Jizya جزية l’impôt de protection obligatoire

Jizya جزية l’impôt de protection obligatoire

 

 

Jizya   جزية   l’impôt  de protection obligatoire

Il a été beaucoup dit à ce sujet il est nécessaire de regarder cela de près.

La jizya  جزية  était un impôt dont devaient s'acquitter les non musulmans qui vivent dans un pays musulman, le territoire sous autorité musulmane دار الاسلام le Dar al Islam. Le Coran évoque la jizya* en un seul et unique verset

sourate 9 التوبة  at Tawba Le Repentir, verset 29

Période Médinoise, qui occupe la 113èplace dans l'ordre chronologique

قَاتِلُواْ الَّذِينَ لاَ يُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَلاَ بِالْيَوْمِ الآخِرِ وَلاَ يُحَرِّمُونَ مَا حَرَّمَ اللّهُ وَرَسُولُهُ وَلاَ يَدِينُونَ دِينَ الْحَقِّ مِنَ الَّذِينَ أُوتُواْ الْكِتَابَ حَتَّى يُعْطُواْ الْجِزْيَةَ عَن يَدٍ وَهُمْ صَاغِرُونَ

Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, ceux qui ne s'interdisent pas ce que Dieu et Son Prophète ont déclaré interdit (prohibé), ceux qui, parmi les gens d'Écriture**, ne pratiquent pas la vraie religion (la Vérité). Combattez-les jusqu'à ce qu'ils versent directement (concèdent)  la capitation  (d’aide) en toute humilité !

Qatilou alađhiyna la you'minouna biAllahi wala bialYawmi al'aķhiri wala youĥarimouna ma ĥarama a Allahou waRaçoulouhou wala yadiynouna diyna alĥaqi mina alađhiyna outou alKitaba ĥata youƐŤou aljizyata Ɛan yadin wahoum Sağirouna

* verbe.
جَزَى jaza : châtier, punir sévèrement, punir / frapper d'une peine, sanctionner, punir d'une sanction
جَزَى jaza : récompenser / accorder une récompense à, rémunérer , rétribuer , payer pour un travail
جَزَى jaza: suffire à / être capable de fournir le nécessaire

nom.
جُزَيْء jouzai' : molécule
جِزْيَة jizya: impôt, taxe, tribut / rançon
جِزْيَة jizya: impôt, prélèvement obligatoire déterminé sur les ressources ou les biens, taxe, imposition que doit payer un particulier, tribut, contribution forcée, imposée par un état à un autre
جَزَاء jaza’a: châtiment, sanction, peine / prix / amende

** juifs, chrétiens, sabéens et zoroastriens notamment. Pendant des siècles, ceux-ci ont toujours joui d'une plus grande protection.

Exemple : Les restrictions qui caractérisèrent le statut inférieur des juifs furent codifiées dans le Pacte d'Umar. Mais, en dépit de leur statut de  ذمّي dhimmi, les juifs étaient libres de pratiquer leur religion et ils vivaient mieux sous administration musulmane que sous administration des chrétiens byzantins.

Les chrétiens seraient plus proches des musulmans en «amour»

sourate 5 المائدة al Māʾida  La Table est servie verset 82

Période Médinoise, qui occupe la 112è place dans l'ordre chronologique.

Il faut lire ce verset dans le moment historique : Quelques juifs sont représentés comme étant hostiles à Muhammad et à sa mission, alors que d'autres se sont ralliés à lui.

لَتَجِدَنَّ أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِّلَّذِينَ آمَنُواْ الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُواْ وَلَتَجِدَنَّ أَقْرَبَهُمْ مَّوَدَّةً لِّلَّذِينَ آمَنُواْ الَّذِينَ قَالُوَاْ إِنَّا نَصَارَى ذَلِكَ بِأَنَّ مِنْهُمْ قِسِّيسِينَ وَرُهْبَاناً وَأَنَّهُمْ لاَ يَسْتَكْبِرُونَ

Tu constateras sûrement que ceux qui nourrissent la haine la plus violente contre les musulmans sont les juifs et les païens, et que ceux qui sont les plus disposés à sympathiser avec les musulmans sont les hommes qui disent : «Nous sommes des chrétiens.» Cela tient à ce que ces derniers ont parmi eux des prêtres et des moines et à ce qu'ils ne font pas montre d'orgueil.

Latajidanna ashadda alnnasi Ɛadawatan lilladhina amanoo alyahoud wa alladhina ashrakou wa alatajidanna aqrabahoum mawaddatan lilladhina amanou alladhina qalou inna nasara thalika bi-anna minhoum qissisina wa rouhbanan wa annahoum la yastakbirouna

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Un peu d’histoire

Dans la «Constitution de Medina, دستور المدينة, Dustūr al-Madīnah» appelée également charte de Médine صحيفة المدينة‎, Ṣaḥīfat al-Madīnah Pacte de Médine ميثاق المدينة, Mīthāq al-Madīnah, est tiré du livre d'Ibn Ishaq, Medina (alors connue sous le nom de Yathrib يثرب) en l’an 1 de l’ immigration   هجرة hiǧraʰ, soit 622 de notre ère dans lequel il figure sous le titre : « Le pacte entre les Émigrés et les Ansars et la réconciliation avec les juifs ».

 Que Muhammad a négocié avec les Ansar الأنصار les partisans « auxiliairse », les Muhajjirun, مهاجرون les premiers convertis à l'islam et les juifs de Medina, les juifs ont été inclus dans le Umma, الأمة la communauté, ils avaient la liberté de se réunir en association et de pratiquer leur religion en échange du payement d’une taxe annuelle..

Le Qur’an القرآن  et la sunna سنة du Prophète  Muhammad que le salut et la paix soient sur lui sont des guides clés pour un musulman dans sa relation avec les juifs et les chrétiens, comme ils le sont dans tous ses domaines de conduite. Cette même conscience historique est présente aussi, parmi les juifs et les chrétiens, quand chaque groupe fait des réclamations pour des positions et un statut dans des sociétés Islamiques. Ce qui est important de se rappeler, c’est l'historique des interactions entre les musulmans, les juifs et les chrétiens. Chaque groupement a été formé, affecté et transformé par les autres, et il est tout aussi difficile d'imaginer ce que serait chaque religion, actuellement, sans la présence et l'influence des autres

des rabbins comme Rav Saadia ben Yosseph Gaon Soura רב סעדיה בן יוסף גאון סורא,  Sa`īd ibn Yūsuf alFayoumi  سعيد إبن يوسف الفيّومي  dit le Rassag רס״ג, vers 882-942 en Irak et en continuant notamment dans l'Espagne musulmane, des penseurs juifs suivirent les pas des musulmans et firent preuve d'un même amour de l'étude et de l'exploration de la langue hébraïque que celui des érudits musulmans pour l'arabe, langue du Coran. Ils développèrent l'étude approfondie de la grammaire hébraïque, ce qui était une nouveauté dans la pensée juive. Au fil du temps ils élaborèrent une compréhension de la grammaire qui est toujours utilisée de nos jours. C'est pendant cette période qu'ont été écrits certains des plus grands textes de la philosophie, de la grammaire, du droit, de la philologie et de la lexicographie juifs. Cela s'est fait parallèlement aux grandes avancées du monde islamique dans ces mêmes domaines. Pendant cette période également il y a eu une renaissance de la poésie juive en hébreu et ses vers, ses styles et contenus sont comparables à ceux de la poésie musulmane arabe. En Espagne les civilisations juive et islamique ont été florissantes, ainsi que les sciences profanes et la culture, dans une région connue en arabe comme al-Andalus الأندلس.

Malheureusement avec regret, je pense commun, au début du treizième siècle, les qualités d'ouverture et d'humanisme de la société islamique commencèrent à faire place à une mentalité plus féodale, à la fois rigide et autoritaire.

En règle générale, les communautés juives qui étaient restées dans le monde musulman étaient protégées selon les termes du Pacte d'Umar. Et, si elles acceptaient leur statut de citoyens de seconde classe, elles vivaient paisiblement et en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans. Ce fut le cas lorsqu'en 1492 le roi d'Espagne Ferdinand promulgua un édit pour expulser d'Espagne tous les juifs qui y étaient restés et ne s'étaient pas convertis au christianisme, le Sultan ottoman, Bayazid II « Bajazet II  بايزيد ثانى Bāyezīd-i s̱ānī »  1447 1512, leur offrit un refuge. Et pendant des siècles les juifs vécurent dans un calme relatif sous des dirigeants ottomans et un nombre croissant de juifs chercha refuge dans les territoires qu'ils administraient. Selon Bernard Lewis, « il n'était pas seulement permis aux juifs de s'installer sur des terres ottomanes, mais ils y étaient encouragés, ils y étaient aidés et parfois même contraints. »

un passage de محمد بن جریر طبری Muhammad ibn Jafar Tabari  224-310 Hégire soit 839-923  (X/110) veut que ce verset fut révélé lors de l'expédition dirigée par le Prophète, cette même année contre Tabûk غزوة تبوك, Ghazwat Tabūk octobre l'an 9 de l'Hégire soit 630 en territoire byzantin

Etait dans le monde musulman, un impôt annuel de capitation évoqué dans le Coran  (Sourate 9 Verset 29 voir ci-dessus) et collecté sur les hommes pubères non musulmans ذمّي  dhimmis   أهل الذمّة  ahl aḏ ḏimma les pactisants, terme  du droit musulman qui désigne les sujets non musulmans d'un État sous gouvernance musulmane, liés à celui-ci par un « pacte de protection »)  en âge d'effectuer le service militaire contre leur protection - en principe. Certains dhimmis ذمّي  en sont théoriquement exemptés : les femmes, les enfants, les personnes âgées, les infirmes, les esclaves, les moines, les anachorètes, et les déments. En sont également exemptés ceux des ذمّي dhimmis qui sont autorisés à porter les armes pour effectuer un service militaire, tout comme ceux qui n'ont pas les moyens de la payer.

Le montant de la djizîa جزية  etait habituellement fixe et annuel, dépendant de la capacité financière du redevable.

Cette taxe n'est plus imposée actuellement par les États-nations dans le monde musulman ? Elle n’a plus lieu d’exister avec notre mode sociale plus élaboré. Ceux qui prétendent vouloir l’instaurer se trompent et s’éloignent des principes de la foi musulmane qui ne veut que prêcher le bien pour tous avec respect.

les  Gens du Livre  اهل الكتاب, Ahl al Kitâb, juifs et chrétiens, dépositaires d'une partie de la Vérité révélée, avaient le droit de conserver et pratiquer leur foi à condition de respecter un certain nombre d'obligations et de se soumettre à d'autres.

Des juifs et des chrétiens furent ainsi nommés vizirs وزير‎ wazīr (premiers ministres), et gouvernèrent les musulmans, malgré leur statut de ذمّي  dhimmis.

Il est important de savoir que les pauvres les plus démunis non musulmans étaient non seulement dispensés de cette impôt, mais pouvaient recevoir de la part de musulmans dans plus de  confort l’Aumône légale obligatoire  زكاة الفطر Zakât al Fitr. Qui étaient prélevée a la fin du Mois Béni de Ramadan شهر رمضان المبارك  Shahr Ramadan alMubarak.

Les musulmans doivent s'acquitter de l’aumône légale, troisième des piliers de l'islam. زَكَاة zakāt et les mécréants de la jizya جزية.

۞sourate 9 التوبة at Tawba Le Repentir, verset 60

Période Médinoise, qui occupe la 113èplace dans l'ordre chronologique

إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاء وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللّهِ وَابْنِ السَّبِيلِ فَرِيضَةً مِّنَ اللّهِ وَاللّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ

Les aumônes (actes d’authenticités) sont destinées pour les pauvres, aux nécessiteux, ( et les sans logements (SDF) à ceux qui (travaillent) sont chargés de recueillir ces dons et de les répartir, à ceux dont les cœurs (esprit) sont à gagner, (à rallier) au rachat des captifs (les pris à la gorges), aux endettés insolvables, à ceux qui se consacrent à la cause de Dieu et aux voyageurs démunis (et ceux issus la rue). C'est là un arrêt (obligation) de Dieu, et Dieu est Omniscient  (Connaissant) et Sage (Législateur- Juge).

Înama alSadaqatou lilfouqara'i wâlmaçakiyni wâlƐamiliyna Ɛalayha wâlmou'alafati qouloubouhoum wafi alriqabi wâlğarimiyna wafi çabiyli Allahi wâbni alçabiyli fariyĎatan mina Allahi wâllahou Ɛaliymoun ĥakiymoun

 L’aumône obligatoire  زكاة الفطر zakât al-fitr, devoir qui incombe à tout musulman, homme ou femme, mineur ou adulte, pourvu qu'il en ait les moyens l’Imâm Abû Hanîfah أبو حنيفة  80-150 Hégire soit 699-767, dit qu’elle peut être versée aux non-musulmans, L’aumône volontaire quant à elle, c’est-à-dire celle qui n’est pas obligatoire, la majorité des imâms autorisent qu’elle soit versée, le cas échéant, aux nécessiteux non-musulmans.

Le montant de la jizya جزية était fixé par le gouverneur musulman.

(Voir  expliquer le but de l'objectif  شرح  بلوغ المرام Charh Boulough Al Maram  de Cheikh 'Otheimine vol 10 p 412)

De plus, il faut noter que les femmes et les enfants ne sont pas concernés par le fait de verser la jizya.

Seul les hommes mécréants sont concernés par cela.

(Voir Irwa Al Ghalil إرواء الغليل de Cheikh Albani  الشيخ الألباني n°1255, vol 5 p 95)

voir : Histoire des relations entre juifs et musulmans" de Mohammed Arkoun 

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