segmentation», l’autre, de la «pureté», dans la formation d’une «marque» halal qui s’appose sur tout et n’importe quoi, en vertu de supposées règles islamiques toujours plus strictes qui réduisent progressivement l’espace alimentaire et identitaire musulman. Le contrôle social est parfois tel que celui qui ne mange pas halal est suspect de relâchement religieux, même s’il préfère un poulet «bio» à un poulet de batterie «halal» abattu dans des conditions affreuses pour l’animal comme pour l’homme. Ce phénomène existe parfois chez les écoliers qui n’échangent plus les bonbons, devenus suspects.

Mais que valent ces quelques ratés de l’intégration en regard des bénéfices de grandes entreprises françaises qui exportent massivement du halal vers les pays musulmans ? Même si nous parlons ici d’un phénomène mondial et mondialisé, les formes sournoises de radicalisation ne viennent pas uniquement de l’argent étranger, elles peuvent, même «Made in France», être exportées vers l’étranger.

Cette surenchère est en train de se retourner contre les industriels car le halal business a produit ces nouveaux entrepreneurs de morale, blogueurs, et groupes de «consommateurs musulmans» qui s’activent à «moraliser» le marché en organisant d’agressives campagnes contre ce qu’ils nomment le «faux» halal. Ils s’attaquent à des contrats de millions d’euros en faisant pression sur les consommateurs de pays musulmans afin que ces derniers exigent telle agence de certification française plutôt que telle autre. Le business du halal n’est pas la poule aux œufs d’or rêvée, mais peut s’avérer être une redoutable machine à financer des idéologies religieuses.

Le marketing halal nourrit des formes de radicalité, favorise la nomolâtrie - l’adoration des normes - et celles de la pureté alimentaire. Si le but recherché est de favoriser un islam antidote au radicalisme, alors l’argent du marché halal n’est pas la solution… mais plutôt un problème. La neutralisation des idéologies radicales passe aussi par le desserrement de la contrainte alimentaire. Le consumérisme halal est récent, il n’est pas une «habitude culturelle», mais un épisode de clôture de l’espace alimentaire musulman comme il y en a eu beaucoup dans la longue histoire de l’islam. Cet espace peut s’ouvrir, cela avait été le cas, au début du XXe siècle, lorsque l’une des figures emblématiques de l’Islah (le réformisme musulman), Muhammad Abduh, avait, en 1903, tenté de rapprocher Orient et Occident en ouvrant l’espace alimentaire musulman. Qui s’en souvient

https://www.ehess.fr/sites/default/files/appels/fichiers/12-hallal-mi-menesr-2016.pdf

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01159329/document

Pourquoi l’estimation du nombre de musulmans en France réalisée par l’Institut Montaigne est très éloignée de la réalité

Une enquête réalisée par l’Ifop a servi de base à une étude de l'Institut Montaigne sur les musulmans de France. Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes a été ainsi établi. Les quotas - âge, sexe, nationalité, etc. - permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères mais n'assurent pas la représentativité selon la religion.


Atlantico : Dans son rapport sur les musulmans de France publié en exclusivité par le JDD, l'Institut Montaigne avance qu'il y a entre 3 et 4 millions de musulmans en France. Ces derniers représenteraient par ailleurs 5,6% des plus de 15 ans. Ces estimations vous semblent-elles correctes ?

Michèle Tribalat : L’enquête de l’IFOP réalisée pour l’Institut Montaigne a été conduite auprès de personnes âgées de 15 ans ou plus. Très prudemment, nulle part dans le rapport de l’Institut Montaigne, il n’est écrit qu’il y a entre 3 et 4 millions de musulmans. Seul le pourcentage de 5,6 % est cité et 5,6 % de la population de France métropolitaine de cet âge correspond exactement à 3 millions. Je suppose que l’on a extrapolé, sans trop savoir comment, aux plus jeunes (moins de 15 ans), ce qui a donné cette fourchette incroyable : entre 3 et 4 millions.

Ces chiffres sont très en-dessous d’estimations plus fiables. J’avais estimé, à partir de l’enquête Teo de 2008 dans laquelle on demandait la religion, à 4,2 millions le nombre de musulmans. Le tableau de l’accroissement en 2008 (à partir de l’estimation des naissances, des décès et du solde migratoire) m’avait amenée à écrire que les 5 millions seraient franchis autour de 20141. Imagine-t-on, compte tenu des flux migratoires et de l’accroissement naturel, que le nombre de musulmans a diminué depuis 2008 ? Les musulmans se seraient-ils mis à quitter en masse leur religion ces dernières années ?

1 Assimilation. La fin du modèle français, Le Toucan, 2013.

Sur quelles bases ces estimations ont-elles été faites ? 

En fait, l’enquête Ifop est une enquête par quotas auprès d’un peu plus de 15 459 personnes, réalisée sur une quarantaine de jours entre le 13 avril 2016 et le 23 mai 2016. Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes ou ayant au moins un parent musulman (dont 874 se déclarant musulmanes) a été ainsi établi. Les quotas - âge, sexe, CS, nationalité, région, taille d’unité urbaine - permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères et non sur d’autres critères. La représentativité selon la religion n’est ainsi pas assurée. Il est d’ailleurs vraisemblable que l’enquête de l’Ifop n’a pas touché la population musulmane en proportion comme elle l’aurait dû. Il n’est pas sûr non plus qu’elle ne souffre pas de biais d’observation. Rappelons que les estimations réalisées précédemment par l’IFOP en 2005-2009 et en 2008-2011 donnaient une proportion légèrement plus élevée de musulmans (5,8 % dans les deux cas).

L’enquête Teo, réalisée de manière aléatoire (tirage au hasard) par l’Ined et l’Insee en 2008 auprès de personnes âgées de 18-50 ans est un outil plus fiable. Elle comprenait un échantillon d’un peu plus de 5 000 musulmans. Les informations recueillies sur les enfants ont permis de compléter la pyramide des âges, par le bas. Restait à estimer les plus de 50 ans. Je l’ai fait. L’équipe de chercheurs de l’enquête Teo a, ensuite, fait à peu près la même chose, donnant des résultats similaires. Et le Pew Research Center s’en est lui-aussi servi pour estimer la population musulmane en France à la mi-2010 (4,7 millions).

Comment expliquez-vous qu'il y ait de tels écarts entre les différentes estimations sur le nombre de musulmans en France ? Quels sont aujourd'hui les moyens de la statistique publique ?

Les écarts proviennent pour ce cas précis de méthodes différentes pour des enquêtes d’envergures différentes. Ce que j’ai expliqué plus haut. Les chiffres qui nourrissent régulièrement l’actualité sont le plus souvent entièrement fantaisistes. Leurs promoteurs sont incapables d’en expliquer la fabrication. Ils ne sont jamais sourcés. Pour être discutée, il faut qu’une estimation repose sur une méthode susceptible d’être discutée et s’appuie sur une observation. La statistique publique peut tout à fait, en droit, introduire des questions sur la religion dans certaines de ses grandes enquêtes.

L’enquête Teo, qui a été menée sur le terrain par l’Insee, l’a fait. Il lui faut seulement avoir un avis favorable de la CNIL et du CNIS. L’Insee a du mal à franchir le pas car elle craint des polémiques interminables et il garde un mauvais souvenir du scandale causé, dans les années 1970, par le projet SAFARI, censé connecter des fichiers administratifs afin de produire des informations statistiques et qu’il a dû abandonner sous une bronca médiatique. C’est à la suite du scandale du fichier SAFARI que la CNIL a été créée. Ça a rendu l’Insee timide et précautionneux2.

2 Tribalat M., Statistiques ethniques. Une querelle bien française, L’Artilleur, 2016.

Azouz Begag: "Il y a 15 à 20 Millions de musulmans en France"


https://www.youtube.com/watch?v=0jdevWUXtFw

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire