Chronologie musulmane Arabie et Occident

Chronologie musulmane Arabie et Occident

Chronologie Générale de l'Islam Orient Occident

                                                       Naissance et expansion:

Calendrier musulman ou calendrier hégirien (hijri) mis a côté calendrier Julien-Grégorien 

Quand il est mention du Prophète Muhammad il est conseillé de dire :

ṣallā-llāhu ʿalayhi wa sallam صلى الله عليه و سلم : « que la paix et la prière (bénédiction) d'Allah soient sur lui

Avant l'Hégire

570  hégire -54: Mort de Abd Allah ibn Abd al-Muttalib, عبد الله بن عبد المطلب père de Muhammad (PBSL) : Le père de Muhammad était Hanif, حُنَفاء c'est à dire qu'il reconnaissait l'unicité Divine, uniquement par intuition intellectuelle, comme Abraham par exemple. L e hanifisme désigne le monothéisme d'avant l'Islam. Plus généralement, il s'agit de la doctrine de ceux qui, pendant l'Âge d'ignorance, ont rejeté les idoles et suivi l'exemple d'Abraham

570-571 hégire -53: Naissance de Muhammad (PBSL) à la Mecque : Année dite de l'Eléphant, en référence à la marche du roi Chrétien Abraha du Yémen sur la Mecque, et qui fut détruit lui et son armée alors qu'il tentait de détruire le sanctuaire sacré de la Kaaba.

610-611 hégire -11: Première révélation dans la grotte du mont Hira : ḡār ḥirāʾ, غار حراء Par l'Archange Jibril (Gabriel), Muhammad apprend son statut prophétique et la mission qui l'attend. Sa femme  Khadidja bint Khuwaylid  خَدِيجَة بِنت خُوَيلِد الطَّاهِرَة est la première personne à avoir embrassé l'Islam.

610-611 hégire -11 : Conversion de Abû Bakr As Siddîq  de son vrai nom Abdu Llâh (ou 'Atîq) Ibn Abî Quhâfah (أبو بكر عتيق “الصديق” بن أبي قحافة)1,2, surnommé al-Siddîq (le Véridique) celui qui ne ment pas : Un des plus grands compagnons du Prophète Muhammad , .

610-611 hegire -11: Conversion de Ali :Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib أبو الحسن علي بن أبي طالب, le cousin du Prophète  alors âgé de 10 ans : Il deviendra par la suite l'un des plus grands musulmans à ce jour et est surnommé la Voie de l'Eloquence, car il bénéficie d'un grand sens de la Rhétorique et de l'Eloquence.

615 hégire -7 : Conversion de `Othman, `Uthmân ibn `Affân ibn al-`Âs ibn Umayya  عثمان بن عفان بن أبي العاص بن أمية  : Un  des plus grands compagnons du Prophète Muhammad et un des plus généreux, qui ne pouvait trouver le sommeil avant de s'assurer que chaque pauvre de Médine n'ait de quoi manger ou un endroit pour dormir.

616  hégire -6: Conversion de 'Hamza Ibn ʿAbd al-Muttalib : حمزه بن عبد المطلب, oncle du Prophète Muhammad  : Souvent désigné comme le lion d'Allah أسداللهet le lion du paradis  : أسدالجنة, d'abord il se convertit pour protéger son neveu, puis par foi envers la nouvelle religion.

617 hégire -5: Conversion de Omar ibn al-Khattâb عمر بن الخطاب : Un autre des plus grands compagnons du Prophète Muhammad , surnommé le Juste.

619 hégire -3 : Mort de Abu Talib,  oncle du Prophète: Ce dernier sera mort sans avoir prononcé la Chahada (l'attestation de foi). se trouva sur son lit de mort, le Prophète l’invita plusieurs fois à embrasser l’Islam mais il refusa et mourut sur la religion de ses ancêtres. Il n’est par conséquent pas considéré comme un Compagnon du Prophète.

Abû Tâlib ibn Abd al-Muttalib ابو طالب بن عبدالمطلب / ʾAbū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib v. 550 - 619) est un oncle paternel de Muhammad (sur lui le salut et la paix » . Avec son père Abd al-Muttalib, il élève celui-ci après la mort de sa mère  Āmina bint Wahb ( آمنة بنت وهبen 577, son père Abdallah étant mort (4) quatre mois avant sa naissance en 570. Étant du nombre des puissants de la Mecque, il protégea le Prophète contre ceux parmi les Quraychites qui voulurent cesser l’appel à l’Islam

 

 

L'Hégire هجرة [hiǧraʰ], « exil » ; « rupture » ; « séparation »)

622 HEGIRE 0 : Hijra (Hégire ou émigration) de Muhammad à Yathrib يثرب (Médine) : Le prophète rejoint une partie de ses compagnons déjà exilés et s'installe dans la ville dans le but de pouvoir répandre la parole de Dieu sereinement, mais également de préparer son retour à la Mecque. L'année de l'hégire marque le début du calendrier Musulman tel qu'il est utilisé de nos jours.

Yatrib Elle a plusieurs noms en : Al-Madīna (المدينة) « la ville » ; Al-Madīna al-Munawwara (المدينة المنورة) « la ville illuminée », Madīnatu an-Nabî (ﻣﺩﯾﻨﺔ ﺍﻟﻨﺒﻲ) « la ville du prophète », ou Madīnatu Rasûl Allah (مدينة رسول الله) « la ville du messager de Dieu » est la deuxième ville sainte de l'islam, après La Mecque

AN 624 Hégire 2: Bataille de Badr غزوة بدر

Muhammad  est victorieux face aux armées Mecquoises. C'est la première victoire des Musulmans et une revanche face à l'humiliation causée par l'exil du Prophète  Aussi appelée الغزو دي صفوان Invasion de Safouan, est la première bataille victorieuse des Arabes musulmans. C'est la bataille de Muhammad  contre le clan quraychite  qurayš قريش) qui l'avait contraint à l'exil vers Médine, et eut lieu le 17 mars 624.

Il s'agit de l'attaque d'une grande caravane commerciale mecquoise, voyageant de Syrie vers La Mecque, dans le but de s'emparer des marchandises. Elle était dirigée par Abû Sufyân, un Quraychite ennemi de Muhammad, qui avait rassemblé une force de 300 hommes pour protéger la caravane. Abû Sufyân réussit à éviter l'affrontement pendant plusieurs jours. Pendant ce temps, Abu Jahl rassemblait à La Mecque une force de 600 à 800 hommes pour défendre la caravane et éliminer Muhammad qui faisait obstacle au commerce mecquois.

Les deux forces se trouvèrent face à face le 15 mars 624 à un emplacement de puits nommé Badr, situés entre Médine et La Mecque. La bataille de Badr tourna à l'avantage du petit groupe des Arabes musulmans alors que leurs adversaires étaient beaucoup plus nombreux. Elle aurait fait 72 morts du côté mecquois (dont Abu Jahl) et seulement 14 de l'autre, qui aurait en outre capturé une cinquantaine de prisonniers. Ce succès, fit beaucoup pour la réputation de Muhammad comme chef de guerre, grâce au butin qu'elle rapporta.

L'histoire de cette bataille, évoquée dans le Coran « La Famille d’Imran », III 13,  آل عمران ; Le Coran, « Le Butin », VIII 5-6, 15-19, 47-48, 65,

Informations générales

Date

17 mars 624/17 Ramadan, 2 AH

Lieu

Badr en Arabie saoudite

Issue

Victoire musulmane

Belligérants

Quraychites

Musulmans

Commandants

Abu Jahl ,
Utba ibn Rabi'ah ,
Ummayah ibn Khalaf

Muhammad,
Abou Bakr As-Siddiq,
Omar ibn al-Khattâb,
Mousab ibn Oumayr,
Sa'd ibn Mu'adh,
Ali ibn Abi Talib,
Quais Ibn Abi Saasa'a

Forces en présence

1 000 hommes, 100 cavaliers

313 hommes, 3 cavaliers, 70 chameaux

Pertes

70 morts dont Abu Jahl et 70 prisonniers

14 morts

 

Badr campaign svg

625 hégire 3: Bataille de Uhud : غزوة أحد

 Revanche des Mecquois face à la défaite de Badr. Beaucoup plus nombreux, ces derniers profitent d'une erreur stratégique des musulmans pour mettre ces derniers en déroute. Muhammad sera considéré comme mort pendant une bonne partie de la bataille, causant une panique générale dans les rangs des Musulmans et le retrait du champ de bataille de nombreux de ses compagnons. L'oncle du Prophète, 'Hamza Ibn ʿAbd al-Muttalib  حمزه بن عبد المطلب, y trouvera la mort et son nom de "Chef des Martyrs" et de "Lion du Paradis".

bataille de `Uhud ou de `Ohod (غزوة أحد ḡazwa ʾuḥud) est une bataille entre les musulmans yathribins et le clan mecquois des Quraychites sur le mont `Uhud près de Médine en 625. La victoire fut aux traditionalistes mecquois.

Muhammad avait pris une revanche sur ses compatriotes mecquois lors de la bataille de Badr (624).

« Il vous a donné la victoire à Badr alors que vous étiez faibles. Craignez-le et rendez grâce. »

Le Coran, « La Famille d’Imran », III 123,  آل عمران 

Ce succès fit beaucoup pour la réputation de Muhammad grâce au butin qu'elle rapporta. Ce succès fut attribué à l'aide divine apportée aux musulmans contre les Quraychites.

La bataille de Uhud est au contraire une défaite. Certains Médinois dirent alors que s'ils étaient restés retranchés au lieu d'aller à la bataille le combat aurait été victorieux. Muhammad leur répond que les desseins de Dieu ne peuvent être contrariés et que s'ils devaient mourir c'était la destinée que Dieu leur avait fixée.

« Ils disent : “Si nous avions eu part à la décision nous n’aurions pas eu de morts ici”
Réponds leur : “Quand bien même vous seriez restés dans vos maisons la mort aurait frappé dans leur lit ceux dont le trépas était inscrit là-haut pour que le Seigneur éprouve ce que recèlent vos cœurs et qu’il en purifie le contenu.”
Dieu connaît ce que cachent les cœurs

Coran, « La Famille d’Imran », III 154,  آل عمران 

Bataille de Uhud

La bataille de Uhud

Informations générales

Date

23 mars 625

Lieu

Uhud 8 km de Médine en Arabie saoudite

Issue

Victoire tactique Quraychite; Victoire stratégiquement Indécise

Belligérants

Quraychite

Muhammadseal2.jpgMusulmans

Commandants

Abu Sufyan ibn Harb,
Khalid Ibn Al Walid,
Ikrimah ibn Abu Jahl,
Talha ibn Abi Talha,
Soufiane Ibn Ouaif

Muhammadseal2.jpgMuhammad,
Muhammadseal2.jpgZubayr ibn al-Awwam,
Muhammadseal2.jpgMousab ibn Oumayr
Muhammadseal2.jpgAl Moundyr Ibn Amr

Forces en présence

3 000 hommes

700 hommes

Pertes

45 morts

70 morts

 

AN 627 Hégire 5 : Bataille du fossé  غزوة الخندق

Muhammad décide qu'il est temps de se débarrasser des juifs de la tribu des Banû Nadir de Médine qui cause du tort à la religion de Dieu en semant la zizanie et le désordre parmi les rangs des Musulmans. Les Banû Nadir décident de s'enfuir, laissant leurs biens qui furent confisqués. Le nom de "Bataille du fossé" vient de l'établissement d'une longue tranchée en vue de stopper la cavalerie Mecquoise qui avait été appelée à l'aide par les Juifs exilés. C'est une des premières étapes dans l'affirmation de l'autorité du prophète  à Médine.

En 627, la bataille de la tranchée est un des épisodes de la guerre entre le prophète de l'islam, Muhammad, exilé à Médine, et les habitants de La Mecque qui l'avaient contraint à l'exil en 622. Elle est aussi appelée bataille du fossé, ou bataille des coalisés, ce dernier nom se réfère à la sourate XXXIII verset 9 et suivantes intitulée Les Coalisés qui prophétise le déroulement et l'issue de la bataille al-ḥazab, الحَزب,. al-aḥazāb, الأحزاب, coalisé ; factieux

33.9. Ô vous qui croyez ! Souvenez-vous des bienfaits de Dieu à votre égard lorsque, pour vous délivrer des armées qui marchaient contre vous, Nous suscitâmes contre elles un ouragan et des troupes que vous ne pouviez voir, car rien n'échappe à la vigilance du Seigneur.

33.10. Et au moment où les ennemis vous assaillaient de toutes parts, vos yeux étaient hagards d'épouvante et la frayeur vous prenait à la gorge, pendant que vous vous livriez sur Dieu à toutes sortes de conjectures.

33.11. C'est là que les croyants furent mis à rude épreuve et ébranlés par une terrible secousse,

33.12. tandis que les hypocrites et les sceptiques disaient : «Dieu et Son Prophète ne nous ont fait donc que de vaines promesses !»,

33.13. et qu'au même moment certains d'entre eux s'écriaient : «Ô gens de Yathrib ! Vous n'avez plus rien à faire ici ! Retournez chez vous !», alors que d'autres demandaient au Prophète la permission de se retirer de la bataille, en disant que leurs foyers étaie

.يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اذْكُرُوا نِعْمَةَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ إِذْ جَاءتْكُمْ جُنُودٌ فَأَرْسَلْنَا عَلَيْهِمْ رِيحاً وَجُنُوداً لَّمْ تَرَوْهَا وَكَانَ اللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيراً

إِذْ جَاؤُوكُم مِّن فَوْقِكُمْ وَمِنْ أَسْفَلَ مِنكُمْ وَإِذْ زَاغَتْ الْأَبْصَارُ وَبَلَغَتِ الْقُلُوبُ الْحَنَاجِرَ وَتَظُنُّونَ بِاللَّهِ الظُّنُونَا

هُنَالِكَ ابْتُلِيَ الْمُؤْمِنُونَ وَزُلْزِلُوا زِلْزَالاً شَدِيداً

وَإِذْ يَقُولُ الْمُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ مَّا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ إِلَّا غُرُوراً

.وَإِذْ قَالَت طَّائِفَةٌ مِّنْهُمْ يَا أَهْلَ يَثْرِبَ لَا مُقَامَ لَكُمْ فَارْجِعُوا وَيَسْتَأْذِنُ فَرِيقٌ مِّنْهُمُ النَّبِيَّ يَقُولُونَ إِنَّ بُيُوتَنَا عَوْرَةٌ وَمَا هِيَ بِعَوْرَةٍ إِن يُرِيدُونَ إِلَّا فِرَاراً

La bataille de la Tranchée

Informations générales

Date

Mars - Avril 627/5 Shawwal, 5 AH

Lieu

Médine en Arabie saoudite

Issue

Victoire musulmane

Belligérants

Muhammadseal2.jpgMusulmans

Coalisés

  • Tribus arabes
    • Quraych
  • Tribus Juives
    • Banu Qurayza
  • Autres tribus païennes (Banu Murra, Huyyay ibn Auf Murri, Banu Ghatafan, Bani Assad, Banu Shuja, et autres )

Commandants

Muhammadseal2.jpgMuhammad

Abu Sufyan ibn Harb

Forces en présence

3 000 hommes

10 000 hommes

Pertes

6 morts

8 morts

Battle des tranchees

 

628 hégire 6: Serment de l'arbre / Traité de Hudaybiyyah  صلح الحديبية

Les musulmans présents sous l'arbre renouvellent leur attestation de foi et donc leur confiance en la mission prophétique de Muhammad  Ce serment impressionna les Mecquois, qui décidèrent d'établir un traité (appelé traité de Hudaybiyyah) avec Muhammad  l'autorisant à se rendre à la Mecque pour effectuer le pèlerinage avec ses compagnons.

Le traité d'Houdaybiya ( صلح الحديبية) ou Hodeïbiya, est un pacte signé en 628  hégire 6 entre Muhammad et les autorités mecquoises, qui devaient permettre au prophète de l'islam et à ses fidèles de se rendre en pèlerinage à La Mecque pendant trois jours l'année suivante. Il prévoyait également une période de paix de dix ans entre les deux parties.

Au mois de Dhou al qi`da ذو القعدةde la sixième année après l'hégire, Muhammad sort de Médine en direction de La Mecque avec l'intention d'effectuer une Oumra مْرة, petit pèlerinage sans intentions belliqueuses. Il est accompagné de 700 hommes et d'un troupeau de bétail 70 têtes en  vue de sacrifice.

Lorsqu'il arrive à Usfan, il rencontre un certain Bichr Ibn Sufyan qui l'informe que les Quraychites, Khalid ibn al-Walid à leur tête, sont déterminés à le combattre et qu'ils ne le laisseront pas entrer dans La Mecque pour faire le pèlerinage. Il le met également au courant de la composition des forces quraychites et de leurs positions. Muhammad, voulant à tout prix éviter le combat, part dans les montagnes jusqu'au lieu dit Houdaybiya. Il demande à ses hommes d'y camper malgré l'absence de points d'eau. La tradition rapporte que Muhammad pique la terre avec une flèche et qu'une source en jailli.

Quraych dépêche des émissaires (agents chargé d'une mission) auprès de Muhammad pour lui faire part de leur refus catégorique pour qu'il rentre à la Mecque pour effectuer son pèlerinage. Le prophète leur envoie Othmân ibn Affân afin de leur faire comprendre que les musulmans n'ont pas des intentions guerrières, et que le prophète respecte les mois sacrés.

Les Quraychites dépêchent Suhaïl Ibn 'Amrou pour lui proposer de reporter son pèlerinage à l'année suivante pour que les tribus arabes ne leur reprochent pas leur faiblesse face à Muhammad. Le Prophète, favorable à la paix, accepte leur proposition. Omar ibn al-Khattâb manifeste son opposition au traité au prophète. Ce dernier lui fait comprendre que c'est la volonté de Dieu. Le texte du traité est écrit par Ali ibn Abi Talib sous la dictée du prophète.

« 1°) Les musulmans retourneront chez eux cette année (sans avoir accompli la Umra) et reviendront l’année prochaine, mais ils ne resteront pas à La Mecque plus de trois jours. Ils ne porteront pas d’armes autres que leurs épées rengainées. Et les Quraychites s’engagent à ne rien tenter en vue de s’opposer aux musulmans (durant leur séjour à La Mecque). »

« 2°) La guerre sera suspendue pour dix années, période durant laquelle les deux parties vivront en total sécurité sans jamais combattre. »

« 3°) Quiconque souhaitera s’unir à Muhammad dans son pacte et son alliance pourra le faire et quiconque souhaitera s’unir à Quraych dans son pacte et son alliance pourra le faire également ; tout agression contre la tribu qui se joindra à l’une ou à l’autre partie sera considérée comme visant cette dernière.»

« 4°) Si un membre de Quraych se réfugie chez Muhammad sans l’autorisation de son protecteur (Wali), il sera renvoyé à La Mecque, tandis que si un partisan de Muhammad revient à La Mecque, il ne sera pas renvoyé à Médine. »

La tribu de Banu Khuza'a s'allie à Muhammad, alors que la tribu de Banu Bakr s'allie à Quraych.

Les musulmans désireux de visiter la Mecque sont très déçus. Muhammad les réconforte et leur promet la victoire finale

Les Mecquois brisèrent le traité l'année suivante et en janvier 630,  hégire 8 Muhammad décide de conquérir la ville

Retour à la Mecque

629 Hégires 7: Premier pèlerinage des musulmans. Ce dernier fut mené par Muhammad à la Mecque. C'est la première fois depuis l'Hégire que le prophète et ses compagnons peuvent prier devant la Kaaba. الكعبة

630 Hégire 8: Rupture du traité entre Muhammad et les Mecquois : Ceci à cause d'une attaque des Banu Bakr (alliés de la Mecque) contre la tribu de bédouins de Khuza'a (allié à Médine).

Batailles de Muhammad, appelées  مغزى, maḡzā, expédition  ; campagne militaire et غزوة ḡazwa, qui a donné razzia  ; raid  ; incursion. Les deux mots qui désignent ces expéditions dérivent de la même racine signifiant conquérir ; envahir, dresse une liste des opérations de type militaire faites par les musulmans entre l'Hégire et la mort de Muhammad.

Ce sont souvent de simples expéditions avec prise de butin souvent sans bataille réelle. La prise de butin ayant principalement deux buts : récupérer les biens des émigrants — Muhâjirûns — qui les avaient laissés à la Mecque en fuyant ; fragiliser le pouvoir de Quraych qui régnait à la Mecque par le commerce, les caravanes qui passaient impérativement par les environs de Médine vers le nord de la Mecque étaient leur plus grande force.

Les Arabes utilisaient des épées, cuirasses, lances, arcs, flèches et boucliers ; mais également des cottes de mailles, et même exceptionnellement une catapulte manjanîq et un char cuirassé dabbâbah ou dabûr lors du siège de forteresses.

Des étendards en général noirs ou blancs nommés liwâ et râyah étaient portés pour repérer les commandants et situer la progression de la bataille Une fois une râyah noire avec un croissant de lune blanc fut utilisée.

À part les sièges de la bataille du Fossé, de Taif et de Khaïbar, les batailles ne duraient pas plus d’une demi-journée… Comme les combattants n’avaient pas de costume particulier, ils utilisaient un cri de guerre appelé chi’ar, mais selon certaines sources les musulmans utilisèrent plus tard une crête en laine sur la tête (casque, turban ou chapeau) nommée Sûfah

Muhammad aurait participé à trente-cinq expéditions, selon les uns, à quarante-huit selon d'autres ou encore soixante-dix. Muhammad, envoya huit ambassadeurs vers huit rois ou gouverneurs, pour les appeler à l'islam(sources Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 326 et 250)

630 : Prise de la Mecque par Muhammad : Evénement survenu peu de temps après la rupture du traité (vers le 10ème jour du mois de Ramadan). Ce dernier a demandé qu'aucun Mecquois ne soit tué, volé ou même blessé. Les idoles présentes au sein de la Kaaba sont détruites.

Muhammad, selon Ibn Ishaq, marche sur La Mecque « accompagné de dix mille musulmans». Le récit de la prise de La Mecque occupe plus de quarante pages, essentiellement constituées d'anecdotes, les opérations militaires étant brièvement décrites.

« Abû Sufyân disait : « Je n'ai jamais vu une telle nuit où il y a tant de feu et tant de soldats! » »

« Ibn Ishaq dit : Quelques savants (ou un savant) ont prétendu que quand Sa'd [Il s'agit de Sa'd b. Ubâdah] fut ordonné d'entrer. Il dit : « Aujourd'hui c'est le jour de la grande bataille ; aujourd'hui l'illicite est devenu licite. » »

« Ibn Ishaq dit : La conquête de Makkah eut lieu dix nuits avant la fin de Ramadân, an VIII. »

Selon Ibn Ishaq, Muhammad tourne sept fois autour de la Ka'ba sur sa chamelle, entre dans le monument, brise une colombe en bois qui s'y trouve, puis, debout à la porte, il prononce un discourt

632 hégire 10  : Pélerinage de l'Adieu : Muhammad  effectue son dernier pélerinage avec ses compagnons. Il prononce le sermon de l'Adieu, ainsi que le dernier verset révélé du Coran.

An-Nasr ( النصرLe Secours Divin) est le nom traditionnellement donné à la 110e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 3 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période médinoise.

Elle fut la dernière sourate révélée à Médine, d’après la plupart des spécialistes. En revanche, L’islamologue Nöldeke remarque qu’elle est plus souvent comptée parmi les sourates mecquoises. Elle porte aussi le nom de at-Taudiʿ (‏‫التوديع : l'adieu), car d'après certains exégètes du Coran, elle aurait annoncé la mort prochaine de Muhammad. Elle ne comporte que trois versets. D’après les traditions, sa récitation a la même valeur que celle d'un quart du Coran. Le temps et le lieu de la révélation de cette sourate sont fixés par Abdullah ibn Omar aux jours de l’Aïd al-adha, يد الأضحى, « fête du sacrifice » Aīd al-Kabīr (العيد الكبير « la grande fête » après le pèlerinage d'adieu de la fin janvier 632, hégire 6

Énoncé du Discours du Pèlerinage d'Adieu

D'après Ibn-Ishâc*:

| « Ô peuples ! Écoutez mes paroles; car je ne sais pas si, une autre année, je pourrai me retrouver encore avec vous dans ce lieu ! Soyez humains et justes entre vous. Que la vie et la propriété de chacun soient inviolables et sacrées pour les autres; que celui qui a reçu un dépôt le rende fidèlement à celui qui le lui a remis et sans intérêt. Vous paraîtrez devant votre Seigneur, et Il vous demandera compte de vos actions. Traitez bien les femmes, elles sont vos aides, elles ne peuvent rien par elles seules. Vous les avez prises comme un bien que Dieu vous a confié, et vous avez pris possession d'elles par des paroles divines »

« Ô peuples ! Écoutez mes paroles et fixez-les dans vos esprits. Je vous ai tout révélé; je vous laisse une loi qui vous préservera à jamais de l'erreur, si vous y restez fidèlement attachés; une loi claire et positive, le livre de Dieu et l'exemple de son prophète»

« Votre sang et vos biens sont sacrés jusqu’aux jours où vous rencontrerez votre Seigneur ; comme le sont ce jour-ci et ce mois-ci »

« J’ai laissé parmi vous ce qui, si vous y tenez fermement, vous préservera de l’erreur, une orientation claire, le livre de Dieu. Ô gens, écoutez mes paroles et comprenez ! »

Il leur transmit ensuite un verset qu’il venait de recevoir :

« Ce jour, les incroyants ont perdu l’espoir de l’emporter sur votre religion ; ne les craignez donc pas, mais craignez-moi !

Aujourd’hui, j’ai parachevé votre religion et vous ai accordé ma faveur complétée, ayant agréé pour vous l’Islam comme religion pour vous. »


Après cette révélation ‘Omar pleura et le Prophète lui dit :

« Qu’est-ce qui te fait pleurer? »

Il répondit :

« Ce qui me fait pleurer c’est que nous étions en train d’accroître notre religion mais celle-ci est à présent parachevée. Or, jamais rien ne s’achève sans s’exposer à la diminution ».

Le Prophète lui répondit : « Tu as raison »

Il conclut son sermon en posant cette question :

« Ô peuples ! Vous ai-je fidèlement délivré mon message ? »

Un puissant murmure s’éleva alors qu’il y avait des milliers de gorges (entre 124 000 et 144 000 hommes) et les mots furent « Allâhumma naam: par Dieu, Oui »

Ensuite le Prophète leva l’index et s’exclama à trois reprises « Ô Dieu, sois Témoin ! 

*abū ʿabd allāh muḥammad ben isḥāq ben yasār ben ḫyār, محمد بن اسحاق بن يسار بن خيار ou simplement Ibn Ishaq est un historien — au sens qu'Ibn Khaldun donne à ce mot — musulman arabe (Médine vers 704-Bagdad vers 767). Il est connu pour avoir rédigé la Sîrat Rasûl Allah, c'est-à-dire Biographie de l'Envoyé d'Allah, première biographie de Muhammad rédigée entre l'an 120 à 150 de l'hégire. Cette biographie ne nous est parvenue que sous la forme de la version remaniée par Ibn Hichâm connue sous le nom de sīra rasūl allah muḥammad ben ʿabd allāh, سيرة رسول الله محمد بن عبد الله, La biographie du Messager de Dieu Muhammad ben ʿAbd Allah ou La biographie du prophète as-sīra an-nabawīya, السيرة النبوية, La biographie du prophète ou Biographie due à Ibn Hichâm

 

 AN632 Hégire 11 Mort de Muhammad.ṣallā-llāhu ʿalayhi wa sallam صلى الله عليه و سلم  que la paix et la prière (bénédiction) d'Allah soient sur lui.

‘Aicha a rapporté : « quand le Messager de Dieu tombait malade, il récitait les  المعاوداتMou’awwidhât (les sourates 113 et 114) et soufflait son haleine sur lui-même et il se frottait les mains sur son corps. Et lorsqu’il fut atteint de sa maladie qui le fit mourir, je récitais les Mou’awwidhât et je soufflais de mon haleine sur lui et passait ma main le Prophète » ou selon autre version par une juive prénommée Zaynab dont les proches avaient été tués durant la bataille. Ibn Ishâq Kitâb al-Maghâzi et At-Tabaqât al-Kobra ainsi que une tradition plus tardive de Muhammad al-Boukhâri Sahih al-Boukhâri 2998

Le lundi 8 juin 632  13 الإثنين Rabi'ou Al-Awwalde ربيع الأول Hégire 11 âgé de soixante-trois ans selon la tradition après une courte maladie. Il est enterré dans son appartement mitoyen de la « mosquée prophétique ».
Avec la prise de Khaïbar en 628, le ne possédait au moment de sa mort qu’une tunique, un pagne de tissu grossier (sources :Abi Daoud, no 4036) et avait gagé son armure contre un gallon d’orge chez un juif.(sources Bukhari, no 2700) Il est enterré dans sa mosquée à Médine
Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur (:. Ce pose alors le problème de trouver un successeur pour continuer à diriger les musulmans. Abu Bakr et Umar sont les candidats potentiels

Nous pouvons supposer que  Muhammad est décédé d’une maladie – la tradition tant sunnite que chiite l’admet – à Yathrib en 634 ou plus. Peut-être que ce fut d’une pleurésie,(dhât al-janb) c’est en tous les cas ce que croyaient les mouhajiroun du début du VIIIe siècle avant l’intronisation de la version d’Ibn Ishâq. L’hypothèse d’un assassinat demeure possible Dieu seul connait Allah ou Alem الله أعلم

Abu Bakr, compagnon de Muhammad, pris la parole pour prononcer une phrase restée célèbre dans les mémoires, "Celui qui adorait Muhammad, qu’il sache qu’il est mort, que celui qui adorent Dieu sache que ce dernier est immortel"

Coran sourate21 Al-Anbiyaa  الأنبياء «  les prophètes » verset 34

.وَمَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّن قَبْلِكَ الْخُلْدَ أَفَإِن مِّتَّ فَهُمُ الْخَالِدُونَ

21.34. Nous n'avons accordé l'immortalité à aucun être humain avant toi. Est-ce qu'ils croient qu'après ta mort ils seront, eux, immortels?

21.34. Wama jaAAalna libasharin min qablika alkhulda afa-in mitta fahumu alkhalidoona

Coran Sourate 3 Al-i'Imran « la famille de Imran »ayat 144

.وَمَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَمَن يَنقَلِبْ عَلَىَ عَقِبَيْهِ فَلَن يَضُرَّ اللّهَ شَيْئاً وَسَيَجْزِي اللّهُ الشَّاكِرِينَ

Muhammad n'est qu'un Prophète parmi tant d'autres qui sont passés avant lui. Seriez-vous hommes à abandonner le combat, s'il venait à mourir ou à être tué? Ceux qui abandonnent le combat ne nuisent en rien à Dieu. Mais Dieu saura récompenser ceux qui sont reconnaissants.

Wama muhammadun illa rasoolun qad khalat min qablihi alrrusulu afa-in mata aw qutila inqalabtum AAala aAAqabikum waman yanqalib AAala AAaqibayhi falan yadurra Allaha shay-an wasayajzee Allahu alshshakireena

Les premiers Califats خِلافة

 AN 632-634 Hégires 11 à 13 : Abu Bakr devient le premier calife de l'Islam.

Abû Bakr As Siddîq (v. 573 - 23 août 634) de son vrai nom Abdu Llâh (ou 'Atîq) Ibn Abî Quhâfah (أبو بكر عتيق “الصديق” بن أبي قحافة), surnommé al-Siddîq (le Véridique), est un compagnon du prophète Muhammad, devenu ensuite dirigeant religieux, politique et militaire. Il fut le premier calife de l'islam, de 632 à 634 après la mort du Prophète. Son califat ou khalifat (خِلافة) sera marqué par une attitude exemplaire vis-à-vis de ses compagnons, et aussi par sa contribution à étendre un état musulman encore jeune et fragile. Il fut également le premier calife à ordonner qu’une compilation des sourates coraniques soient effectuées, afin de préserver de l’altération le message de Dieu.

AN 634-644 Hégires 13 à 23: Umar devient le second calife de l'Islam.

Omar ibn al-Khattâb أبو حفص عمر بن الخطاب بن نفيل القرشي العدوي Abū ḥafṣ `omar ibn al-ḫaṭāb ibn nufayl al-qurašī al-'adawīou Omar Ier est un compagnon et ami proche de Muhammad, et faisait partie du clan des Banu `Adi de la tribu Quraych. Il devint calife en succédant à Abu Bakr en 634 et dirigea la oumma pendant 10 ans. Il mourut à Médine le 7 novembre 644 assassiné par un captif perse pendant sa prière dans la mosquée de Médine. Un graffiti sur la pierre écrit par un anonyme du nom de Zuhayr et daté de l'an 24 de l'hégire (644-645) a été découvert à l’est d’al-ʿUlâ en Arabie, il indique la date de la mort d'Omar :

« C’est moi, Zuhayr ! J’ai écrit à l’époque de la mort de ʿUmar, en l’année 24

 Umar se distingua de tous les autres califes par ses nombreuses et rapides conquêtes militaires. Il s’empara successivement de la Syrie, la Perse mais également une partie de l’empire Byzantin, dont la deuxième ville sainte de l’Islam : Jérusalem.

644-656 hégires 23 à 35: Uthman devient le troisième calife de l'Islam.

`Othman, `Othmân ben `Affân ben al-`Âs ben Amîa: عثمان بن عفان بن أبي العاص بن أمية) ou, plus fréquemment Othman ibn Affan (né en 576 et mort en 656), est le troisième calife de l'islam. Il succède à Omar et règne de 644 à 656 (12 ans).

Selon la tradition (Sunna), il aurait été le premier Mecquois converti à l'islam. Il se serait converti avant l'Hégire, et aurait participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620. Né en 576 à Taïf, de Affan ibn Abi al-'As et Urwa bint Kariz, il fait partie du clan des Banū ʾUmayyah.

Membre de l'aristocratie mecquoise, il est l'un des rares personnages de haut rang à se convertir tôt à l'Islam .Ses relations avec Muhammad étaient profondes

 Succédant à Umar, il fut le responsable de l’édification de la dernière et courante compilation du texte coranique. Uthman demanda également à ce que les voyelles fussent renseignées afin d’éviter toute erreur de prononciation des versets sacrés. Il est victime d’un complot fomenté par des dissidents, qui l’assassinèrent dans sa demeure, alors qu’il lisait le Saint Coran.

656-659 hégires 35 à 38: Ali devient le quatrième calife de l'Islam.

Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib (v. 600 - 661) أبو الحسن علي بن أبي طالب, en persan علی پسر ابو طالب), souvent désigné simplement par son prénom Ali (ʿAlī Le dernier calife guidé dut faire face à de nombreuses tensions politiques internes, qui se traduisirent notamment par la rébellion du gouverneur de Syrie, Muawya. Ce dernier s’opposera à Ali tant et si bien qu’ils se déclarèrent mutuellement la guerre. A l’issue d’une trêve provoquée par Muawya, Ali sera assassiné dans la mosquée de Kufa par un membre de la secte des kharijiites, qui accusait entre autre le calife de laxisme dans l’exercice de son autorité sur le royaume musulman. Muhammad l’a élevé et protégé comme son propre fils après la mort de son grand-père ‘Abd al-Mottali. Il a été à la fois le protégé, le cousin, le disciple et le gendre de Muhammad en épousant sa fille en 622. Fâtima, فاطمة; zahra ou az-zahraʾa, الزهراءnée de sa première épouse Khadija Khadidja bint Khuwaylid : خَدِيجَة بِنت خُوَيلِد الطَّاهِرَة [Khadīja bint Khuwaylid at-Tāhira]

Plusieurs califats ont existé depuis la fondation de l'islam, à la suite des luttes que se livrèrent les différents prétendants au titre de successeur du prophète Muhammad après les quatre premiers califes. Evoqués ci dessus

Les plus importants sont :

  • califat omeyyade de Damas (exilé à Cordoue)
  • Les Omeyyades, ou Umayyades, (en : الأمويون (al-ʾUmawiyyūn), ou بنو أمية (Banū ʾUmayyah)) sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayyah ibn ʿAbd Šams, grand-oncle du prophète Muhammad. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Muhammad
  • califat abbasside de Bagdad ;
  • Les Abbassides  الخلافة العبّاسيّون sont une dynastie musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, abū al-ʿabbās ʿabd allāh ben muḥammad ben ʿalī ben al-ʿabbās, أبو العباس عبد الله بن محمد بن علي ابن عبد الله بن عباس est un descendant d'un oncle de Myhammad, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750.
  • Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, Hârûn al-Rachîd ben Muhammad ben al-Mansûr (en arabe هارون الرشيد بن محمد بن المنصور / Hārūn ar-Rašīd ben Muḥammad ben al-Manṣūr) la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n'exercer qu'un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides البويهيون, au Xe siècle, puis des سلجوقيان Seldjoukides au XIe siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols, une branche de la famille s'installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu'à la conquête de l'Égypte par l'Empire ottoman, en 151
  • califat Fatimide du Caire ;
  • Les Fatimides (également appelés Obeydides depuis le Manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l'Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient.
  • Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d'Ali, cousin et gendre du Prophète Muhammad, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. Les Fatimides tracent leurs origines de Fatima, la fille du prophète Muhammad et épouse d'Ali Ibn Abi Talib.
  • califat Ottoman.
  • L’Empire ottoman (Osmanlı İmparatorluğu en turc moderne, دَوْلَتِ عَلِيّهٔ عُثمَانِیّه Devlet-i Âliye-i Osmâniyye en endonyme turc ottoman) a duré de 1299 à 1923 (soit presque 624 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie, qui occupe une partie de son ancien territoire, ainsi qu'à de nombreux États souvent passés sous d'autres dominations avant les indépendances de la seconde moitié du XXe siècle.
  • Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : toute l'Anatolie, le haut-plateau arménien, les Balkans, le pourtour de la mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, le pourtour de la péninsule arabique, l'Égypte et une partie du littoral de l'Afrique du Nord. Dans le cadre de ses relations internationales, l'Empire ottoman était appelé Sublime Porte ottomane, ou simplement Sublime Porte, du nom de la porte d'honneur monumentale du grand vizirat, siège du gouvernement du sultan à Constantinople
  • Constantinopolis ; grec ancien : Κωνσταντινούπολις ; grec moderne : Κωνσταντινούπολη (Konstantinoúpoli) ; turc ottoman : قسطنطینیه (Kostantiniyy) Son nom original, « Byzance » (en grec ancien Βυζάντιον (Byzántion), venant soit du mot grec buzō signifiant « resserré » en référence au Bosphore, soit d'un mot thrace désignant le « rivage »
  • Dynasties Alides
  • Les dynasties alides se divisent en deux branches les Hasanides descendants de Hasan premier fils d'Ali عليet de son épouse Fatima, fille de Muhammad, et les Husaynides descendants de Husayn leur second fils.
  • Certaines dynasties sont Alides sans pour autant descendre de Muhammad (de façon indirecte) , comme pour la postérité de Muhammad Ibn Al Hanafiyah, fils d'Ali et d'Al Hanifiyyah.
  •  Hasanides :Les Idrissides ou Idrisides (: الأدارسة ou al-adārisa) sont une dynastie de souche alide ayant régné au Maroc entre 789 et 985. Ils sont communément considérés comme les fondateurs du premier état marocain
  • Hasanides :Les Hammudites ou Banū Hammūd forment une dynastie d’origine berbère en Andalousie à l’Époque des taïfas (1016-1057). Ils règnent sur Malaga et Ceuta et étendent leur domaine à Algésiras
  • Husaynides : Les alaouites ou alawites ( ʿalawīy, علويّ, alaouite; alawite), également appelés noseïris ou nusayris (nuṣayrī, نصيريّ, nosaïrite), ou ansariyas sont un groupe ethnique et religieux issu du djébel Ansariya au nord de la Syrie
  • Husaynides  ismâ`îliens (arabe اسماعيلي ismā`īlī). L’ismaélisme, ou ismâ`îlisme est un courant minoritaire de l'islam chiite. L’ismaélisme n'est pas spécifiquement persan, ni arabe, ni indien ; il a une longue histoire qui est complexe et, loin d'être unifié, l’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux (Mubârakiyya, Khattâbiyya, Qarâmita, Druzes, Must`aliyya, Nizâriyya, Saba`iyya).
  • Husaynides :Les Fatimides الدولة الفاطمية (également appelés Obeydides depuis le Manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l'Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient. dynastie a été fondée en 909 par Ubayd Allah al-Mahdi ‘ubayd allah al-madhī ben al-ḥusayn, عبيد اللّه المهدي بن الحسين
  • Husaynides :Les nizâriens, nizârites, نزاري nizaris sont une communauté mystique (chiite ismaélienne) active depuis le XIe siècle jusqu'en 1257. Ils sont aussi appelés bâtinîs ou batiniens car ils professent une lecture ésotérique du Coran, le bâtin  باطِن, « occulte »étant le côté secret des choses

 

CONQUETES OCCIDENTALES Espagne France Italie Sicile

Peninsula iberica 750 svg

661–750 hégire 40 à 132 : Dynastie des Omeyyades (Damas siège du califat). Cette dynastie fut longtemps sujette à de nombreux troubles, qui faillirent mettre fin à la dynastie même, organisés par les partisans de la famille du Prophète Muhammad (PBSL), qui voyaient en Husayn, le second fils d’Ali, un successeur légitime au califat. Les Omeyyades, ou Umayyades, (الأمويون (al-ʾUmawiyyūn), ou بنو أمية (Banū ʾUmayyah)) sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayyah ibn ʿAbd Šams, umayya ʾibn ʿabd šams ben ʿabd al-manāf ben quṣay ben kilāb, أمية إبن عبد شمس بن عبد مناف بن قصي بن كلاب grand-oncle du Prophète Muhammad. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, قريش qui domine La Mecque au temps de Muhammad

Un de ses oncles Abû Sufyân أَبُو سُفيَان بن حَرب [abū sufyān ben ḥarb] qui se convertit à l'islam au moment de la prise de la Mecque par les troupes musulmanes. Son fils Mu`âwîya Muʿāwiya Ier (Muawiya) ou ʾAbū ʿAbd Ar-Raḥmān Muʿāwiya ibn ʾAbī Sufyān (أبو عبد الرحمن معاوية بن أبي سفيان), né en 602 à La Mecque et mort en 680 à Damas sera le premier calife héréditaire, fondateur de la dynastie Omeyyade. lors de la conquête de La Mecque en 630, devient scribe du Prophète et combat aux côtés des musulmans

Yazīd Ier ou ʾAbū Ḫālid Yazīd ibn Muʿāwiya ( أبو خالد يزيد بن معاوية), né en 645 et mort en 683, est le deuxième calife omeyyade. Il succède à son père Muʿāwiya Ier en 680. L'événement le plus important de son règne est la bataille de Kerbala,  معركة كربلاء au cours de laquelle Al-Ḥusayn, fils de Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib connu sous le nom de Ali ibn Abi Talib (v. 600 - 661) (أبو الحسن علي بن أبي طالب et petit-fils du prophète Muhammad, est tué par l'armée omeyyade. Nombreux sont les musulmans qui condamnent Yazīd Ier et le considèrent comme responsable direct de la mort d'Al-Ḥusayn.

698 hégire 78: Chute de Carthage. Les troupes de l’émir Hasan ibn al-Nu’man affrontent les troupes byzantines de l’empereur Leontius, aidées par les Francs et les Wizigoths. La ville fut rapidement prise, et ce malgré l’infériorité numérique des troupes musulmanes.

711  hégire 92: Débarquement en Espagne, amorce de la Conquista mauresque. Le 11 juillet 711, les disciples de Muhammad menés par Tarik ibn Zyad, défont les troupes de Rodrigue, le roi wisigoth qui règne sur l'Espagne chrétienne.

Al-Andalus الأندلس al-Ándalus en espagnol, al-Ândalus en portugais

Selon l'historien et islamologue allemand Heinz Halm « al-Andalus » provient de l'arabisation de la désignation wisigothique de l'Espagne : « *landa-hlauts » (signifiant « attribution des terres par tirage au sort », composé de *landa- « terre » et *hlauts « sort, héritage »).

Ce terme aurait été repris par les Maures au VIIIe siècle et déformé phonétiquement en al-Andalus, en suivant les étapes suivantes : landa-hlauts > landa-lauts > landa-luts > landa-lus > Al-Andalus.

Cette hypothèse est reprise par les spécialistes comme Marianne Barrucand, professeur émérite d'art islamique à l'université Paris IV - Sorbonne et spécialiste de l'archéologie islamique.

Maures, ou anciennement Mores, sont originellement des populations berbères peuplant le Maghreb المغرب al-Maghrib, « le Couchant » est la partie occidentale du monde arabe correspondant à l'espace culturel arabo-berbère, soit la région d’Afrique du Nord comprise entre la mer Méditerranée, le Sahel, l’océan Atlantique et l'Égypte.

Qui désigne l'ensemble des terres de la péninsule Ibérique et de la Septimanie qui furent sous domination musulmane au Moyen Âge (711-1492). L'Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n'en constitua longtemps qu'une petite partie.

La conquête et la domination du pays par les Maures furent aussi rapides qu'imprévues et correspondirent à l'essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l'Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel.

Après avoir conquis la totalité de l'Afrique du Nord, le gouverneur Moussa Ibn Noçaïr bute sur la ville de Ceuta qui lui résiste. Territoire byzantin, comme toute la côte africaine avant l'arrivée arabe, la ville est trop distante de Constantinople pour être secourue efficacement. Pour se protéger, Ceuta se tourne vers l'Espagne des Wisigoths. Julien, le gouverneur de la cité envoie même sa fille à Tolède afin qu'elle puisse y parfaire son éducation. Le comportement du roi Rodéric qui viole la jeune femme fait pourtant basculer la situation ; Julien en colère souhaite se venger et il conclut un pacte avantageux avec Musa en lui ouvrant les portes de sa ville, tout en lui vantant les mérites d'une conquête de l'Hispanie. Pour prouver sa bonne volonté, il met à la disposition des troupes musulmanes ses vaisseaux mais Musa préfère toutefois demander l'autorisation au calife Walid qui lui répond : « Faites explorer l'Espagne par des troupes légères, mais gardez-vous pour le moment du moins d'exposer une grande armée aux périls d'une expédition d'outre-mer ».

Conquête musulmane de la péninsule Ibérique

 

La conquête musulmane de la péninsule Ibérique se déroule dans les années 711-732 après celle de l'Afrique du Nord. Avant leur arrivée, la péninsule Ibérique est dominée par les Wisigoths. Elle donne naissance à l'espace appelé Al-Andalus

Contexte

Vers 680, Hégire 60 le comte Flavius Ervigius (Ervige) supplante le souverain wisigoth Wamba, devenu très impopulaire à cause de ses réformes militaires et religieuse et occupe le trône pendant sept années. La fin de ce règne marque le début du chaos : peste et famine, mais aussi menaces franques au nord. Le pouvoir se maintient tant bien que mal en privilégiant une extrême centralisation et en tentant de prolonger les cadres de l'autorité wisigothique.

Cependant, en 710, meurt le roi Wittiza laissant un fils Akhila (Agila ou Achille) qui est renversé par le gouverneur de Bétique, Rodéric (ou Rodrigue). Akhila, réfugié à Septem (Ceuta), conserve tout de même des partisans dans la péninsule qui entretiennent une guerre civile

Julien (ou Ollian pour la chronique mozarabe de 754) hégire 136  prend contact avec le gouverneur musulman de l'Ifriqya Musa ibn Nusair. موسى بن نصير Et, en avril 711, un contingent d'environ 12 000 soldats, dont une large majorité de Berbères, commandés par l'un d'eux, le gouverneur de Tanger طارق إبن زيادTariq ibn Ziyad, prend pied en Hispanie. Rapidement renforcé, il défait une première armée wisigothe commandée par un cousin du roi, Sancho. Le roi Rodéric, alors confronté aux Francs et aux Basques au nord, dut rassembler une armée pour affronter ce nouveau péril. Cependant, au cours de la bataille de Guadalete le 19 juillet 711, les partisans d'Akhila préférèrent le trahir. C'est la chute brutale de l’Hispania wisigothe.

Rapidement, les musulmans prennent Séville, Ecija et enfin Cordoue, la capitale. Les Juifs, maltraités lors des règnes précédents notamment avec leur conversion forcée en 617, offrirent un accueil favorable aux musulmans (ce qu'on leur reprochera en 1492). En 714, la ville de Saragosse est atteinte. En 716, sur une pièce de monnaie, apparaît pour la première fois le terme d'« al-Andalus » désignant l'Espagne musulmane, par opposition à l’Hispania des chrétiens.

Musa obéit au calife et envoie donc un dénommé Abou-Zora accompagné de quatre cents hommes et cent chevaux qui franchissent le détroit de Gibraltar à bord de quatre navires affrétés par Julien, le gouverneur de Ceuta. Après avoir pillé les côtes autour d'Algésiras, ils retournent en Afrique au mois de juillet 710. Satisfait du résultat, Musa profite des troubles qui occupent le roi Rodéric au nord pour envoyer Tariq ibn Ziyâd, général de son avant-garde, avec 7 000 hommes. N'ayant que les quatre navires offerts par Julien, Tarîq réunit ses troupes sur la montagne qui porte aujourd'hui son nom, جبل طارق », « Djebel Tariq Gibraltar. Immédiatement alerté, Rodéric se met en marche contre Tarîq avec une grande armée. Ne pouvant évacuer ses troupes avant l'arrivée des wisigoths, le général musulman opte pour l'affrontement direct et demande même à Musa l'envoi de renforts qui lui offre 5 000 combattants berbères, si bien que les forces musulmanes s’élèvent à 12 000 hommes, très peu comparé aux armées de Rodéric dont on estime qu'elles étaient au nombre de 40 000. Malgré ce net désavantage numérique, c'est la trahison au sein du camp wisigoth qui aidera les armées musulmanes.

Wittiza, le roi renversé par Rodéric

Rodéric avait contre lui un parti très puissant de nobles qui l'accusaient d'avoir usurpé le trône en assassinant son prédécesseur, Wittiza. Obligés de participer aux guerres de Rodéric, ces nobles n'en gardaient pas moins une haine envers leur roi. Pour l'anéantir, ils se mettent d'accord afin de le trahir durant la bataille avec les musulmans. Cette trahison n'avait pas pour but de livrer l'Hispanie aux musulmans, car ces nobles pensaient que le but de Tarîq était uniquement de piller la région puis de repartir.

La bataille a lieu sur le rivage du Guadalete  un dimanche le19 juillet 711.hégire 28 ramadan 92 Les deux fils de Wittiza commandent les ailes de l'armée espagnole et finissent par trahir Rodéric qui gouverne le centre. Durant la bataille, il est probable que Rodéric perde la vie, ce qui laisse le pays sans chef. Tarîq profite de cette situation et contrairement à ce que lui avait ordonné Mousâ mais aussi à ce que pensaient les nobles wisigoths, il marche en avant. L'avancement des troupes musulmanes est renforcé par le soutien qu'ils rencontrent au sein du petit peuple mais aussi des Juifs qui ont longtemps été opprimés Après avoir conquis Ecija, Tarîq peut à présent envisager la prise de Tolède, la capitale, mais aussi Cordoue, Archidona et Elvira. Archidona, abandonnée par sa population, est prise sans peine, Elvira quant à elle est confiée à des troupes juives et musulmanes, Cordoue est livrée à Tarîq par un berger qui lui indique une brèche d'où il peut facilement entrer avec ses troupes, et Tolède est conquise à la suite d'une trahison des Juifs de la cité. Le commandement de cette dernière est donné à un frère de Wittiza.

En Afrique, Musa qui avait pourtant ordonné à Tarîq d'y retourner après avoir pillé les côtes ibériques est mécontent. La popularité de son général l'agace et il décide donc de prendre part à la conquête de la péninsule. Au mois de juin 712, hégire شعبان Ch'ban 93 il passe donc le détroit de Gibraltar accompagné de 18 000 soldats arabes et prend Medina-Sidonia et Carmona puis se met en route vers Tolède ou il rencontre Tarîq qui est fortement réprimandé pour sa conquête solitaire de la péninsule. Le reste de l'Hispanie, sans chef à sa tête, se soumet rapidement à la conquête arabe.

Les premières années de la présence musulmane sont assez chaotiques mais très rapidement les dirigeants musulmans imposent l'ordre et la domination arabe est acceptée par le peuple qui a le droit de conserver ses lois et ses juges, mais voit aussi la nomination de gouverneurs et de comtes locaux. Les serfs qui connaissaient l'exploitation des terres conservent leur rôle mais doivent reverser au propriétaire du terrain les quatre cinquième des récoltes et si les terres appartiennent à l'État ce n’est que trois-cinquième. La situation des Chrétiens est très variable selon les villes et les conditions lors de la signature du traité mais en général ils conservent la plupart de leurs biens bien qu’ils doivent payer à l'État un impôt de 48 dirhams pour les riches, 24 pour la classe moyenne et de 12 dirhams pour ceux qui vivent d'un travail manuel. Les femmes, les enfants, les moines, les handicapés, les malades, les mendiants et les esclaves en sont toutefois exemptés. Enfin, l'impôt est levé si la personne se convertit à l'islam.

L'arrivée des Arabes est considérée comme une source de liberté pour de nombreuses couches de la société. Durant les rois Wisigoths, le clergé et la noblesse disposaient de nombreux privilèges comme la possession de vastes étendues de terres en partie inexploitées Lorsqu'une ville capitulait pacifiquement comme à Mérida, Beja ou encore Évora, les nobles wisigoths pouvaient conserver leurs terres, si bien que certains documents attestent de la présence de très riches propriétaires terriens wisigoths jusqu'aux XIIe siècle et l'Église elle aussi pouvait conserver ses terres. En revanche si comme à Séville, أشبيليّة Ishbiliyyala ville s'était révoltée à l'arrivée musulmane, les Arabes divisaient les terrains des nobles et les réattribuaient à un grand nombre de personnes comme aux serfs, favorisant ainsi les petites propriétés. Ces derniers, opprimés durant le règne des rois wisigoths, jouissent d'une certaine indépendance dans l'exploitation de ces terres dans la mesure où leurs nouveaux maîtres sont de piètres agriculteurs et donc laissaient leurs subordonnés cultiver comme ils le souhaitaient. Le morcellement des terres ayant appartenu aux nobles Wisigoths a pour conséquence d'améliorer la culture et le rendement des exploitations. Quant aux esclaves, il leur était extrêmement facile de recouvrer la liberté puisqu'il leur suffisait de se présenter devant les autorités et de prononcer la profession de foi musulmane, ils étaient immédiatement affranchis selon la loi islamique. Ces nouvelles lois ont pour conséquence la conversion de nombreux serfs et esclaves. Pour les plus hautes couches de la société, la conversion permet de ne plus payer l'impôt prévu pour les non-musulmans.

L'arrivée des Musulmans apporte aussi son lot de difficultés et de maux. Bien que le culte chrétien soit libre, l'Église est sous l'autorité musulmane et juive qui préside les réunions. Les sultans nomment les évêques et les traités signés entre Musulmans et Chrétiens s'estompent au fil des décennies. En 784,hégire 167 soit près de soixante-dix ans après l'arrivée des Arabes dans la péninsule, Abd al-Rahman Ier impose aux Chrétiens la vente de la moitié de la cathédrale de قرطبة QurṭubaCordoue pour cent mille dinars, il viole aussi le traité qu'avaient signé ses prédécesseurs en confisquant les terres d'Ardabast, descendant de Wittiza, uniquement parce qu’il trouve qu'un Chrétien ne peut avoir de terres aussi vastes. Enfin, afin d'accélérer le processus de conversion, les impôts que doivent payer les non-musulmans augmentent.

En 714,hégire 95 Târiq et Musa sont appelés à Damas pour enquête. Le nouvel émir al-Hurr poursuit de 716 à 719 la conquête et parvient jusqu'aux Pyrénées, détruisant Tarragone et occupant Barcelone. Ses successeurs iront même au-delà des Pyrénées, vers la Septimanie wisigothique, d'où ils lanceront des expéditions vers le nord.

 

718 hégire 99: Début de la Reconquista سقوط الأندلسdans les Asturies. Échec du siège de Constantinople par les Arabes. La Reconquête commence en 718 lorsque les musulmans sont défaits à la bataille de Covadonga par le Wisigoth Pélage (Pelayo). De ce fait, seule la frange nord de l'Espagne, correspondant aux actuels Pays basque, Cantabrie, Asturies et Galice, reste sous domination chrétienne, au sein du royaume des Asturies. Mais ce n'est que plusieurs siècles plus tard que les chrétiens envisageront leurs conquêtes comme un effort commun pour restaurer le royaume wisigothique.

Tariq ibn Ziyad ou Tarik Ibn Ziyâd ou Tarek Ibn Ziyad (en arabe : طارق إبن زياد) né au VIIe siècle, mort vers 720 sans doute à Damas, est un stratège militaire de l'armée omeyyade, vraisemblablement d'origine berbère, également décrit comme un affranchi de Moussa Ibn Noçaïr. Il fut avec d'autres Berbères, tels Tarif ibn Malik et Munuza, منوسةl'un des principaux acteurs de la conquête islamique de la péninsule ibérique.

Il est principalement connu pour avoir mené, depuis les rives du nord de l'actuel Maroc, et sur les ordres de son supérieur, le général Moussa Ibn Noçaïr, les troupes musulmanes à la conquête de l'Espagne. Depuis cette victoire, le détroit de Gibraltar porte son nom : le mot « Gibraltar » vient de l'arabe « djebel Tariq » (« djabal Ṭāriq », graphie arabe « جبل طارق »), « montagne de Tariq 

 

Présence musulmane au nord des Pyrénées

La présence arabe  « sarrasine » au nord des Pyrénées correspond à l'occupation pendant plusieurs périodes entre l'an719 Hégire 100 et l'an  973 Hégire 362 de la Narbonnaise puis de la Provence par des populations Arabo-berbères connues sous différents noms comme Arabes, Sarrasins, ou Maures.

Une première phase de présence, à la suite de la conquête de l’Espagne wisigothique par les armées omeyyades, est enregistrée dans la province de Septimanie avec Narbonne pour capitale entre 719 et 759.

Une seconde phase de présence dure près de 80 ans, entre 890 et 973  hégire 277-362 dans les environs de Saint-Tropez en plein massif des Maures où ils avaient établi plusieurs camps fortifiés, avec pour chef-lieu Fraxinet que des sources écrites arabes dénomment le Gabal al qilâl («  la montagne des sommets »), et farahsinêt (transcription phonétique du Fraxinetum), soit l'actuel arrière-pays du golfe de Saint-Tropez.Le Fraissinet ou Fraxinetum ( : فرخشنيط Farakhshanit ou bien arabe : فرخسة Farakhsha) était un site fortifié, traditionnellement situé à la Garde-Freinet, qui fut occupé par une garnison de soldats arabe  « Sarrasins » au Xe siècle jusqu'à leur éviction par Guillaume Ier de Provence en 973 après la Bataille de Tourtour.

Selon l'historien Philippe Sénac, l'espace occupé par les Sarrasins était situé sur un territoire qui correspond actuellement aux hauteurs de Saint-Tropez en Provence et dépassait largement le cadre étroit d'un village

Conquête du royaume wisigoth par les Omeyyades

Après avoir battu les Wisigoths en quelques mois et pris la majeure partie de la péninsule Ibérique en 711, les armées arabes s'emparent en 718 ou 719 de Narbonne, capitale de la dernière province wisigothique, la Septimanie, et en font la capitale de leur nouvelle province, pour près de quarante ans. Le port leur permit d'acheminer des troupes et des vivres directement sur la côte languedocienne sans avoir à passer les montagnes. Les Omeyyades nomment à sa tête Yusuf al-Fihri gouverneur jusqu'en 747 quand, rapatrié à Cordoue, il devient gouverneur de toute l'Al-Andalus (qui sera par la suite divisée en cinq provinces distinctes dont la Septimanie) pour le compte des Omeyyades de Damas.

Ses armées conquièrent ensuite Agde, Béziers et Nîmes (en 718) qui tombent aux mains du Califat. C'est lors de cette conquête que furent notamment incendiées les Arènes de Nîmes soit l'enceinte de l'édifice qui fut alors utilisé comme village fortifié, le castrum arenae, qui contenait deux églises, 220 maisons, ainsi qu'un petit château. Échouant devant les défenses de Toulouse en 721, les Sarrasins prennent cependant Carcassonne en 725.

En 756, hégire 139 à la suite de la chute des Omeyyades à Damas devant les Abbassides, le gouverneur Yusuf al-Fihri est battu par Abd al-Rahman Ier devant Cordoue. Ce dernier prend possession de toutes les dépendances arabo-musulmanes en Europe en créant un nouvel État l'Émirat de Cordoue qui durera jusqu'en 929, duquel naîtra le Califat de Cordoue, jusqu'à son éclatement en l'an 1031 en plusieurs petits émirats, les taïfas.

La domination franque sur la Catalogne voisine commence avec la conquête de Gérone (785) et de Barcelone (801) hégire 185. Le territoire gagné sur les Musulmans devint la Marche d'Espagne, composée par des comtés dépendants des monarques carolingiens. Parmi eux, celui qui joua le plus grand rôle, fut le Comté de Barcelone, d’où la reconquête prendra plus ou moins son départ jusqu’à la fameuse date de 1492.

Narbonne devint le siège d'un wâli pendant quarante ans. devient sous le nom d'Arbûna  L'historien égyptien Mohamed Abdallah Inane situe cette province au nord des Pyrénées, incluant les côtes méditerranéennes jusqu'aux Bouches-du-Rhône, il ajoute que les principales villes de cette province sont Narbonne (Arbuna), Carcassonne (Qarqachounah), Béziers بيزييه(Bazyih), Nîmes نيم (Nimah), Agde  اعخد(Ajdah) et Castelsarrasin مجنون١ (Majlounah).

On connaît un certain nombre de walis, gouverneurs de la province narbonnaise. Le premier est Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi nommé en 720. Ensuite, Athima vers 737, Abd-er-Rahman el Lahmi à partir de 741, Omar ibn Omar vers 747. Le dernier gouverneur est Abd-er-Rahman ben Ocba (756-759) qui continuera à gouverner les territoires encore soumis aux musulmans, des Pyrénées jusqu'à Tortose sur l'Èbre.

À partir de 725 ou 730, depuis la province narbonnaise et pendant quarante années, les musulmans lancent plusieurs raids vers le nord de la Gaule, remontant la vallée du Rhône, ils mènent des excursions jusqu'en Aquitaine et Bourgogne lors, notamment, de la bataille de Bordeaux.

Entretemps, Eudes le duc d'Aquitaine, parvient en 721 à briser le siège de Toulouse. Mais quelques années plus tard, il s'allie au gouverneur omeyyade Munuza Uthman Abu Naissa, subordonné du gouverneur d'Al-Andalus Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi. Munuza tente de se constituer une principauté indépendante en Cerdagne. Nommé en 730, le susnommé gouverneur Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi, dirige alors une expédition punitive contre Munuza, qui est battu et tué.

AN 732 Hégire 114     en France

Défaite arabo-berbère contre Charles Martel  fils de Pépin de Herstal,  né vers 690 à Andenne, ville située à proximité de Namur, dans l'actuelle Belgique, maire du palais d'Austrasie contrôlant les royaumes de Neustrie et de Bourgogne.« souverain du royaume des Francs dux et princeps Francorum, duc et prince des Francs» Il est également le grand-père paternel de Charlemagne.

Cette défaite arabo musulmane (il y eut de nombreux berbères venus du magrheb aussi) eu lieu proche de  Poitiers. Cette victoire française importante a un retentissement immédiat, tant du côté chrétien que du côté musulman ; elle est devenue à partir du XVIe siècle un symbole de la lutte de l’Europe chrétienne face aux conquêtes musulmanes.

L'arrêt de la conquête musulmane en Occident s'explique certes par la contre-attaque des Francs, mais surtout par l'insurrection berbère au Maghreb, appuyée sur le kharidjisme (740). Les Berbères d'Espagne se soulèvent eux aussi, formant plusieurs colonnes qui menacent Cordoue et Tolède. Face à ce péril, les Arabes, peu nombreux, ne sont pas unis : une opposition traditionnelle existe entre Kaisites (bédouins nomades de l'Arabie du nord et du centre) et Kalbites (cultivateurs sédentaires originaires du Yémen). La révolte berbère est malgré tout matée par le Kaisite Baldj, avec quelques milliers de Syriens qui avaient été évacués de Ceuta assiégée, et qui restèrent finalement en Espagne.

Par ailleurs, des nobles wisigoths se réfugient dans les zones montagneuses du nord-ouest de la péninsule (dans l'actuelle région des Asturies). Vaste, montagneuse et pauvre cette région est difficile d'accès. Or, les Arabes sont désireux de se concentrer sur la riche vallée du Rhône ou l'AquitaineEn raison d'un manque de soldats, ils n'ont ni le souhait ni la capacité de se lancer dans une longue guerre contre cette poignée de fuyards trop faibles pour les menacer. Ignorée par les émirs andalous, cette communauté se développera et initiera ultérieurement, la Reconquista. Une frontière tacite au nord l'Èbre et du Douro donne naissance à un no man's land émaillé de citadelles et de châteaux, berceau de la future Castille (le pays des châteaux)

AN 732 Hégire 114 Bataille de Poitiers balat al-shouhada بلاط الشهداء  Entre Poitiers et Tours "Moussais"

À l'ouest l'armée de l’émir andalou Abd al-Rahman Ier se livre à la bataille de Poitiers , où elle est défaite par Charles Martel. Le choc contre la cavalerie franque, revêtue d'armures d'écailles, brise l'élan des cavaliers légers et rapides qui jusqu'ici l'ont emporté sur toutes les terres traversées et les troupes refluent peu à peu sur le sud de la France.

Déroulement Lieu Lié à sa situation de passage, le seuil du Poitou fut le lieu de plusieurs affrontements au Moyen-âge : en 507 à Vouillé, en 1356 à Nouaillé-Maupertuis et en 732 à Moussais, commune de Vouneuil-sur-Vienne. De nombreux historiens donnent le site de Moussais comme le lieu probable de la bataille. La toponymie locale se prête bien à une telle hypothèse avec les lieux-dits du « ravin de la mort », où Abd Er Rahman  عبد الرحمنaurait été tué, « la fosse au roi » où il serait enterré, « la ferme de la bataille » située en contre bas du site mais aussi « le virage des cinq maures » et d'autres encore .Pendant une semaine, des escarmouches ont lieu, aux confins du Poitou et de la Touraine. Après ces escarmouches, l’affrontement décisif a lieu, sur deux jours. Abd el Rahman عبد الرحمنlance sa cavalerie sur les Francs. Ceux-ci, formés en palissade « comme un mur immobile, l'épée au poing et tel un rempart de glace », les lances pointées en avant des boucliers, attendent le choc. Il semble que l'image ait quelque chose de juste dans la mesure où c'est bien la solidité des lignes franques qui impressionna les troupes arabo-berbères. La mêlée s'engage et les Francs parviennent à faire refluer leurs opposants. Mais ceux-ci n'ont pas l'occasion d'attaquer une seconde fois car de son côté les Vascons, commandés par Eudes prend l'ennemi à revers et se jette sur le camp musulman. Croyant leur butin et leurs familles menacés, les combattants Maures regagnent leur campement. Ils subissent de lourdes pertes et Abd el Rahman عبد الرحمن est tué. Les survivants, obligés de regagner le sud des Pyrénées furent attaqués par les Vascons au passage des cols.

Le lendemain, au point du jour, Charles donne l'ordre d'attaquer, mais le camp est vide, les musulmans ont fui dans la nuit. Selon une légende locale à la région du Haut Quercy, Abd el Rahman عبد الرحمنn'aurait pas été tué à la bataille de Poitiers mais aurait simplement reflué vers ses bases arrière de Narbonne. Poursuivi par les troupes franques de Charles Martel, il aurait été tué et son armée exterminée lors d'une bataille livrée à Loupchat au pied de la falaise du Sangou, dans le Lot, en 733. L'Hôtel de ville de la commune de Martel aurait été construit, selon aussi une légende locale, sur le lieu même de la bataille. Charles fut alors acclamé sous le nom de Martel : " marteau des infidèles "

Moussais battle map phase 2a

Explications de la défaite arabe

Selon l'historien André Clot, un des facteurs de la défaite réside dans l'éloignement des musulmans de leurs bases. Autre facteur : l'armée musulmane était composée en majorité de Berbères d'Afrique du Nord venus avec leur famille ce qui gênait les manœuvres de l'armée et retardait ses mouvements, les hommes protégeant leurs femmes et leurs enfants. Enfin, toujours selon André Clot, le duc d'Aquitaine aurait attaqué lors du combat final le camp où étaient rassemblées les familles, entraînant la débandade des musulmans.

Une hypothèse a été quelque temps que l'étrier utilisé par la cavalerie franque lui a permis d'asséner des coups si puissants « martels » que l'envahisseur, n'en étant pas équipé, ne pouvait y résister. Cependant, il est généralement admis que l'immense majorité de l'armée franque était composée de fantassins et que c'est leur discipline et la supériorité de leur armure qui ont fait la différence

À la suite de la bataille, les troupes musulmanes ne sont pas chassées de Gaule : allié aux lombards, Charles Martel doit encore faire campagne contre elles en Provence et Septimanie entre 737 et 739 mais il ne parvient pas à reprendre Narbonne, définitivement conquise en 759 par son fils Pépin le Bref. Si l’expansion musulmane est stoppée, notamment dans le sud-ouest, les raids musulmans se poursuivent sur plusieurs décennies. Charlemagne bat vers 800, à la bataille du bois des Héros (en Saintonge), une troupe musulmane qui razziait le pays. Des forteresses provençales servent de base à des incursions dans le pays jusqu’à la fin du Xe siècle (voir bataille de Tourtour).

En 736 hégire 118, Charles Martel prend les villes d'Aix, Marseille et Arles, après que Mauronte, duc ou patrice de Provence, se soit allié avec les Maures pour sauver son autonomie. Puis en 737, les Francs entrèrent en Septimanie, après avoir pris Avignon et égorgé une partie de sa population. Ils battirent par deux fois les Sarrasins, à Montfrin et sur le plateau de Signargues, près de Rochefort-du-Gard.

Le consensus historique concernant l'affrontement dénommé « Bataille de Poitiers » n'est pas aisé à atteindre dès que l'on élargit le débat à l'ensemble du pourtour méditerranéen.

Peu de sources par rapport aux batailles antiques ou à celle du Haut Moyen Âge (les croisades) sont disponibles sur le sujet. En France, la « Bataille de Poitiers » possède, au même titre que la « Bataille de Roncevaux », une part mythique. Pour l'historien belge Henri Pirenne, l'affrontement se résume à une contre-razzia « on n'évita probablement rien de plus qu'un pillage en règle ».

Les auteurs arabes faisant allusion à cet épisode sont peu nombreux. L'historien égyptien Ibn 'Abd al-Hakam rapporte (en 861) hégire 247 que l'émir Abd al-Rahmân mena une expédition en l'année 115 de l'hégire (de février 733 à février 734) contre le pays des Francs au cours de laquelle il périt avec tous les siens. Les plus anciennes chroniques andalouses mentionnant cette expédition la situent en un lieu nommé Balât al-shuhadâ (« l'allée des martyrs ») et en l'an 114 de l'hégire (mars 732 à février 733). Les historiens postérieurs tels Ibn al-Athîr  ابن الأثير الجزري(XIIIe siècle) ou Ibn Idhari ابن عذاري(XIVe siècle), reprennent ces mêmes informations.

Les sources latines du VIIIe et IXe siècles sont plus nombreuses mais restent imprécises. La plupart des chroniques signalent l'événement en 732 en des termes brefs et similaires rappelant juste que « Charles combattit les Sarrasins un samedi du mois d'octobre ». Les Annales de Lorsch placent la rencontre quelques années plus tôt, en 726. Hégire 108. Si certaines sources carolingiennes accusent le duc Eudes d'Aquitaine de s'être allié avec « la perfide nation des Sarrasins », d'autres historiens signalent de sources méridionales comme la Chronique de Moissac une présentation contraire.

Le seul récit détaillé se lit dans la Chronique mozarabe,مستعرب, qui signifie « arabisé » long poème en prose rimée dans lequel l'auteur, chrétien vivant au milieu du VIIIe siècle à Tolède ou Cordoue selon les sources, voit dans cette victoire des Francs l'espoir d'une possible résistance des chrétiens face à l'invasion par l'islam.

Le regroupement de ces diverses informations ainsi certainement que d'ajouts postérieurs, qui a permis d'écrire le récit de cette fameuse bataille

informations générales
Date 732 ou 733
Lieu Entre Poitiers et Tours "Moussais"
Issue Victoire franque et aquitaine décisive
Belligérants
Royaumes francs
Duchés d'Aquitaine et de Vasconie
Umayyad Flag.svg Califat omeyyade
Commandants
Charles Martel
Eudes
Umayyad Flag.svg Abd al-Rahmân †
Forces en présence
15 000 - 20 000 20 000 - 25 000
Pertes
1 000 12 000

France 737 hégire 119  Bataille de la Berre (embouchure de la Berre étang de Bages-Sigean est un étang lagunaire situé au bord de la mer Méditerranée, dans la région du Languedoc-Roussillon et le département de l'Aude.)

La bataille de la Berre ou bataille de Birra se déroule en 737 et oppose le Royaume franc au Califat omeyyade. Elle s'inscrit dans la campagne menée par Charles Martel en Provence et en Septimanie et voit la victoire des Francs face aux Omeyyades Les Francs, guidés par des villageois à travers les Corbières, attaquent par surprise les Omeyyades, qui n'ont pas le temps d'effectuer une reconnaissance du terrain. Après avoir résisté au premier assaut, les Omeyyades cèdent puis battent en retraite après la mort de leur commandant ʿUmar. Les Francs les poursuivent, leur infligent de lourdes pertes, se constituent un important butin et font de nombreux prisonniers. De plus, il est communément admis que c'est la bataille de la Berre qui a mis un coup d'arrêt à la conquête musulmane de l'Europe, et non la Bataille de Poitiers. En effet, l'enjeu de la Bataille de la Berre était la libération de Narbonne, ville de garnison musulmane où un pouvoir politique commençait à prendre forme

771 hégire 154: Achèvement des conquêtes de l'Indus et de l'Espagne. L’empire Abbasside atteint des proportions jusqu’à lors inégalées par un empire musulman.

750–1258  hégires 132 à 656: Dynastie des Abbassides (Bagdad siège du califat). Malgré qu’elle fût maintenue pendant une très longue période, la dynastie Abbasside fit face à de nombreuses oppositions provenant des états anciennement sous contrôle Omeyyade. Les abbassides prônent un retour à l’Islam originel, abolissant les classes sociales, et sous l’autorité unique d’un chef politique membre de la famille du prophète Muhammad

Bataille de la berre svg

793 hégire   176

Hicham Ier Omeyyade de CORDOUE

Hicham profita du calme intérieur pour lancer plusieurs contre les chrétiens :

  • en 791 contre le roi Bermude Ier des Asturies, qu'il bat à Burbia. dans le Bierzo peut-être sur le territoire actuel de Villafranca del Bierzo dans la province de León, Nord Ouest Espagne
  • en 793 contre le duc franc Guillaume de Gellone, qu'il bat sur les rives de l'Orbieu près de Narbonne.France

       794, en 795 et en 796, par plusieurs expéditions de pillage dans le royaume des Asturies

 

Espagne Abd Al-Rahman II, les débuts de l'âge d'or de l'émirat

Abû al-Mutarraf `Abd ar-Rahman ben al-Hakam ou `Abd ar-Rahman II ( : أبو المطرف عبد الرحمن بن الحكم), est né en octobre 792 à Tolède. Il succède à son père Al-Hakam Ier comme quatrième émir omeyyade de Cordoue en 822. Il meurt le 22 septembre 852 à Cordoue. Arrière-petit-fils d'Abd al-Rahman Ier.

Son accession au trône est d'autant plus acceptée qu'il allège les impôts, punit les hauts-fonctionnaires corrompus et lance un sérieux avertissement aux gouverneurs désireux de prendre leur indépendance que leur punition serait exemplaire. La population satisfaite du sentiment de justice ne se révoltera quasiment pas, hormis un soulèvement mineur à Tolède.

Pieux, Abd Al-Rahman II aime aussi les arts et les sciences, et se donne pour objectif de faire venir de Bagdad des artistes de la cour abbasside comme Ziriab, amenant son pays au premier rang européen en la matière. De nombreux Chrétiens se hissent à des rangs importants dans la société et fournissent des fonctionnaires très compétents. S'assimilant rapidement et impressionnés par le raffinement andalous, les Chrétiens se mettent à utiliser exclusivement la langue arabe tandis l'usage du latin se perd, ce qui ne manque pas de causer une amertume au sein de l'Église

Italie Sicile

Epoque Aghlabide (827–909) hégire 211 -296  الأغالبة) ou Banû El Aghlab (بنو الأغلب)

À cette époque, la Sicile est presque entièrement sous le contrôle des Aghlabides hormis quelques cités intérieures. La population de l'île augmente rapidement avec l'arrivée de nouveaux migrants musulmans en provenance d'Afrique, d'Asie et d'Espagne comme les Berbères qui sont principalement concentrés dans le sud de l'île. L'émir de Palerme nomme les gouverneurs de cités (qadi), chaque ville possède un concile nommé gema, composé des notables issus de la population locale et qui avaient la charge de veiller à l'ordre social. Les Siciliens non-convertis à l'islam sont des dhimis, leur religion est préservée ainsi que leurs traditions à condition de payer l'impôt capitulaire ( impôt sur les âmes)

832, Ziyadat'Allah envoie son cousin, Abou Fihr Muhammad ibn Abd-Allah, en Sicile et le nomme wali (gouverneur) de l'île

 878 hégire 212

l'islam en Italie commence dès le VIIe siècle, lorsque les premiers Arabes se lancent à l'assaut de la Méditerranée. Au IXe siècle la Sicile et plusieurs régions du sud de l'Italie entrent dans le giron arabo-berbère et font partie intégrante de la Oumma. La présence musulmane durera de 828 à 1300

Entre le VIIe siècle et VIIIe siècle, des Lombards, des peuples germaniques qui possédaient des terres dans le nord de l'Italie abandonnent l'Arianisme pour l'Islam au lieu du catholicisme. La plupart de ces convertis, nommés Al-Ankubarti par les Arabes, servent de mercenaires en Afrique du Nord.

Émirat de Bari 847 hégire 232

L'émirat de Bari est un État (émirat) sarrasin situé dans le sud de l'Italie à Bari de 847 à 871. Malgré sa période très courte, il constitue l'épisode le plus long de la présence musulmane dans le sud de la péninsule italienne.

Bari est devenue l'objectif des Arabo-Berbères dès 840/841 lorsqu'elle fut brièvement occupée. Selon Al-Baladhuri, Bari fut prise à l'empire de Byzance par Kalfün (Khalfun). Khalfun était probablement un Berbère originaire de l'émirat de Sicile. Personnage de seconde importance, la conquête de Khalfun passa quasiment inaperçue aux yeux des Musulmans de cette époque. Le successeur Khalfun, Mufarrag ibn Sallam, envoya une requête au calife abbasside à Baghdad pour la reconnaissance de ce nouvel État sans recevoir de réponse.

Le troisième et dernier émir de Bari fut Sawdan, qui monta au trône vers 857 après l'assassinat de Mufarrag, il fera ériger une première mosquée et encouragera le contact avec ses voisins chrétiens. L'émirat s'éteint finalement en février 871 lorsqu'une armée composée de Francs, Lombards, et Croates attaque la ville et Sawdan enchaîné est emmené à Benevento.

878  hégire 264: Occultation du douzième imam, descendant de `Ali. Il s'agit de Muhammad al-Mahdî, né en 869 à Samarra (Irak). Selon la croyance chiite majoritaire, il n'est pas mort mais restera caché (occulté) jusqu'aux derniers jours. Il reviendra alors sous les traits du Mahdi.

France Huit nouvelles décennies de présence arabe  : 890-973 hégire 277 à 362

Le massif des Maures : le retour des arabes  « Maures »

Les années 880/890, marquèrent un tournant dans leur stratégie. Venus d’Alicante,أليكانتي "Espagne" ils s’installèrent à demeure près de Saint-Tropez dans le Freinet (actuels cantons de Grimaud et Saint-Tropez) et de là essaimèrent dans toutes les Alpes. Cette « place forte » n'a jamais été retrouvée ; il n'est pas prouvé à ce jour que ce « contingent » ait été permanent : il peut d'agir d'opérations et d'occupations temporaires, ponctuelles.

800px la garde freinet vue depuis le fortLA GARDE FREINET au fond la tour


Ils ont peut-être donné son nom au village voisin de Ramatuelle, Évariste Lévi-Provençal, qui n'est pas toponymiste, fait provenir le toponyme Ramatuelle de l'arabe Rahmat-ûllah (ou Rahmatu-Allah) « miséricorde divine » , mais pas au Massif des Maures, ni à la Maurienne où une partie de la communauté musulmane s'implanta dans la vallée de l'Arc : « Le nom Maurienne ne trouve pas son origine dans le mot « Maure », relatif aux incursions du xe siècle des Sarrasins. Mentionné par Grégoire de Tours au VIe siècle, il est plutôt un dérivé du latin Malus Rivus, mauvais ruisseau, qui a évolué en mau riou/rien. En effet, la rivière de l'Arc est connue pour ses crues ».

Un de leurs raids les plus meurtriers eut lieu en haute Provence et dans le pays d'Apt en 896. Pendant près d’un siècle ils vécurent sur le pays qu’ils pillèrent et rançonnèrent.

En 923, les Sarrasins, débarqués dans l'actuel massif des Maures, ne peuvent s'emparer de Marseille, mais dévastent à nouveau l'abbaye de Saint-Victor. L'évêque de Marseille quitte la ville pour se réfugier à Arles. S'ensuivent plusieurs alliances et mésalliances avec les princes locaux, jusqu’à la rupture définitive avec les Vicomtes de Marseille.

Dans la nuit du 21 au 22 juillet 973, ils firent prisonnier l’abbé de Cluny, Maïeul, au pont du Châtelard, près d’Orsières dans le Valais. Les Maures pensèrent qu'en l'enlevant, ils pourraient en obtenir une importante rançon. Depuis 921, les bandes sarrasines, provenant de Provence, s'étaient rendues maîtresses de nombreux passages d'importance dans les Alpes occidentales (d'autres versions prétendent que les Francs les avaient installés là pour faire barrage aux Lombards…) dont le col du Mont-Joux que l'abbé venait de franchir avant d'être reconnu et pris. Les moines de Provence réussirent à réunir la rançon demandée. Tenant parole, les Sarrasins libérèrent leur otage.

Celui-ci avait sa famille paternelle originaire de haute Provence. En septembre, Guillaume et Roubaud, fils du comte Boson II, rallièrent toute la noblesse provençale, mais aussi du Viennois et de Nice. À la tête de l'ost provençal renforcé par les troupes d'Ardouin, comte de Turin, ils traquent les Maures qu'ils écrasent lors de la bataille de Tourtour en 973, puis les chassent de Provence. Le site précis de la bataille reste inconnu.

Italie  'époque Fatimide (909–965)الدولة الفاطمية (al-Fātimiyyūn) également appelés Obeydides العُبَيْدِيَّةُ

En 909, les Aghabides sont remplacés par les Fatimides. Quatre ans plus tard, le gouverneur fatimide est expulsé de Palerme lorsque l'île déclare son indépendance sous la direction de l'émir Ahmed ibn-Kohrob

 

Le califat omeyyade de Cordoue (929-1031) hégire  317 à  422

Les Omeyyades d'Espagne, ou Omeyyades de Cordoue sont d'abord à la tête d'un émirat en 756 dans al-Andalus puis fondent une dynastie califale en 929. Le dernier calife de cette dynastie qui régna à Cordoue, Hicham III, fut déposé en 1031.

Abd Al-Rahman III, fondateur du califat de Cordoue

Abû al-Mutarraf al-Nâsir li-Dîn Allah ʿAbd ar-Rahman ben Muhammad, Abd al-Rahman III ou ʿAbd ar-Rahman III, dont le nom est parfois francisé en Abdérame III, surnommé An-Nâsir (Cordoue, 7 janvier 891 – Madinat al-Zahra, 15 octobre 961), est émir puis calife omeyyade de Cordoue.

Fils de Muhammad, prince omeyyade mort avant son père ʿAbd Allah, il succède à celui-ci comme émir omeyyade de Cordoue en 912. Il reconstitue un État unifié dès 917 et, représentant de l'orthodoxie musulmane, il décide de s'affranchir définitivement de l'autorité politique et religieuse de Bagdad en s'attribuant les titres de calife (929), Amir al-Mu'minin (« commandeur des croyants ») et al-Nasir li-din Allah (« le partisan de la religion de Dieu »). Son fils Al-Hakam II lui succède.

Orphelin dès sa jeunesse, Abd Al-Rahman qui est né en 891 est élevé par son aïeul, jusqu'à son accession au trône à l'âge 22 ans. Blond aux yeux bleus il est enfanté par une mère franque. Intelligent, tolérant et ambitieux son intronisation est bien acceptée et aucune contestation ne se fait entendre. Bien que poursuivant l'œuvre de pacification de son grand-père, il change radicalement de politique et souhaite se montrer plus ferme vis-à-vis des gouverneurs rebelles. Il s'entoure d'hommes de confiance et contrairement à Abd Allah qui se satisfaisait d'un tribut annuel face aux gouverneurs de province dissidents, Abd Al-Rahman prévient qu'à présent, en cas de rébellion il n'hésitera pas reconquérir les terres perdues et à punir durement les meneurs. En contrepartie il annonce qu'il pardonnerait à toute personne se soumettant à son autorité. Bien qu'en apparence terrifiante cette proposition est plutôt bien accueillie ; les années de guerre durant le règne d'Abd Allah ont épuisé les Andalous, les antagonismes nationaux se sont éteints avec la mort de leurs instigateurs et les nouvelles générations n'aspirent qu'à retrouver la paix.

973 hégire 362 France Bataille de Tourtour

Tourtour

Commune française située dans le département du Var, sud est de la France région  Provence-Alpes-Côte d'Azur .Du village, on voit le moyen Var jusqu'à la montagne Sainte-Victoire.

Explication du mot Sarrasins ou Sarrazins est l'un des noms donnés durant l'époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi « mahométans », « Arabes », « Ismaélites » ou « Agarènes ». D'autres termes sont employés également comme « Maures », qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de « Sarrasin » est déjà employé dans La Chanson de Roland (1080 de notre ère), texte dans lequel il s'applique aux Basques. Les mots « islam » et « musulmans » n'existaient pas en Occident médiéval. En français, « musulman » est mentionné pour la première fois en 155 Le terme sarrasin pourrait provenir du grec Σαρακηνός (Sarakênos, attesté depuis le VIe siècle) issu de l’arabe شرقيين sharqiyyīn, « de l’Est » (qui était peut-être le nom d’une tribu d’Arabes du IIe siècle à l’époque de Ptolémée. Sarakênos et Sarakênoi ont donné en bas latin Sarracenus et Sarraceni

La bataille de Tourtour vit en 973 la victoire du comte Guillaume de Provence sur les Sarrasins : elle marque leur expulsion définitive de la Provence et met fin à une présence de plus de deux siècles

Depuis plusieurs décennies, les Sarrasins s'étaient implantés en Provence grâce à des forteresses, d'où ils effectuaient de temps en temps des raids de pillage. Leur place forte la plus importante était le Fraxinet, à l'actuelle Garde-Freinet. Au début, les seigneurs provençaux restèrent passifs.

Cependant, au début de l'année 973, les Sarrasins commirent une erreur. Né à Valensole, Maïeul, l'abbé de Cluny, était vénéré par les Provençaux. Les  arabes « Sarrasins »  pensèrent qu'en l'enlevant, ils pourraient en obtenir une importante rançon. Ils réussirent à le capturer au pont du Châtelard (Le Châtelard, Valais) près d'Orsières, en juillet 972. Depuis 921, des bandes sarrasines, provenant de Provence, s'étaient rendues maîtresses de nombreux passages d'importance dans les Alpes occidentales dont le col du Mont-Joux que le vénérable abbé venait de franchir avant d'être reconnu et pris. Refusant de laisser l'abbé de Cluny aux mains des Sarrasins, les moines de Provence réussirent à réunir la rançon demandée. Tenant parole, les Sarrasins libérèrent leur otage.

Les moines se chargèrent alors de soulever chez les Provençaux une véritable furie guerrière contre les arabes « Sarrasins ». Ils donnèrent à l'enlèvement de Maïeul de Cluny la plus grande publicité possible, réussissant à fédérer l'ensemble de la population autour du comte Guillaume, pour mener une offensive destinée à chasser définitivement les Sarrasins. Le comte Guillaume de Provence, appelé par la suite le Libérateur, répondit à l'appel de ses sujets et leva l'ost.( Le terme ost ou host désignait l'armée en campagne à l'époque féodale et le service militaire que les vassaux devaient à leur suzerain au Moyen Âge. Dès le haut Moyen Âge, le service d'ost ou ost s'imposait à tous les hommes libres (« homines liberi »), appelés plus tard vavasseurs) De nombreux guerriers de Provence, mais aussi du Bas-Dauphiné et de Nice formèrent son armée.

Par cette offensive décisive de 973 et des batailles qui suivirent, les arabes « Sarrasins » sont définitivement expulsés de leurs bases fortifiées. Si une partie importante de la communauté sarrasine a sans doute péri au cours des combats, il est probable que des groupes de survivants demeurèrent dans la région y faisant souche et que certains se convertirent à la religion chrétienne

1000  hégire 390: Début des conquêtes en Inde par des souverains turc-musulmans. Mahmoud de Ghaznî - Yamîn al-Daoulâ Abd al-Qasim Mahmoud Ibn Soubouktigîn (2 octobre 971 - 30 avril 1030) fut le dirigeant de l'Empire ghaznévide de 997 jusqu'à sa mort, , est responsable de la première vague d’invasion du territoire du Nord de l’Inde.

Les Ghaznévides (perse : سلسله غزنویان ) sont une dynastie musulmane, d'origine turque, fondée par Subuktigîn et qui régna de la fin du Xe siècle à la fin du XIIe siècle sur un empire s'étendant sur les régions du Khorâsan, de Ghaznî et du Panjâb.

L’Empire ghaznavide (سلسله غزنویان en persan) exista de 962 à 1187, dirigé par une dynastie mamelouke d'origine turque. C'était un État musulman sunnite qui, initialement, dirigea le Grand Khorasan (remplaçant ainsi les Samanides), centré sur l'actuel Afghanistan. Il a été créé par Alptegîn, avec la ville de Ghazna comme capitale. Après la bataille de Dandanakan en 1040, l'Empire a perdu ses territoires de l'est au profit des Seldjoukides L'Empire Ghaznévide prend fin en 1149 avec la prise de Ghazna par les Ghurides. Le pouvoir Ghaznévide au nord de l'Inde perdurera jusqu'à la conquête de Lahore en 1186. et a déplacé sa capitale à Lahore, régnant ainsi principalement au Punjab.

Ghaznavid empire

La dynastie persane des Ghurides (Ghurides ou Ghourides) (غوریان) est issue du Khorassan oriental (aujourd’hui la province de Ghôr en Afghanistan). Ils établirent un empire éphémère entre la Perse et l'Inde aux XIIe et XIIIe siècles.

Sous les Ghurides, un double pouvoir coexistait : Ghiyath ad-Dîn Muhammad (1163–1203) occupait l’est de la Perse depuis Fîrouz-Kôh jusqu'à la région de Hérat. L'une de ses capitales était située à proximité de Djâm (province de Ghôr, où le minaret, haut de 65 mètres, est un des rares vestiges artistiques de la période ghoride

Italie L'émirat indépendant de Sicile (965–1091

En 948, le calife fatîmide Ismail al-Mansur nomme Hassan al-Kalbi comme émir de l'île. Le titre devenant rapidement héréditaire, l'émirat prend de facto son indépendance vis-à-vis du gouvernement africain. En 950, Hassan mène une guerre contre Byzance dans le sud de l'Italie, atteint Gerace et Cassano allo Ionio. Une seconde campagne en Calabre apporte une nouvelle défaite aux armées byzantines. Gerace assiégée, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète accepte de payer un tribut à l'émirat de Sicile.

Espagne L'époque des taïfas (1031-1086

Iberia epoque taifas

Au cours de l'histoire d'al-Andalus, il y eut trois époques d'anarchies où les différents royaumes, appelés taïfas, luttaient entre eux :

  • la première période de taïfas, de 1031 (effondrement du califat de Cordoue) à 1085/1112 (conquête almoravide) ;
  • la seconde période de taïfas, de 1145 (effondrement des almoravides) à 1163/1203 (conquête almohade) ;
  • la troisième période de taïfas, de 1224 (effondrement des almohades) à 1266 (Reconquista) : seul l'émirat de Grenade survécut à cette période jusqu'en 1492

 

Séville, nouvelle capitale

Alors que Cordoue s'enfonçait dans la guerre civile et les pillages, Séville, proche d'à peine une centaine de kilomètres parvient à se préserver des malheurs de la guerre

Dans chaque taïfa, les rois encouragent l'administration, l'économie et la culture. C'est une période de concurrence et d'entraînement mutuel. Au fur et à mesure, les taïfas les plus faibles sont absorbés par les autres. Les troubles facilitent la Reconquista par les rois chrétiens et les Berbères sont de nouveau appelés. Ils débarquent en 1086, dirigés par les Almoravides.

Les Almoravides

Les Almoravides (en berbère : (Imrabden) ; المرابطون (al-Murābiṭūn), « les gens du ribāt ») sont une dynastie d'origine berbère sanhajienne qui constitue du XIe au XIIe siècle un empire englobant le Maroc, l'ouest de l'actuelle Algérie ainsi qu'une partie de la péninsule Ibérique (actuels Espagne, Gibraltar et Portugal).

Le mouvement almoravide est né vers 1040 sur l'île de Tidra parmi des Sanhadjas originaires de l'Adrar mauritanien et qui nomadisaient entre le Sénégal et le Maroc, sous l'impulsion du prédicateur malékite Abdullah Ibn Yassin et d'un chef loc

Youssef Ibn Tachfin, premier sultan et troisième émir de la dynastie, prend Marrakech مراكش pour capitale. Il conquit l’Espagne en 1086 avec 15 000 hommes. Son empire est alors délimité par l’océan Atlantique à l’ouest, par le royaume de Castille, le royaume de Navarre, le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le comté d'Urgell au nord, par les Hammadides حماديون et les Zirides الزيريون à l’est, et de facto au sud par le Sahara (royaumes du Bambouk, Bure, Lobi, empire du Mali et empire du Ghana

Empire almoravideAlmoravid empire

 

Al-Andalus à la veille du débarquement Almoravide, perte de Tolède en 1085

L'armée almorravide, habituée à combattre des païens des coins reculés du Sahara ou des hérétiques, s'apprête à affronter pour la première fois une armée chrétienne, qui plus est en Europe. Afin de préparer la campagne, Ibn Tachfin fait appel à Abd Al-Rahman Ibn al-Aftas, un conseiller andalou qui le prévient que la marge de manœuvre sur la péninsule est très réduite. De son côté Al-Mutamid utilise cette période pour négocier à son avantage avec Alphonse VI en le menaçant de l'imminence de l'arrivée des Almorravides.

C'est à Ceuta  Sebta سبتةqu'Ibn Tachfin réunit une gigantesque armée composée de soldats venus des quatre coins de l'empire almorravide, du Sahara, du Maghreb ainsi que des différentes tribus comme les Sanhadja. À leur tête on trouve les plus prestigieux et loyaux chefs militaires que comptait l'empire. Finalement le 30 juillet 1086, l'armée almoravide passe le détroit sans difficulté et arrive sur la péninsule au petit matin. La conquête du pays est rapide; sur la trentaine de taïfas, moins d'une dizaine ont une réelle puissance militaire et une capacité de résistance. Les Almoravides vont s'employer à détrôner les petits émirs dont les taïfas disparaître une à une. L'arrivée des Almoravides est acclamée par la foule qui fatiguée de l'état de guerre permanent entre taïfas et furieuse de la fragilité d'Al-Andalus face aux rois chrétiens.

Youssef Ibn Tachfin est à présent le nouveau maître du pays. Son caractère profondément pieux et intransigeant a pour conséquence une application stricte de la loi islamique dans le pays. Le vin est par exemple banni. Mais c'est au niveau des relations avec les autres religions que le nouvel état est le plus dur. Les églises sont détruites et les Juifs condamnés à payer de lourdes taxes. Rapidement les Almoravides sont haïs par la population à cause des hausses d'impôts mais aussi du comportement de leurs soldats, qui n'hésitaient à piller et à saccager ce que bon leur semble. La corruption de l'État prend des proportions alarmantes. Pire, non seulement les Almoravides n'avaient remporté aucune bataille décisive mais ils ne parviennent pas à reprendre des villes importantes comme Tolède. Tout au mieux ils ont freiné la Reconquista

1037  hégire 428: Mort du penseur Ibn Sina پور سینا (Avicenne) Abū ‘Alī al-Ḥusayn ibn ‘Abd Allāh ibn Sīnā ابن سینا ('ibn sīnā.. Il reste connu pour ses travaux immenses dans le domaine de la médecine, mais également en philosophie et Théologie. On peut noter parmi les découvertes médicales d'Avicenne, la symptomatologie du diabète, la découverte du rôle des rats dans la propagation du virus de la peste, la découverte du mécanisme de la circulation sanguine du Coeur vers les Poumons en aller et retour, ou encore la description complète de l'anatomie de l'oeil.

Un Islam divisé « les  Croisades occidentales»

Première croisade (1096 – 1099 ) hégires 489 – 492

1099  hégire 492 : Prise de Jérusalem par les croisés. Alors que les défenseurs de la ville bénéficient d’un sauf-conduit jusqu’à la côte, les habitants de la ville, aussi bien de confession juive que musulmane sont massacrés sans pitié par les croisés.

Deuxième croisade (1147 - 1149)  hégires 542 -544Saladin et la chute du premier royaume de Jérusalem

Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf (en arabe: صلاح الدين يوسف) né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, یوبیان qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.

Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187

Espagne Al Andalus En 1121, le pays est en proie à la famine et une révolte éclate dans plusieurs villes mais elle écrasée dans le sang, notamment à Cordoue. Cela sonne la fin de la présence Almoravide sur la péninsule. Des chefs rebelles font appel aux Almohades d'Afrique du Nord qui venaient de conquérir le Maroc

1147 hégire 542

 Espagne Les Almohades

Empire almohade

Les Almohades ( الموَحدون (al-Muwaḥḥidun), en berbère (Imweḥḥden)) « qui proclame l’unité divine », ou Banu Abd al-Mumin (en arabe : بنو عبد المؤمن), sont un mouvement religieux fondé au début du XIIe siècle, dont est issue la dynastie éponyme d'origine berbère (amazigh) masmouda et zénète qui gouverne le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du XIIe siècle et le XIIIe siècle.

Les Almohades sont une dynastie berbère qui avait été fondée par Ibn Toumert. Son disciple Abd Al-Mumin prend la relève et profite du chaos en Andalousie pour attaquer les terres Almoravides en Afrique du Nord. Ali, émir Almoravide, décide de riposter mais meurt d'une chute de cheval lors d'une bataille près de Tlemcen, les Almohades encouragés par cette victoire prennent les villes une à une jusqu'à la chute de Marrakech au mois d'avril 1147. C'est le fils d'Abd Al-Mumin, Yakub Yusuf, qui prend la relève et décide de conquérir la péninsule. Installés à Séville, ils lancent des attaques tous azimut, reprenant Valence aux Almoravides. Sous le règne de Yakub Yusuf on construit des ponts, des bains, des mosquées, la Giralda de Séville encore visible aujourd'hui est bâtie

La Reconquista entreprise quatre siècles plus tôt est à l'arrêt, mais c'est grâce à ces défaites que les rois chrétiens réalisent que leur unité est essentielle pour poursuivre leur reconquête du pays. Abou Yusuf Yacub est un administrateur de talent et sa cour est riche et il laisse à son fils Muhammad an-Nasir un pays débarrassé de la menace chrétienne. Les médiocres qualités de guerrier de Muhammad an-Nasir et l'appel à la croisade lancé dans le monde chrétien auront raison d'Al Andalus.

Les Almohades sont connus par la rigueur dont ils font preuve à l'égard des Chrétiens et des Juifs de leurs territoires, contraints de choisir entre la conversion, le départ ou la mort. Al Andalous se vide de ses minorités

1187 : Saladin reprend Jérusalem aux croisés. Il permet aux chrétiens de quitter les villes conquises et de regagner sains et saufs la côte avec une partie de leurs biens, générosité exceptionnelle pour l'époque et qui lui vaut l'estime de ses adversaires. À Jérusalem, il rend à l'islam l'église du Temple (mosquée Al-Aqsa) mais laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre et rend aux juifs le Mur des Lamentations et leurs synagogues, supprimées par les Croisés. Cette mansuétude fait beaucoup pour l'édification de l'image du « Chevalier de l'islam ».

Troisième croisade (1189 – 1192) hégires 585 -588

1198 : Mort du philosophe Ibn Rouchd ابن رشد (Averroès).. Il est à la fois un philosophe, un théologien islamique, un juriste, un mathématicien et un médecin arabe du XIIe siècle. Son ouverture d'esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l'époque qui l'exilent comme hérétique et ordonnent que ses livres soient brûlés

Quatrième croisade (1202 - 1204)  hégires 598 – 600 prise de Constantinople par les croisés

1212 hégire 609

La bataille de Las Navas de Tolosa de 1212 et la poursuite de la Reconquista

Batalla navas

Les guerres entre Almoravides et Almohades sont une époque propice aux rois chrétiens pour entreprendre leur rêve de reconquête totale du pays, mais leurs désunions ne leur permettent pas de remporter de victoires significatives. Des révoltes en Afrique du Nord mais aussi dans les îles Baléares, où un descendant de la dynastie Almoravide appelle à la guerre contre les Almohades, permettront aux Chrétiens de retourner la situation. Le souverain Almohade, qui ne réalise pas à temps qu'une expédition chrétienne se prépare, décide d'aller mâter les rébellions. Du côté chrétien, la Reconquista prend une ampleur européenne puisque le pape appelle à la croisade et de nombreux chevaliers français, italiens ou anglais y répondent. Comprenant enfin le danger, Muhammad an-Nasir parvient lui aussi à recruter près de 300 000 hommes dans toute l'Afrique du Nord et espère réitérer l'exploit de son père à Al-Arak une vingtaine d'années plus tôt.

Les deux armées se rencontrent à Las Navas de Tolosa, au nord de l'actuelle ville de Linares le 14 juillet 1212 bien qu'au départ la situation semble favorable aux Almohades, très rapidement elle se retourne. La panique gagne le camp musulman et les soldats fuient le champ devant la puissance des attaques chrétiennes, le sort de la bataille est définitivement scellé lorsque Muhammad an-Nassir lui-même s'enfuit. La victoire du camp chrétien mené par Alphonse VIII de Castille est éclatante, les sources racontent que malgré 60 000 hommes et 2 000 chevaux, il n'y eut pas assez de bras pour transporter le butin et armes récoltées sur le champ de bataille. On dénombre près de 100 000 morts dans le camp musulman contre à peine quelques milliers du côté chrétien. Trois jours plus tard Alphonse fait massacrer toute la population de Baeza soit près de 60 000 personnes. Aux massacres s'ajoutent la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le Maroc actuel ce qui a pour conséquence l'abandon de vastes étendues de terres. Muhammad an-Nassir s'échappe à Marrakech où il abdique en faveur de son fils. La puissance Almohade brisée, des chefs locaux déclarent leur indépendance ce qui permet aux rois chrétiens de continuer à favoriser tantôt un camp, tantôt l'autre. En 1236 Cordoue, l'ancienne capitale musulmane, tombe dans des mains chrétiennes, Jaén et Valence suivent en 1238, puis c'est au tour de la puissante Séville d'être prise en 1248, Cadix en 1262, Carthagène en 1274. La Reconquista occupe à présent plus de 90 % de la superficie de l'Espagne. Beaucoup de Musulmans fuient l'Espagne, préférant l'exil à la domination chrétienne ou rejoignent le petit territoire du royaume de Grenade.

 

Bien que les traités conclus avec les nouveaux vainqueurs permettent aux Musulmans de continuer à pratiquer leur religion, ces engagements sont rapidement oubliés. Dans les villes nouvellement conquises des colons venus de toute l'Europe s'installent et exproprient les biens des musulmans qui sont obligés de vivre dans des ghettos à l'extérieur des villes. L'éloignement progressif de la menace musulmane change l'aspect des villes qui rasent les lourdes murailles pour faire place à des marchés et à la construction de nouveaux bâtiments, c'est le cas de Madrid qui pendant longtemps n'était qu'une forteresse censée protéger Tolède et se développe pour devenir la capitale d'un pays neuf

Cinquième croisade (1217–1221) hégires 614 -618

Sixième croisade (1228 - 1229) hégires 625 -626

Septième croisade (1248-1254) hégires 646 - 652

Croisades de Louis IX roi de France  est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX de France, Saint Louis. Décidée par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249. Vaincue par les maladies, l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250, et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre le royaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks مملوك. La croisade prend fin avec en 1254 avec le retour du roi en France après la mort de Blanche de Castille, sa mère.

1250–1517 : Dynastie des Mamelouks en Égypte. Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils régnèrent sur l'Égypte, la Syrie et le Hedjaz, vainquirent les Mongols à Aïn Jalut (1260), devinrent les protecteurs des Abbassides rescapés, dont ils recueillirent un descendant à qui ils donnèrent le titre de calife. Ils conquirent les dernières possessions des Francs au Levant. Ce sont les Ottomans qui mirent fin à cette dynastie en 1517.

1258 : Destruction de Bagdad par les Mongols. Ceux-ci sont dirigés par هولاكو خانHoulagou Khan, qui a comme racine le mot qui signifie « surplus » en mongol médiéval petit fils de جنكيز خانGengis Khan.  La victoire des mongols sur les troupes du calife Al-Musta'sim marque la fin du règne des Abbassides, et le début de la dynastie des Ilkhans mongols. Il est à noter que nombre de femmes et d’enfants furent massacrés à l’issu de la bataille.

Huitième croisade (1270) hégire 668

est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur « saint Louis », en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage

Neuvième croisade, (1271-1272) hégires 669 -670

 Menée par le prince Édouard d'Angleterre (futur Édouard Ier) en 1271-1272, est généralement considérée comme la dernière des croisades médiévales.

 À la fin du XIe siècle, le Proche-Orient était divisé. Au Sud, les Fatimides chiites étaient au pouvoir en Égypte et contrôlaient une partie de la Palestine. Le reste du Proche-Orient était sous la domination des Seldjoukides, un peuple turc nomade converti à l'islam sunnite au IXe siècle qui a mis fin à l'empire arabe et d'une manière générale à la suprématie des arabes; arabes absents des croisades pour cette raison. En 1055, les Seldjoukides ont pris le contrôle du califat abbasside à Bagdad. Après la victoire de Mantzikert en 1071, les Turcs atteignirent le Bosphore, mais très tôt, l'Empire seldjoukide fut divisé en une série de principautés rivales dont la principale était le sultanat de Roum. La Syrie était aussi divisée en plusieurs États indépendants autour d'Alep, de Damas, de Tripoli, d'Apamée et de Shaizar.

Au Proche-Orient les divisions étaient d'ordre religieux et ethnique. Les Turcs sunnites étaient minoritaires. La population arabe était de confession chiite, ismaélienne ou chrétienne. Les chrétiens étaient eux-mêmes de différentes tendances : orthodoxes, melkites, et monophysites. Il y avait des Arméniens en Syrie du Nord. Pour ces populations musulmanes ou chrétiennes, les croisades étaient des expéditions militaires de secours après l'invasion musulmane, expéditions auxquelles ils prirent part en faisant entrer les croisés dans Antioche, ou pendant la traversée du Liban avant le siège de Jérusalem.

L'affaiblissement de l'Islam a permis l'essor du commerce par les villes italiennes en Méditerranée. Venise, Bari et Amalfi ont noué des liens avec l'Orient, et, Pise et Gênes ont chassé les Sarrasins de la mer Tyrrhénienne. La Méditerranée devient un lac latin. Les villes italiennes créent des comptoirs de commerce fructueux, qu'elles réussiront à conserver après la fin des croisades. Elles détournent à leur profit le commerce entre Orient et Occident. Les croisades sont une étape décisive de l'essor de l'Occident chrétien et du déclin du monde arabe amorcé dès le Xe siècle en Orient.

1300  hégire 699 Introduction de l’Islam dans les îles indonésiennes (Sumatra) par des marchands indiens.. L’Indonésie est d’ailleurs aujourd’hui le pays musulman le plus peuplé au monde avec plus de 230 millions de musulmans.

Le royaume de Grenade (1238-1492) رناطة (ghar()nâta)

Coat of arms of the emirate of granada 1013 1492 svgARMOIRIE DE GRENAGE

Taïfa, puis émirat de Grenade إمارة غرﻧﺎﻃﺔ
Le Royaume de Grenade est la dernière terre arabo-mauresque en Espagne, point final de la Reconquista pour les castillans.

 Evènements historiques pendant les périodes des Zirides لزيريونet des Nasrides, بنو نصرainsi que le récit ultime des Guerres de Grenade dans la dernière décennie.

Ce royaume connaît trois périodes

Les Nasrides prennent Grenade, et y établissent un émirat en se soumettant temporairement aux Castillans par le biais d'un serment de vassalité, prêté à Ferdinand III en 1246, suite à la capitulation de Jaén.

Cette vassalité sera aliénante pour leur camp; elle leur permettra néanmoins dans les années sans guerre de bâtir les palais de l'Alhambra,  الْحَمْرَاء, Al-Ḥamrā' , « la rouge »leurs joyaux.

Compte tenu des succès des Castillans, qui vont devoir faire une pause pour intégrer les terres conquises au milieu du XIIIe siècle, ce royaume, dirigé par les Nasrides à compter de 1238, devient le dernier bastion subsistant d'Al-Andalus sur la péninsule Ibérique, jusque sa cession en 1492.

Le territoire correspondant devient l'Andalousie, augmenté des zones de Séville, Cordoue et Gibraltar, dans l'Espagne d'aujourd'hui.

1419 hégire 822 : Le prince de Malacca se convertit à l'islam. Cette conversion serait due au commerce du port de Malacca avec les marchands musulmans. La conversion du prince aura pour effet de convertir la ville à l’Islam, cette dernière étant renommée par la suite en Iskandar Shah.

1453–1571  hégires 857 - 979: apogée de l'Empire ottoman, entre la prise de Constantinople (Istanbul) et la défaite navale de Lépante.

Déclin

1492 hégire  897: chute du Royaume de Grenade,

Événements

2 janvier : entrée des Rois catholiques dans Grenade, qui marque la fin des Guerres de Grenade,qui constituent une succession de conflits qui opposa de 1482 à la fin de l'année 1491 les royaumes d'Aragon et de Castille à celui de Grenade. Cette guerre mit fin à la présence musulmane (en tant qu'entité politique indépendante) en Espagne, l'année cruciale pour les Rois catholiques dernier épisode de la Reconquista. Le roi nasride Boabdil (Abou abd Allah) remet les clés de la ville aux souverains espagnols, qui garantissent à la population le droit de pratiquer librement leur religion (capitulations de Grenade, 25 novembre 1491). Cette promesse ne sera pas tenue et les Maures non convertis sont expulsés en 150

Boabdil أبو عبد الله محمد الثاني عشر

Abû `Abd Allâh “az-Zughbî” Mohammed ben Abî al-Hasan `Alî abū ʿabd allāh az-zuḡbī muḥammad ben abī al-ḥasan ʿalī      , أبو عبد الله “الرغبي” محمد بن أبي الحسن علي est le vingt-deuxième émir nasride de Grenade (Nasride de Gharnata). Il est surnommé Az-Zughbî (l'infortuné) رغبي,  et appelé Boabdil (déformation castillane de Abû Abdil-lah)ou El Chico (Le Jeune) par les Castillans.

Armoiries nasrides wa l g liba ill ll h il n y a qu un seul vainqueur et c est dieuarmoiries-nasrides-wa l-g- iba ill llh   il n'y a qu un seul vainqueur et c'est Dieu

Il est né à Grenade en 1459. Il est le fils de Abû al-Hasan `Alî dit El viejo (L'Ancien). Il lui succède en 1482. Il règne sous le nom de Muhammad XII az-Zughbî sur le Royaume de Grenade et en est le dernier souverain. Le royaume disparaît en 1492. Selon les écrits de l'historien tlemcénien Al-Maqqari, (à ce jour, seule source historiquement admise) il meurt en 1532 ou 1533 à Tunis.

Les Espagnols s'en souviennent aussi sous le nom de El Moro, « le Maure », ramenant ainsi les conquérants initiaux à leur ultime représentant.

Prise de Grenade

La prise de Grenade met fin à un siège de plusieurs mois autour de la ville éponyme dans le sud de la péninsule Ibérique. La ville est prise le 2 janvier 1492  hegire. 897 . ربيع الأول . الإثنين. Lundi 1 Rabi'ou Al-Awwal 897 par les forces combinées des couronnes d’Aragon et de Castille, récemment unies, contre les troupes du royaume musulman de Grenade menées par le sultan Boabdil. Cette victoire met fin aux guerres de Grenade initiées en 1482.

Cette campagne, relativement courte, a d'importantes conséquences pour les royaumes espagnols, avec la fin de plus de 780 années de présence musulmane dans la péninsule, et signe donc la fin de la Reconquista.

La prise de Grenade est un des évènements de l'année 1492, si importante pour l'historiographie espagnole, qu'on la désigne sous le nom d’année cruciale. La ville de Grenade continue de célébrer chaque année ce jour du 2 janvier 1492

Boabdil reste le seul souverain. Au printemps 1491, les chrétiens reprennent les hostilités contre Grenade avec une armée puissante de dix mille cavaliers et de quarante mille fantassins. Le 26 avril commence le siège final de la capitale nasride. Ce jour-là, la reine Isabelle Ire de Castille a juré de ne pas se baigner et de ne pas changer de vêtements jusqu'à la prise de Grenade. Au début du siège, le campement des Castillans a été détruit par le feu. Isabelle a alors fait construire dans la vallée du Genil un campement fixe. Elle a fait appeler cette ville Sitiadora.

Depuis leur capitale assiégée les Grenadins n'ont essayé que quelques rares sorties pendant les six mois suivants. Ils ne disposaient pas plus que d'une cavalerie et d'une infanterie impuissantes en face à l'artillerie castillane qui ouvrait des brèches dans les murailles de la ville. Fin 1491, la situation dans Grenade devient très précaire quand le blé, l'orge, le millet, l'huile viennent à manquer. Le passage par l'Alpujarra est devenu impraticable parce que la neige a commencé à tomber et a coupé les communications avec cette région méridionale. Boabdil entame des conversations secrètes pour ne rendre la ville que fin mars 1492 alors que depuis décembre 1491, les Castillans exigent une reddition immédiate.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, guidés par Ibn Kumasa et Abû al-Qasim al-Mulihe, deux vizirs de Boabdil, le grand commandeur de León, don Gutierrez de Cárdenas et quelques fonctionnaires castillans entrent secrètement dans Grenade par un chemin peu fréquenté. Au petit jour, Boabdil livre les clés de l'Alhambra à don Gutierrez dans la tour Comares. La capitulation officielle date donc du 2 janvier 1492.

Le comte de Tendilla et ses troupes entrent ensuite dans l'Alhambra en suivant le même itinéraire. La bannière de Castille et la croix sont hissées sur l'une des tours de la forteresse de l'Alhambra qu'on appelle encore aujourd'hui la Tour de la Bougie. Boabdil laisse sa ville et ses palais intacts aux mains de ses adversaires, moyennant un traité de capitulation qui garantit les droits des habitants : ceux-ci peuvent rester en conservant leur religion, leurs autorités juridico-religieuses, leurs biens et même leurs armes (sauf les armes à feu).

Boabdil fait excaver les tombes de ses ancêtres Mohammad II, Yusef I, Yusef III et Abu Saad pour qu'elles ne soient pas profanées par les chrétiens. Il les fera transférer dans le cimetière de la mosquée de Mondújar.

La légende dit que sur le chemin de l’exil, au lieu-dit « le dernier soupir du maure », Boabdil se retourna vers la capitale de son royaume perdu et pleura. Sa mère Aixa Fatima lui lança : « pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme ! », «ابكِ مثل النساء ملكاَ مضاعا لم تحافظ عليه مثل الرجال».

Dans ses écrits, Christophe Colomb dit avoir assisté à la reddition et au départ de Boabdil

La fin (1492 - 1494 ou 1533) hégire  897 – 899 -939

Exilé dans le sud à Laujar de Andarax dans les montagnes des Alpurrajas où Ferdinand lui a accordé une seigneurie, il perd sa femme Morayma qui sera également enterrée dans la mosquée de Mondujar. Trahi par son vizir, Yusef Aben Comixa, qui vend sans son consentement la seigneurie pour 80 000 ducats à Ferdinand, Boabdil est contraint d'embarquer en octobre 1493 du port d'Adra pour rejoindre les côtes africaines.

Selon la légende, une fois embarqué, Boabdil regarde dans la direction de la côte, lance son épée dans les flots et promet de revenir un jour la chercher. Épée qui existe au musée de Cluny en France Musée national du Moyen Âge - Thermes et hôtel de Cluny, est situé dans le Ve arrondissement de Paris, France  au cœur du Quartier latin

Il serait allé vivre à Tunis avec sa mère, sa sœur et ses deux fils Ahmed et Yusef. Selon l'historien Al-Maqqarî, il meurt en 1533/1534 et ses descendants vivent à Tunis en 1627/1628 dans des conditions difficiles.

En effet, le secrétaire royal Fernando de Zafra mentionne dans sa missive du 9 décembre 1492 que Boabdil et sa suite vivent à Andarax qu'il quitta pendant un mois pour se rendre à Tlemcen où il resta peu longtemps et qu'il quitta en septembre ou octobre 1492. Il précise que sa femme est morte à Andarax est qu'elle est enterrée à Mondujar. Selon l'historien tlemcénien Al-Maqqari, Boabdil, dernier roi de Grenade, s'installe avec des membres de sa famille à Fez où il vécut dans des conditions difficiles. Al-Maqqari écrit qu'il mourut en 1533 ou en 1518 et mentionne avec précision où sa dépouille fut enterrée Le chroniqueur espagnol Luis del Marmol Carvajal écrit « Boabdil mourut près de l’Oued el Assouad (la rivière noire) au gué dit de Waqûba, dans la guerre qui a opposé les Mérinides de Fez au royaume chérifien de Marrakech ». Cette source est également reprise par Louis de Chénier, diplomate du roi de France Louis XVI. Mais cette dernière hypothèse est jugée peu probable par Mercedes Garcia Arenal.

Par ailleurs, signalons que selon une rumeur dans le roman Clovis Dardentor de Jules Verne paru en 1896), il meurt en 1494 à Tlemcen. Une pierre tombale portant son épitaphe aurait été retrouvée en 1848 dans la nécropole royale zianide de Tlemcen, avant d'être perdue en 1898 après avoir été présentée à l'exposition universelle de Paris en 1889. Mais il semble qu'il s'agisse d'une confusion avec son oncle Muhammad XIII az-Zaghall.

Sa fille Aixa fut capturée par les Espagnols et baptisée Isabel. Le roi Ferdinand célèbra la conquête de Grenade en la prenant comme maîtresse, elle lui donna un fils, Miguel Fernández, chevalier de Grenade (1495-1575). Plus tard, elle fut rejetée par le roi et devint nonne utilisant le nom sœur Isabel de Granada

Ces guerres marquent la fin en tant qu'État de la présence musulmane en Espagne. Malgré les traités garantissant les droits des musulmans, ceux-ci seront expulsés des villes dès 1498. Boabdil, qui avait eu le droit de conserver un fief en Espagne, devra le quitter et se réfugier en Afrique. Des opérations de conversions forcées suivront dans les campagnes (1526). Il y eut des révoltes (1568 pour la plus importante), et un édit de 1609 ordonnera à tous les Maures d'Espagne de quitter le pays sous peine de mort.

Les rois catholiques amorcèrent ensuite une expansion sur la rive africaine du détroit de Gibraltar : furent prises les villes de Melilla (1497), Mers-el-Kébir (1505) et Oran (1509). Mais l'expansion s'y arrêtera, car autant la noblesse adhérait au projet de protéger l'Espagne en contrôlant le nord du Maroc, autant elle était réticente à s'engager dans la conquête du Maghreb pour rejoindre le royaume de Sicile

À la Renaissance, le roi François Ier  (1494 – 1547)  est sacré roi de France le 25 janvier 1515 hégire  9 Dhou Al-Hijja 920noue une alliance stratégique avec Soliman le Magnifique,  Soliman Ier (turc ottoman : سلطان سليمان اول (Sultān Suleimān-i evve et laisse à ce titre la flotte de Barberousse hiverner dans les ports provençaux. C’est aussi au XVIe siècle que plusieurs dizaines de milliers de Morisques musulmans, expulsés d’Espagne, s’installent en France, où ils finissent par se fondre dans la population.  Morisque (de l'espagnol Morisco) étaient des musulmans d'Espagne convertis de force au catholicisme après l'abrogation par les Rois Catholiques des accords qui leur permettaient, bien que vaincus, de conserver sur le sol espagnol leur foi et leurs coutumes islamiques Les édits de conversion de 1502 ont suivi l'abrogation des accords signés en 1492 entre les Rois Catholiques et Abû Abdil-lah,( Boabdil) dernier roi de l'Émirat de Grenade. Ils constituaient une minorité importante dans le Royaume de Valence, la vallée de l'Èbre et l'Andalousie orientale

1571 hégire 978: Bataille de Lépante معركة ليبانت

La bataille de Lépante est l'une des plus grandes batailles navales de l'histoire. Elle s'est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce, à proximité de Naupacte — appelée alors Lépante. La puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue à l'initiative du pape Pie V. La bataille se conclut par un désastre pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 30 000 hommes. L'événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte de 1565, il sonnait comme un coup d'arrêt porté à l'expansionnisme ottoman.

Certains historiens estiment qu'il s'agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d'Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaine

Lepanto venedig 1572 museo storico navale 550x500

Informations générales
Date
Lieu Golfe de Patras, à proximité de Naupacte, en Grèce
Issue Victoire de la Sainte Ligue
Belligérants
Sainte Ligue :
  • Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
  • Drapeau de la République de Venise République de Venise
  • Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
  • Drapeau de la République de Gênes République de Gênes
  • Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
  • Flag of the Sovereign Military Order of Malta.svg Hospitaliers
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Juan d'Autriche
Álvaro de Bazán
Alexandre Farnèse
Giovanni Andrea Doria
Ali Pacha †
Uludj Ali
Muhammad Sirocco †
Forces en présence
208 navires 273 navires
Pertes
9 000 morts ou blessés 30 000 morts ou blessés
8 000 prisonniers
240 navires et 450 canons perdus

1683  hégire 1094: échec relatif des Turcs ottomans (ils ne repartiront en effet qu'en échange d'un tribut) devant Vienne. L'empire commence un lent déclin.

1798  hégire 1212: arrivée de Bonaparte en Égypte. Celui-ci adopte une stratégie en demi-teinte, se déclarant l'ami du sultan ainsi que du peuple égyptien, mais l'ennemi des mamelouks qui se comportent comme en pays conquis, et faisant proclamer cette déclaration dans tout le pays.

1830  hégire 1245: début de la conquête française de l'Algérie.

Époque coloniale

La confrontation avec une partie du monde musulman n’a jamais cessé, avec la lutte contre les barbaresques, qui s'achève par la conquête de l’Algérie en 1830. La colonisation de l’AOF et de l’AEF, puis au XXe siècle, après le démembrement de l’Empire ottoman, le mandat de la SDN sur la Syrie et le Liban partiellement chrétien. L’Algérie est topographiée par des géographes qui en fixent les limites actuelles, et divisée administrativement en départements ; elle fait officiellement partie de la France. Se pose cependant le problème de la nationalité. Rien dans la religion juive n'étant jugé incompatible avec la République, le décret Crémieux* accorde la nationalité aux Algériens juifs qui en font la demande. Les populations se réclamant de la loi coranique doivent choisir entre leurs coutumes et les lois de la République. Dans le second cas seulement, ils ont la nationalité française, et donc le droit de vote aux élections françaises : peu font ce choix. Les chrétiens, majoritairement kabyles pour des raisons historiques, n'ont pas ce problème.

*

Le décret Crémieux (du nom d'Adolphe Crémieux) est le décret no 136 qui attribue d'office en 1870 la citoyenneté française aux « Israélites indigènes » d'Algérie, c'est-à-dire aux 35 000 « Juifs » ou « juifs » du territoire. Il est complété par le décret no 137 portant « sur la naturalisation des indigènes musulmans et des étrangers résidant en Algérie » : pour ce qui les concerne, la qualité de citoyen français n’est pas automatique puisqu’elle « ne peut être obtenue qu’à l’âge de vingt et un ans accomplis » et sur leur demande. En pratique, selon l'historien Gilles Manceron, la naturalisation n’est que rarement attribuée aux indigènes musulmans qui restent sous le régime de l'indigénat. Une loi similaire de naturalisation massive et automatique, portant cette fois sur les étrangers résidant en Algérie, est promulguée le .

Les décrets nos 136 et 137 sont pris à Tours en Conseil du Gouvernement de la Défense nationale le , signés d’Adolphe Crémieux (député de Paris et ministre de la Justice), Léon Gambetta (député de la Seine et ministre de l’Intérieur), Alexandre Glais-Bizoin (député des Côtes-du-Nord) et Léon Fourichon (député de la Dordogne et ministre de la Marine et des Colonies). Ils sont publiés au Bulletin officiel de la ville de Tours le .

Cremieux 136

XXè siècle hégire 1360

Harkis et immigration musulmane arabe, africaine

Quelques travailleurs musulmans viennent d’Afrique du Nord au début du XXe siècle avec la Première Guerre mondiale, bien que l'immigration soit alors très majoritairement européenne : Espagne, Italie, Pologne, Portugal. À partir de 1962, hégire 1381 ils commencent à s’installer plus nombreux en France, qui les accueille volontiers à cause de ses grands chantiers autoroutiers et construit à leur intention et à celui des rapatriés nombre d'immeubles. Ce flux constitue la première vraie communauté musulmane de France métropolitaine, qui s'adjoint aux Harkis حركيet aux réfugiés politiques de pays musulmans, Turquie, puis (depuis les années 1980)  hégire 1400 Afrique noire. Ces communautés installées en France, ayant conservé leurs rites, coutumes et religion, construisent peu à peu des mosquées. Dans le département d’outre-mer de La Réunion, la communauté est installée depuis la seconde moitié du XIXe siècle. l' Islam est arrivé aux Comores par des marchands arabes et par des princes sunnites Perses qui s'exilèrent aux Comores au IXe siècle.hégire184

Selon l'historien Justin Vaïsse, l'expression « islam de France » serait aujourd'hui plus appropriée qu'« islam en France ».

Conversions

En France, selon le ministère de l'intérieur et des cultes il y aurait + de 100 000 personnes converties à l’islam et environ + de 4 000 conversions tous les ans, chiffre qui a doublé depuis 1986. Les organisations musulmanes affirment que ce chiffre serait de 200 000. Djelloul Seddiki, directeur de l'Institut de Théologie El Ghazali de la Grande Mosquée de Paris, avance le chiffre de 1 million de convertis en France en 2013 hégire 1434.Entre 150 et 200 musulmans se convertiraient au catholicisme par an, dont beaucoup d'enfants issus de mariages mixtes. Le nombre de personnes quittant l'islam, sans adopter le catholicisme, n'est pas comptabilisé.

En esperant que ces informations  historiques puissent aider à la comprehension des peuples sans revanche ni rancunes

Baudrier Gérard Ibrahim   13 juillet 2015  lundi 26 Ramadan 1436.  الإثنين 26 رمضان

sources : simplifiées par Souhayl.A & Lionel.J « gros compléments notes  textes arabes et français et photos prises sur WIKIPEDIA par Baudrier Gérard Ibrahim

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Commentaires (3)

gerardibrahim-baudrier
  • 1. gerardibrahim-baudrier (site web) | 06/12/2017
merci pour nos remarques
gerardibrahim-baudrier
  • 2. gerardibrahim-baudrier (site web) | 19/10/2016
salam merci j'inclus cette information dans le dossier en question
salam
Toto
  • 3. Toto | 05/10/2016
En fait le décret Crémieux distingue nationalité et citoyenneté.
Depuis Louis-Philippe tous les habitants d'Algérie étaient réputés français.
Italiens Maltais Espagnols etc installés en Algérie pouvaient obtenir la nationalité française au bout de 4 ans de résidence.
Parlant de l'Algérie, Napoléon III se disait "empereur des Francais des Arabes et des Berbères".
Avec la République et le décret Crémieux comme vous dites les Arabes et les Berbères comme les Européens et les Juifs sont de nationalité française mais seuls les musulmans doivent faire la démarche de demander la citoyenneté française en se réclamant des lois républicaines et non plus du droit coranique.
La constatation d'une incompatibilité entre Islam et lois républicaines aurait dû entraîner une autre constatation: la République française n'a rien à faire en Algérie.
Mais l'universalisme républicain était incapable de tirer une telle conclusion . On connait la suite

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